Ce 30 septembre, le Centre pastoral de Wavre ouvre ses portes à un nouvel atelier consacré à l’art de l’icône. Un art qui unit prière, beauté et création. Les cours seront animés par Jacques Bihin, professeur d’iconographie depuis plus de trente ans et responsable du Service de la Liturgie pour le Vicariat du Brabant wallon.
« Beaucoup de personnes ignorent qu’elles sont capables de dessiner ou de peindre », constate Jacques Bihin, qui anime des stages en Belgique, en France et en Suisse depuis trois décennies.
Peindre comme un chemin de prière
C’est ainsi que pour rejoindre l’atelier, aucun talent artistique préalable n’est requis.
En effet, deux dispositions suffisent, selon l’enseignant : « Le désir de faire le lien avec sa foi et la volonté d’emprunter un chemin d’humilité. »
Premier et second semestre
D’une part, le premier semestre comprend dix séances de trois heures, organisées chaque mercredi. Il permettra d’acquérir les bases du dessin et de la peinture.
D’autre part, le second semestre sera consacré à la réalisation d’une première icône : le visage du Christ. L’art de l’icône obéit à des règles précises, héritées de la tradition chrétienne. « Intimement lié à la liturgie, il demeure vivant grâce au don des artistes qui le mettent aujourd’hui en œuvre », explique Jacques Bihin.
Itinéraire d'un iconographe
Rien ne destinait pourtant Jacques Bihin à devenir iconographe. Diplômé en publicité, il se décrit volontiers comme ayant été « au service de la société de consommation ». Sa rencontre avec le monastère de Chevetogne et la découverte de ses icônes bouleversent profondément son existence. Il décide alors de se consacrer entièrement à l’étude et à la pratique de cet art.
« Venez vite, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle... »
Son parcours connaît aussi des épisodes inattendus. La veille de l’inauguration d’une grande icône du Rosaire destinée au sanctuaire de Banneux, il reçoit un appel du recteur : « Venez immédiatement, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. »
La mauvaise ? Un homme venait de lacérer l’icône d’une soixantaine de rayures avec un clou.
La bonne ? Le recteur lui confia cette réflexion inattendue : « Finalement, cet homme a vandalisé votre icône plutôt que ma statue. C’est peut-être parce qu’il y reconnaissait réellement la présence de la Vierge Marie. »
Une anecdote qui illustre, selon Jacques Bihin, la force spirituelle de cet art : « Pour moi, une icône est une belle manière de rendre visible l’invisible. »
Isabelle Dumont, pour le journal Dimanche
En pratique : Les ateliers débuteront le 30 septembre au Centre pastoral du Brabant wallon (67, chaussée de Bruxelles à Wavre). Deux horaires sont proposés chaque mercredi :de 9 h à 12 h ; ou de 14 h à 17 h. La participation est fixée à 100 € par semestre (10 séances), ou 50 € pour les étudiants. Les inscriptions se font en ligne sur le site iconecontemporaine.catho.be






