Le Vicariat du Brabant wallon s’est mis à l’école de la synodalité! Retour sur la formation des responsables d’unité pastorale et des animatrices pastorales. Une journée passionnante qui montre clairement comment mettre en place le processus synodal dans nos communautés. Merci à l’abbé Wellars pour cet article.
Comment vivre et pratiquer concrètement la synodalité dans mon Unité Pastorale, dans ma paroisse ?
C’était le 25 mars 2025 en la fête de l’Annonciation. Les animatrices et animateur pastoraux, les responsables d’Unités pastorales et les doyens du Brabant Wallon étaient heureux de se retrouver pour leur journée annuelle de formation. La journée avait pour thème « Comment vivre et pratiquer concrètement la synodalité dans mon Unité Pastorale, dans ma paroisse ? ».
Á la demande du service d’accompagnement des unités pastorale, Cécile Gillet -accompagnatrice à la Pairelle depuis plus de 20 ans – et Sœur Marie-Pascale Promme -missionnaire dominicaine-,en mission pour ESDAC (Exercices Spirituels pour un Discernement Apostolique en Commun) ont animé la journée. Elles se sont inspiré du document final du synode sur la synodalité : Pour une Église synodale : communion, participation, mission.
Expérience de la conversation dans l’Esprit et de discernement en équipe
Après l’écoute de la parole de Dieu et une prière personnelle, les participants partagent le fruit de prière en petits groupes. Ils sont « convaincus de la présence de l’Esprit-Saint en tous, cherchant à s’ouvrir davantage à l’action de l’Esprit, et luttant contre les forces qui s’y opposent. »
Le partage se fait à la première personne, de façon brève et claire, sur un pied d’égalité. Dans une écoute attentive, chacun retient ce qui le touche, ce qui s’éclaire pour soi et pour le groupe. Le discernement en équipe prend d’abord conscience de ce qui se passe en moi (mes sentiments, discerner les esprits…). Ensuite, il prend conscience et de ce qui se passe dans le groupe. Par exemple, le besoin de préciser la question. Ou encore noter ensemble les arguments contre, les arguments pour. Souligner l’argument le plus déterminant, voir ce qui nous donne la joie durable et la paix. Des tentations à surmonter … Pas toujours facile.
La synodalité implique la conversion des relations, des processus et des liens. Tout cela en déclinant la pluralité de contextes, de charismes, de vocations et de ministères… pour la mission.
La soumission, la prise de pouvoir, les non-dits, les pouvoirs informels. Ou encore la focalisation sur une décision, la résistance active, le simple partage d’opinions sans élever le débat en Christ. Voire le défaitisme, le scepticisme, la tendance à n’écouter que des voix ‘familières’, le non-accueil de l’expression d’émotions fortes, l’impatience… sont entre autres des obstacles au discernement en équipe.
Ainsi, lorsqu’un argument divise, il faut se donner le temps. Recommencer le processus avec des alternatives…. La décision est prise s’il n’y a plus d’argument valable contre la solution proposée. Même si je ne suis pas d’accord à 100%, je m’y engage et m’y investis.
La culture de l’évaluation
Il ne suffit pas de décider et d’exécuter. Il faut aussi évaluer, faire une relecture de ce qui a été fait et la façon dont l’Esprit était à l’œuvre et faire des recommandations pour l’avenir.
A l’exemple des moines de Tibhirine dans « Des hommes et des dieux ». Partir ou rester en Algérie ? C’est une illustration de prière, d’écoute, du temps donné pour le discernement personnel et communautaire, passant de la désolation à la consolation en termes de Saint Ignace de Loyola. A la fin, les moines décident unanimement de rester, au péril de leur vie, mais avec une liberté intérieure et une grande paix du cœur.
A suivre dans nos paroisses et UP
Rebecca, la déléguée épiscopale, heureuse du déroulement de la journée, invite à poursuivre le travail sur le terrain. Elle souligne la patience, la réflexion, le décentrement pour le bien du groupe, la considération des tentations et l’apprivoisement des émotions.
Plus que des décisions à prendre, la synodalité s’avère l’expression du mode de vie et d’être Eglise dans toutes ses couches.
« La synodalité, que c’est difficile… mais que c’est beau ! » pour paraphraser les mots de Père Salvator, co-responsable du Service d’accompagnement des UP (avec Sandra, Corinne et Père André) organisateurs de la journée.
Quelques retours d’animatrices pastorales.
Merci à Caroline F, Gabrielle, Marie, Myriam, Maïté, Raphaëlle pour leurs échos.
« Quelle richesse de pouvoir commencer une journée sur la synodalité par l’expérience de cette synodalité entre nous pour être à notre tour envoyés, remplis d’espérance, afin de vivre cette synodalité dans nos communautés !.»
« Prendre un temps de prière pour ensemble se mettre sous l’action de l’Esprit Saint.»
« Notre aspiration la plus profonde va vers Dieu. »
« Être habité permet aussi d’habiter le cœur des autres. »
« Quand on discerne en équipe, on peut arriver à ce que chacun puisse dire « ce n’est pas ce que j’aurais choisi mais je peux vivre avec cela. Je m’y engage et je m’y investis ». Chacun a été écouté, personne ne cherche à convaincre l’autre mais l’équipe cherche une solution ensemble. »
« Discerner ensemble permet l’empathie de tous dans la décision. »
« Pour une pleine écoute et une vraie synodalité : analyser ce qui se vit en nous, identifier ce qui fait obstacle, le déposer en Dieu, le nommer, nous désencombrer, puis choisir d’aller – le cœur apaisé – vers la vie et la relation. ».
« Ensemble et surtout, avec l’Esprit, relire comment l’Esprit a travaillé. »





