Église catholique en Brabant wallon

Archidiocèse de Malines-Bruxelles (Belgique)

Église catholique en Brabant wallon

 

Adorer pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde

Adorer pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde

 

Voilà un titre pour le moins audacieux si pas présomptueux ! Toute adoration – personnelle ou communautaire – pourrait-elle ajouter un seul iota à la Gloire de Dieu et au Salut offert au monde en Jésus-Christ ?

Il faut bien sûr commencer par préciser le sens que l’on donne à ‘la Gloire de Dieu’. Nous ne nous situons pas dans la catégorie des glorioles ou d’une ‘starisation’ mais plutôt dans l’ordre du débordement d’un amour infini.

Alors, à bien y réfléchir…

Que se passe-t-il vraiment pendant un temps d’adoration ? Ou, que nous est-il donné de vivre en adorant ?

Cela commence avec une décision : celle de consacrer du temps au Seigneur, de mettre à part un moment – plus ou moins long – bien placé au milieu des activités de notre journée. Sa durée sera sans doute fonction de notre disponibilité mais aussi du fait qu’il est bon de donner du temps au temps, qu’une vraie rencontre ne se vit pas à la sauvette entre deux portes.

Alors, peu à peu, c’est Dieu lui-même qui va nous faire entrer dans son ‘temps’, son ‘aujourd’hui’ qui est toujours le temps favorable où il vient nous visiter. À nous, comme à Zachée, Jésus dit : « Aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison » (Lc 19,5).

Mais le temps de Dieu est aussi un temps ‘en marche’ ; il nous propulse vers un avenir qui sera plénitude en Lui et dans la communion de tous les saints. Telle est d’ailleurs notre Espérance.

Face à l’hostie offerte à l’adoration, presque spontanément, nous nous agenouillons. C’est là un signe de révérence, de vénération devant un Mystère qui nous touche profondément et, à la fois, nous dépasse tellement. C’est dans ce même respect que Moïse, approchant du Buisson ardent, ôte ses sandales (Ex 3,5).

Être à genou c’est aussi signifier la pauvreté de cœur de celui qui veut se recevoir de Dieu. C’est l’attitude de l’homme qui attend tout de Lui.

C’est encore l’expression de notre reconnaissance et de notre louange. Un lépreux, « voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce » (Lc 17,15 et 16).

À moins que, avec Pierre tombant à genou devant l’inouï de la pêche miraculeuse, nous reconnaissions : « Seigneur, je suis un homme pécheur » (Lc 5, 8) ?

Agenouillés ou maintenant assis, nous sommes là en présence de Celui qui nous offre sa Présence. Nos yeux sont fermés pour favoriser la descente dans le cœur, lieu de la rencontre.

Ou ils sont fixés sur l’hostie parce qu’elle nous révèle combien Dieu se fait petit, discret devant nous. Elle peut aussi nous évoquer la souffrance. Pour le peuple juif, les pains azymes rappelaient ses épreuves en Égypte lorsque les Hébreux étaient opprimés, comme ‘broyés’. Et pour nous chrétiens, l’hostie exposée nous renvoie au ‘pain rompu’ au cours de la célébration eucharistique, signe par excellence du don total de Jésus, ‘serviteur souffrant’, qui : « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13,1).

Alors, tout naturellement, nos yeux peuvent aller de l’hostie à la croix et de la croix à l’hostie. Le pape Benoit XVI disait : « L’hostie sainte exposée à nos yeux dit cette puissance infinie de l’amour manifesté sur la croix glorieuse. L’hostie sainte nous dit l’incroyable abaissement de celui qui se fait pauvre pour nous faire riches de Lui, celui qui a accepté de tout perdre pour nous gagner à son Père » (Lourdes 2008).

Presque toujours, l’ostensoir est déposé, avec raison, sur l’autel. Celui-ci aussi peut nous aider à entrer dans l’adoration. Il faut avoir assisté à la consécration d’un autel pour comprendre qu’il est bien plus qu’une simple pièce de mobilier ; il symbolise véritablement le corps du Christ mort et ressuscité. C’est aussi à l’autel, au cours de chaque célébration eucharistique, que le pain et le vin deviennent pour nous le Corps et le Sang du Christ et que nous y « faisons mémoire » de la Passion et de la Résurrection de Jésus-Christ, du « sacrifice qui est digne de toi (le Père) et qui sauve le monde entier » (Prière eucharistique IV). Oui, « il est grand le Mystère de notre foi »…

Et nous l’accueillons dans le silence.

L’adorateur est silencieux. Il l’est d’abord par respect du silence de Dieu lui-même dans l’hostie.

En se taisant, il se met aussi en attitude d’écoute intérieure car Dieu se révèle dans « le murmure d’une brise légère » (1 R 19,12). Faire silence c’est choisir un certain dépouillement, c’est entrer dans la gratuité de la démarche. Être là, ne rien en attendre… tout en étant sûrs d’en recevoir bien plus que nos désirs… Être là et, comme Marie qui « retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur » (Lc 2, 19), laisser remonter tout ce qui fait notre vie et le confier à l’amour et la miséricorde du Seigneur, simplement, dans un cœur à cœur.

Enfin, se tenir là, silencieusement, c’est se mettre dans une attitude d’offrande : « Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait », écrit saint Paul (Rm 12,1 et 2).

Oui, adorer et se taire, c’est se préparer à se ‘lever’ pour aller ‘annoncer’ une Bonne Nouvelle comme les bergers s’en revenant de la crèche ; ou accepter de s’en retourner par un autre chemin comme les mages venus – « réjouis d’une très grande joie » (Mt 2,10) – se prosterner et adorer Jésus enfant.

L’adoration est vécue dans un climat de prière, mais elle est plus qu’une prière. Elle est un pas dans notre marche à la suite de Jésus. Elle nous met en chemin avec une foi toujours plus joyeuse, une charité plus ardente et une espérance toujours plus ancrée dans l’amour infini de Dieu pour toute sa création. Faisant de nous une « éternelle offrande à la gloire de Dieu » (Prière eucharistique III). Elle nous envoie vers les autres, humblement bons et rayonnants, éduqués à une véritable écoute et confortés dans la foi que le Seigneur est là, au cœur de notre vie.

« Il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).

Service de la Vie spirituelle,
Vicariat du Brabant wallon


Illustrations : © M.-Th. B – © AEN

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