Église catholique en Brabant wallon

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Sainte Ermelinde et son bâton d’aubépine

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir Sainte Ermelinde. Elle a vécu entre Beauvechain et Meldert. Vous trouverez ici une notice biographique ainsi qu’un itinéraire de balade familiale.

Sainte Ermelinde en bref

Si l’on devait résumer Sainte Ermelinde en trois mots, on pourrait dire jeune, décidée et éprise de Dieu. En effet, à 12 ans, Ermelinde savait déjà qu’elle ne voulait pas se marier, ce qui, au 6ème siècle, était le sort de toutes les femmes, à de très rares exceptions.

Elle coupe donc ses cheveux, signe de noblesse, pour couper court aux projets de ses parents de la marier. Son plus grand désir ? Être en relation constante avec Dieu.

portrait de Sainte Ermelinde par ChatGPT

Ce que nous en retenons

Ermelinde, une des premières chrétiennes dans le Nord de la Gaule

L’histoire de sainte Ermelinde s’inscrit dans le siècle des Saints, à l’aube de la christianisation de la Belgique. On considère Saint Amand, comme le grand missionnaire de la nouvelle foi dans le Nord de la Gaule.

Né dans le Bas-Poitou vers 584, il se rend à Tours. Il prend la tonsure, devient clerc et demande l’autorisation pour vivre en reclus, à côté de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges. Il part ensuite à Rome en pèlerinage. C’est sur le tombeau de Pierre que naquit sa vocation de missionnaire. Il arrive en Gaule en 625, il a 35-50 ans et devient le grand apôtre de la Belgique.

Le culte des saints, une aide à la christianisation

Le culte des saints fut essentiel pour la christianisation des foules. Là où reposaient les reliques d’un saint, les fidèles de l’époque mérovingienne croyaient que le saint lui-même était présent et, à cet endroit, on élevait une église ou une chapelle pour donner la possibilité au peuple de le vénérer.  Sainte Ermelinde joue ce rôle crucial de rayonnement d’une foi qui est à ses balbutiements.

Seule avec Dieu, dans la simplicité du quotidien

L’histoire de la sainte est celle d’une jeune fille qui, au départ, n’a rien de singulier. Ses vertus semblent naturelles ; elle est mue d’une grande piété et désire vivre de prière, dans la solitude. Tout un chacun peut se retrouver dans le témoignage de sa vie qui sert de modèle de vertus ordinaires. C’est aussi pour ça que l’on retrouve tant de traits en commun entre son histoire et celle d’autres saintes locales de son époque (sainte Ragenufle).

Ce qu’en dit la légende

Au tout début du christianisme en Belgique

Les plus anciens récits sur la vie de la sainte remontent au XIVe siècle.

Sainte Ermelinde (sainte Ermèlene) nait en 510, à Lovenjoel, au sein d’une famille de riches chatelains, de la même lignée que celle de Pepin de Landen, duc de Brabant. Dès sa plus tendre enfance, elle se distingue par une ferveur des vertus extraordinaires. Elle ne trouve de plaisir que dans les exercices de piété. C’est-à-dire qu’elle aime prier de différente manière. Être en relation avec Dieu.

Elle meurt en l’an 600 après une vie de solitude habitée par la prière.

Une volonté claire et affirmée

Dès ses 12 ans, elle fait vœu de chasteté perpétuelle. Ses parents rêvaient pour elle d’un riche mariage, mais les insistances furent vaines. Elle se résout à employer un moyen décisif : elle se coupe elle-même les cheveux (les cheveux longs étaient un signe de noblesse) et se présente ainsi devant eux.

Ceux-ci renoncent à contrarier ses inclinations et lui permettent de vivre dans la retraite. La petite ferme de Ter Donck sous Lovenjoel lui est abandonnée pour sa subsistance et celle des serviteurs qui l’entourent.

Elle va ensuite habiter une localité que la tradition dit être Beauvechain, elle y passe la plus grande partie de la journée dans un oratoire, elle y va aussi la nuit et s’y tient à genoux, pieds nus.

Au fait, c’est quoi la chasteté ?

La chasteté ne se réduit pas, comme on le pense parfois, à l’abstinence sexuelle. C’est beaucoup plus large. Il s’agit d’une attitude qui consiste à considérer les personnes autour de nous, mais aussi tout ce qui nous entoure, non comme des objets à utiliser pour ma satisfaction personnelle, mais comme des êtres vivants reliés à moi. Ainsi, je ne suis plus dans un regard de prédation, de possession, mais dans un regard d’émerveillement pour ce qui n’est pas moi.

