Vous avez déjà probablement entendu parler des Journées Églises Ouvertes le premier weekend de juin. Grâce à Catherine Keustermans, découvrez l’asbl qui porte ce projet.
Interview de Catherine Keustermans
Catherine Keustermans est coordinatrice du réseau Églises Ouvertes. Elle en assure le secrétariat et le contact avec les membres. Elle est en outre la cheville ouvrière de l’événement Églises Ouvertes chaque premier weekend de juin.
Au total, l’équipe compte quatre personnes et c’est Marc Huynen qui est le président de l’asbl.
Qu’est-ce que le réseau Églises Ouvertes ?
C’est à la suite d’un voyage en Finlande que Marc Huynen a décidé de créer le réseau Églises Ouvertes en Belgique. En effet, lors de son arrivée en Finlande, il a reçu un petit dépliant reprenant toutes les églises qui étaient ouvertes à la visite en Finlande.
Fondée en 2007, l’asbl comptait dès la première année une centaine d’édifices membres de son réseau. À ce jour, ce sont plus de 500 édifices religieux – catholiques ou non – qui sont membres. Depuis 2015, le réseau s’est étendu en France et au Luxembourg. Depuis peu, ce sont des édifices en Suède et aux Pays Bas qui l’ont rejoint.
Pourquoi ouvrir les églises ?
De nombreux lieux de cultes sont fermés la majeure partie du temps. Hors ce sont des édifices publics qui sont entretenus à grands frais. Les ouvrir permet aux personnes, croyantes ou non, de passage ou non, de découvrir et de s’approprier ce patrimoine.
Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles les gens peuvent entrer dans un édifice religieux : tourisme, besoin de silence et de recueillement, intérêt pour le patrimoine, ou simplement curiosité.
Ouvrir les églises, c’est en quelque sorte faire en sorte qu’elles restent le point de ralliement du village. C’est aussi leur assurer un avenir car une église fermée est destinée à disparaître.
D’autre part, une église ouverte, c’est une église qui vit et donc qui décourage les potentiels voleurs. Ce qui n’empêche pas de prendre les moyens pour protéger le patrimoine de valeur que l’église peut contenir.
Cela [garder une église fermée] signifie qu’on réduit sa signification à celle d’un local qui contient un patrimoine. Fermer une église, c’est privilégier l’accessoire, au détriment de l’essentiel. C’est faire de l’église un musée, un lieu mort.
Au nom de la protection d’un patrimoine mobilier, on laisse mourir tout un patrimoine spirituel, à mes yeux plus important, puisque l’autre n’avait été réalisé que pour lui. Ce patrimoine spirituel, immatériel vaut certainement la peine que l’on s’y attarde et qu’on le laisse parler à tous.
Raphaël Collinet, prêtre du diocèse de Liège
Quels sont les avantages du réseau Églises Ouvertes ?
Faire partie d’un réseau, d’une communauté, c’est bénéfique. Cela permet aux membres de se soutenir, de s’encourager et d’échanger des bonnes pratiques.
Par exemple, en termes de soutien, l’asbl Églises Ouvertes permet à ses membres d’être plus visibles. Ainsi, chaque édifice reçoit du matériel d’accueil et dispose d’une page sur le site Églises Ouvertes. Ce site internet est en quatre langues et reçoit plus de 500 visites par jour. De plus, les événements et édifices sont régulièrement promus sur leurs réseaux sociaux.
En outre, l’asbl organise des formations régulières et aide les églises à communiquer de manière professionnelle et attirante pour le public.
Enfin, l’asbl est en contact avec les offices de tourisme, les communes. Elle crée des circuits touristiques et édite des dépliants promouvant ses membres en plus de 200 000 exemplaires.
Ce qu’en pense le président de la Fabrique d’église d’Incourt
A Incourt, c’est le président de la Fabrique d’église, Fernand Declou, qui a initié l’adhésion au réseau Eglises Ouvertes il y a près de quatre ans. Il en avait entendu parler dans une réunion de Fabriciens. Depuis une petite équipe de bénévoles se relaient tous les trois mois pour ouvrir et fermer l’église. De petites bougies, de plus en plus nombreuses témoignent de la visite de passants.
Et alors, les Journées Églises Ouvertes ?
Le weekend Églises Ouvertes a lieu chaque année le premier weekend de juin. Cette année, il aura lieu les 1er et 2 juin. Le thème est : « Clin d’œil à l’impossible. »
Lors du weekend, les édifices religieux – toutes obédiences confondues – décident d’ouvrir leurs portes au public le temps d’un week-end festif. Des centaines d’églises y participent au fil des ans, qu’elles soient adhérentes ou non au réseau Églises Ouvertes.
Pour les visiteurs, c’est l’occasion de découvrir à deux pas de chez vous un patrimoine riche et varié, parfois insoupçonné ! Ainsi, ils pourront prendre part à des visites guidées, des concerts, des expositions, des tables rondes…
Pour participer aux Journées Églises Ouvertes, nul besoin d’être membre du réseau. Il suffit de s’inscrire avant le 29 février. Toutes les informations sont reprises ici.
Comment devenir membre du réseau Églises Ouvertes ?
Pour bénéficier du soutien et de la visibilité du réseau Églises Ouvertes pendant toute l’année, il est nécessaire de devenir membre. Par contre, il n’est pas nécessaire d’avoir un grand lieu de culte ! Même les petites chapelles peuvent en faire partie ! Les membres sont des édifices religieux, représentés par l’organisme qui en a la gestion.
Comme évoqué plus haut, cela donne accès à de nombreuses opportunités de communication et de formation pour que les édifices religieux deviennent toujours plus accueillants.
Pour être membre, en plus de payer une cotisation annuelle, il faut respecter un certain nombres de critères qui sont repris dans la charte de l’asbl.
Mais, le CIPAR dans tout ça ?
Et si vous vous demandez la différence entre le réseau Églises Ouvertes et le CIPAR, la voici. Le Centre Interdiocésain du Patrimoine et de l’Art Religieux est un organisme qui promeut l’inventorisation et la valorisation du patrimoine religieux catholique et en Wallonie.
De son côté, Églises Ouvertes est un réseau européen dont la mission se concentre sur l’ouverture et l’accueil des publics au sein des édifices religieux, quelle qu’en soit la confession.
Pour aller plus loin
Il est aussi tout à fait possible d’ouvrir les églises sur le parcours des marches ADEPS ! Découvrez le témoignage de l’unité pastorale de Jodoigne.







