Dix ans après la publication d’Amoris Laetitia, l’exhortation post synodale sur l’amour dans la famille publiée en 2016, le service couple et famille du Brabant wallon a particulièrement repensé les préparations au mariage, et pas seulement…
Le choix de la robe de marié, de la salle, des invités, du traiteur, … : préparer un mariage est très prenant. Pourtant, l’essentiel n’est pas là. Il est dans le libre consentement des époux à se donner l’un à l’autre, à s’aimer fidèlement toute la vie et être ouvert à la vie, selon les fondements du mariage catholique.
Un trio pour préparer au mariage
Cette exigence demande une préparation complète. Suite à Amoris Laetitia et à la lettre pastorale des évêques de 2017, le service vicarial a élaboré avec Mgr Hudsyn un nouveau parcours de préparation au mariage composé d’un week-end – ce week-end est celui animé par le vicariat ou un autre, de 3 à 5 rencontres avec le prêtre d’une part et avec un couple accompagnateur d’autre part. Myriam Denis, responsable du service couple et famille, et son collègue Louis de Brouwer, insistent tant sur la formation des couples accompagnateurs que sur l’accueil des couples tels qu’ils sont, en développant « une pastorale du lien cher au pape François ».
Des couples accompagnateurs formés

Les couples accompagnateurs sont souvent appelés par le prêtre de leur paroisse. Ils se forment en participant à des soirées et un week-end. Ces rencontres leur permettent de mieux appréhender leur mission, d’approfondir le sens du sacrement de mariage et d’être outillé pour accompagner les couples dans leur singularité. Ces soirées donnent lieu aussi à des partages d’ expériences, et illustrent combien la préparation au mariage est une mission en Eglise.
Sabine et Jean-Luc accompagnent des couples depuis 2021. La qualité professionnelle et spirituelle de la formation les enthousiasme et les aide à s’adapter aux besoins des fiancés : « A chaque rencontre, nous leur envoyons un quizz et un texte profane sur un thème. Ils se préparent chez eux et ensuite nous en discutons. Ils partagent leur réflexion et des questionnements pour leur couple. Le texte biblique, nous le voyons ensemble, et est une belle occasion de (re)découvrir la foi. Nous sommes là pour écouter, partager, guider, les aider à grandir dans leur amour, aujourd’hui et demain. » Le trio ‘prêtre et couples accompagnateurs’ réjouit de nombreux prêtres qui comptent sur l’expérience quotidienne des couples pour une préparation au mariage ancrée dans la réalité.
Après le jour du mariage

« Je conseille cette préparation au mariage à tous les couples ! Elle apporte des clefs pour l’avenir et invite à s’arrêter pour prendre soin de son couple »
témoigne Marie, qui a participé à des soirées saint Valentin après son mariage. Le portail interdiocésain « Grandir dans l’amour » recense des événements et mouvements qui ressourcent les couples. Depuis 2018, le « Chêne de Mambré » s’est ouvert pour accompagner des couples en difficulté. « Ce lieu, où travaillent des psychothérapeutes conjugaux, gagnerait à être connu ! », souligne Myram Denis. Le pape François invite à l’amour et à la miséricorde et c’est dans cet esprit que ce lieu s’est créé.
Une ouverture pour les divorcés-remariés
L’abbé Nicolas Favart témoigne également de l’ouverture d’Amoris laetitia pour l’accueil de tous les couples : « Ce qui m’a touché dans l’exhortation c’est l’accueil des couples même s’ils sont dans des situations dites irrégulières, comme les divorcés remariés. Je les écoute et leur propose alors des clefs de discernement, j’éclaire la position de l’Eglise, qui fait appel à leur conscience. C’est un chemin entre relativiser toute situation et être ‘dogmatique’ ».
Myriam Denis relève que la réflexion se poursuit au niveau interdiocésain sur l’accueil des personnes divorcées remariées. Le service se penche aussi sur la préparation au baptême des petits enfants, car il n’est pas rare qu’un couple qui se soit préparé au mariage frappe à nouveau à la porte de l’Eglise pour baptiser son enfant. La préparation au mariage est en fait un chemin catéchuménal, au sens où étape par étape les personnes redécouvrent progressivement la foi, ou parfois la découvre avec des yeux neufs et ont le désir de l’approfondir et de la partager.
Elisabeth Dehorter
Cet article a été publié dans le journal Dimanche du 12/04/2026.