Dans notre société contemporaine, cette vertu de la chasteté peut nous permettre de grandir dans l’amour de notre prochain, mais aussi de la nature, de notre maison commune. Ainsi, nous contribuons à créer une société plus respectueuse du Vivant.

Aux prises avec deux jeunes hommes qui veulent abuser d’elle

Ce village appartient à deux frère très jeunes adonnés au libertinage. Ils convoitent Ermelinde. L’un d’eux demande même au gardien de l’aider à atteindre son but, moyennant de riches cadeaux.

Celui-ci lui alors conseille d’enlever Ermelinde lorsqu’elle viendrait à l’église de grand matin. Mais un ange avertit la solitaire et lui ordonne de se réfugier à Meldert.

Une tradition locale ajoute que le sanctuaire qu’elle fréquenta à Beauvechain était situé au lieu-dit « Vavelaire » et que la route qu’elle suivit vers Meldert porte depuis lors et encore de nos jours le nom de « Rue des Anges ».

L'épine sainte Ermelinde entre Beauvechain et Meldert
L'épine Sainte Ermelinde

Des moutons, des fleurs, une cache parfaite

Entre Beauvechain et Meldert, craignant d’être rejointe par ses poursuivants, elle se cache au milieu d’un troupeau de moutons. Avant de s’aplatir au sol, elle plate en terre son bâton d’aubépine. Il fleurit aussitôt.

Lorsque les poursuivants arrivent, ils interrogent le berger qui leur répond évasivement qu’une jeune fille était bien passée par là quelques temps auparavant. Il leur raconte aussi qu’il a vu son bâton d’aubépine se couvrir de fleurs. Devant ce fait surprenant, les poursuivants auraient fait demi-tour.

L’épine Sainte Ermelinde marque cet emplacement. Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, ce lieu s’appelait « La Campagne de la Haute Sainte Ermelinde » comme l’indique le cadastre.

Enfin seule avec Dieu

Ermelinde finit sa vie dans la solitude, la prière et les mortifications à Meldert. Elle meurt le 29 octobre de l’an 600. La légende rapporte aussi que les anges qui président à ses funérailles l’ensevelissent dans l’île formée par les deux bras de la Mène et que son âme a été couronnée au ciel.

Postérité

Un homme reconnut pour sa probité, Hugues de Warelos, économe de Pépin de Landen selon certains, apprit que cet endroit resplendissait la nuit d’une lueur miraculeuse. Il fit ériger un oratoire en ces lieux retirés où le corps d’Ermelinde reposait depuis 48 ans.

Dès que ce bruit fut répandu, beaucoup de monde accourut et les miracles s’y multiplièrent. Pépin de Landen ayant appris ces événements voulu honorer les restes de sa parente et y fit bâtir un monastère de religieuses qu’il dota de grands biens et de serfs. Il était situé, dit la chronique, au « Mons Vituli » (Mont du Veau) ou « Calfsberg ». Ce monastère a disparu mais la vénération pour sainte Ermelinde se perpétue.

Elle est fêtée le 29 octobre.

Marcher dans les pas de Sainte Ermelinde

Comme promis, nous vous avons concocté un petit itinéraire de cinq kilomètres pour marcher dans les pas de Sainte Ermelinde. Vous découvrirez l’héritage territorial et spirituel que nous laisse cette figure attachante.

A ne pas manquer sur le trajet

  • Plaque commémorative et aubépine plantée dans les champs entre Beauvechain et Meldert, datant de 2000.
  • Église Sainte-Ermelinde de Meldert. La tour de l’église et certaines parties de l’édifice sont du XIe siècle. Au XIIe siècle, la chasse dans laquelle les restes de la sainte étaient déposés depuis le duc Pépin ayant été volée, on en fit faire une nouvelle dans laquelle les reliques furent replacées au mois d’avril 1236. La chasse actuelle qui n’est ouverte que tous les 50 ans date de juillet 1849.
  • Chapelle sainte Ermelinde à Meldert datant du XVIIe siècle, située derrière l’église. Elle fut construire par les Oyenbrugge de Duras, chatelains de Meldert en ce temps-là.
  • Le pèlerinage à Sainte Ermelinde se fait le lundi de Pentecôte.

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Bibliographie

  • Guérin P. Mgr, Les Petits Bollandistes, Vie des Saints, Tome treizième, Bloud et Barral, Libraires, Paris, 1876.
  • Schayer J., Les sentiers de l’histoire à Beauvechain et environs, « Sainte Ermelinde de Maillard (Meldert) », Vander, Bruxelles, 1975, p. 7-9.
  • Van der Essen L. J., Le siècle des saints (625-739) : étude sur les origines de la Belgique chrétienne, La renaissance du livre, Bruxelles, 1942.