Église catholique en Brabant wallon

Archidiocèse de Malines-Bruxelles (Belgique)

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Regards croisés sur la désertification des assemblées chrétiennes

Grâce à Madame Huguette Dardenne, nous pouvons découvrir le contenu de la table ronde sur la désertification des assemblées chrétiennes organisées le 24 janvier dernier dans le cadre de la Semaine pour l’unité des chrétiens. Découvrez les regards croisés d’Isabelle de Tavernier, pasteure de l’Église de Bruxelles-Botanique, et de Didier Kabutuka, doyen de Chastre.

Une soirée revigorante dans le cadre de l’unité des chrétiens 

En ces temps de rétrécissement de nos communautés chrétiennes et de diminution du nombre des ministres ordonnés, comment, protestants et catholiques, faisons-nous vivre nos paroisses et nos assemblées ? Tel était le sujet, assurément d’actualité, du débat organisé par l’Unité pastorale de Louvain-la-Neuve le 24 janvier dernier dans l’église de Blocry.

C’est ainsi que la pasteure Isabelle Detavernier (Temple du Botanique, à Bruxelles) et le curé Didier Kabutuka, doyen de Chastre (Brabant wallon) ont partagé fraternellement leurs expériences dans le but d’aider, malgré leurs différences, nos communautés respectives à faire face aux défis d’aujourd’hui. Ajoutons qu’Arnaud Join-Lambert était le modérateur de cette fructueuse rencontre.

Avec réalisme et sans nier les échecs rencontrés, les deux intervenants ont proposé des éléments d’analyse de la situation et ont partagé de nombreuses idées avec enthousiasme et créativité. Nous voudrions en épingler quelques-unes ci-après.

Être une minorité pousse à l’action

Selon la pasteure Detavernier, la crise des vocations et la désertification des assemblées, qui touchent toutes les confessions, entraînent un resserrement des liens et un élan vers l’implication et l’action, particulièrement parmi les laïcs. Ainsi, dans les communautés protestantes, la prédication est régulièrement assurée par des laïcs, contrairement à ce qui se passe dans les communautés paroissiales catholiques où cela reste une exception jusqu’à présent.

Dans la paroisse du curé Kabutuka, les laïcs occupent une place particulièrement importante : accueil pour faire connaissance avec des nouveaux paroissiens ; introduction de la liturgie par des laïcs ; lors de la préface de la célébration eucharistique, « merci » exprimé par des laïcs, pour ce qui a été vécu.

Regardons vers l’extérieur et soyons une Église en sortie

Tant pour la pasteure Detavernier que pour le curé Kabutuka, il faut élargir et inciter les gens à sortir de leur cocon.  « Créons des lieux communs, arrêtons de partir de nous-mêmes, allons voir le point de vue de l’autre !  Laissons-nous inspirer par ce qui fonctionne bien dans d’autres communautés ! Créons des partenariats avec d’autres associations ! Soyons des communautés ouvertes et chaleureuses… », ont-ils insisté l’un et l’autre. Car l’ouverture est toujours source de croissance et on est Église non pour soi-même mais pour les autres.

Les rêves de la pasteure et du curé

La pasteure Detavernier rêve de pouvoir annoncer l’Évangile dans la réalité sociale d’aujourd’hui et qu’il soit reçu dans toute sa simplicité et dans son authenticité. Que le message de l’Évangile puisse être entendu sans être confondu avec l’institution, qui malheureusement, le dessert souvent. Je voudrais proclamer l’Évangile at qu’on n’entende pas « Église », a-t-elle exprimé.

Quant au curé Kabutuka, il rêve d’aller porter la vie et la lumière du Ressuscité, là où elles sont absentes. Viser à une grande intimité avec le Seigneur, mais en itinérance et en osant prendre des initiatives nouvelles.

Ce qui les inspire

« N’oublions pas que Jésus a vécu sa mission pendant une période de crise! » rappelle le curé Kabutuka. Pour lui, les Ecritures ainsi que les écrits du pape François sont très inspirants. De même, avoir le regard et le cœur orientés à la fois vers la prière et la communauté. Sans négliger les outils mis à la disposition par le vicariat du Brabant wallon, notamment les formations permanentes, etc.

Pour la pasteure Detavernier, porter le regard vers les expériences passées peut être inspirant. Qu’est-ce qui a réussi chez les anciens ? Comment se sont-ils relevés en cas d’échec ? Par ailleurs, elle ne craint pas de déposer ses difficultés devant la communauté, lieu où foisonnent des compétences et des charismes divers, de nature à apporter une solution aux problèmes rencontrés. Enfin, elle est également très attentive au curseur joie et que le poids des responsabilités acceptées ne devienne pas trop lourd.

La crise? Une opportunité!

En conclusion, la crise peut être vécue non pas comme une menace, mais comme une opportunité

Cela implique toutefois que nous osions nous réinventer, nous refonder. Que nous acceptions les déplacements tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos communautés de foi. Que nous développions la transparence et une culture démocratique. Vaste programme sur lequel les deux intervenants se sont rejoints à maintes reprises.

Les interventions et questions des personnes présentes témoignèrent d’une grande attente de la part du peuple de Dieu. En effet, les chrétiens désirent une unité et une synodalité de nos Églises qui, au-delà des mots, soient vécues concrètement. Puissent l’Église et ses ministres entendre et rencontrer ces attentes !

Vous l’aurez compris, cette soirée-débat fut un moment riche d’enseignements, d’écoute, de partage et d’unité, un moment véritablement vivifiant. Elle se termina par un instant de fervente intériorité, suivi d’une bénédiction de l’assemblée par la pasteure Detavernier et le curé Kabutuka.

Huguette Dardenne, paroissienne de Blocry

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