Aujourd’hui, nous vous proposons de rencontrer Ute Costermans. Pourquoi ? Parce qu’elle est une abonnée très active de notre page Facebook. Nous avons eu envie de la rencontrer. Et quel témoignage ! Nous ne résistons pas à vous le partager, pour son plus grand plaisir.
Quand je rencontre Ute, elle est profondément joyeuse de l’opportunité de témoigner des bienfaits immenses de Dieu au quotidien. Pourtant, la foi n’était pas une évidence pour elle.
L’amour, à l’origine de tout
Ute Costermans est née en Allemagne, près de Karlsruhe au début des années 40. Depuis toujours, elle souffre d’une maladie génétique. Ce qui ne l’a jamais empêché de vivre une vie palpitante.
Sa famille d’origine était athée, de tradition protestante. Arrivant en Belgique en tant que jeune fille au pair à 18 ans, Ute fait la connaissance d’une famille catholique. Elle est touchée par l’accueil qu’elle y reçoit. Petit à petit, elle tombe amoureuse d’un des fils de la famille.
En tant que jeune fille au pair, son seul jour de congé est le dimanche. C’est le seul jour qu’elle peut donc passer avec son amoureux. Mais lui va à la messe. « Quelle idée ! Nous n’avons qu’une journée à passer ensemble, pourquoi donc en gaspiller une heure en allant à la messe ? » s’indigne-t-elle.
Mais Jacques ne renonce pas. Pour passer plus de temps avec lui, Ute l’accompagne donc. Voyant l’importance de l’Eglise pour son fiancé, Ute demande le baptême. Elle n’a aucune instruction religieuse. Le curé, pensant que sa future belle-famille s’en occupera, ne prend pas le temps de lui expliquer le cœur de la foi catholique.
L’instruction religieuse d’Ute aura donc lieu en même temps que celle des trois enfants qui naissent bientôt de son union avec Jacques.
Blessure et incompréhension
La veille de son baptême dans la nuit de Pâques 1962, coup de théâtre. La mère d’Ute lui glisse incidemment que peut-être que tout compte fait elle a été baptisée chez les protestants, mais elle n’en est pas sûre. C’était pendant la guerre.
Apprenant cela, le prêtre de la paroisse refuse de la baptiser en public et la baptise à la va-vite dans la sacristie après lui avoir fait signer un document dans lequel « elle exprime son regret d’avoir été hérétique. » Cruelle blessure vis-à-vis de l’Eglise catholique.
Le stratagème de Dieu face à son enfant rebelle
Toute sa vie, Ute a toujours eu un bon franc-parler. Elle ne se gêne pas pour dire tout haut ce que d’autres pensent peut-être tout bas. Et elle parle franchement à Dieu.
Alors qu’on lui propose de participer à une adoration de nuit, Ute refuse. La nuit, elle entend quelqu’un frapper à la porte. Elle se lève et ouvre. Personne. Elle se recouche. Quelques minutes plus tard, rebelotte. On frappe à la porte. De nouveau, elle va ouvrir. Toujours personne.
En se recouchant, Ute s’adresse à Dieu : « Si c’est toi qui frappe, rappelle-toi ce que tu as dit : ‘Je me tiens à la porte, et je frappe, attendant que vous ouvriez.’ Et bien pour moi, ce n’est pas le moment. » Ute se rendort.
Là, à travers la cloison, elle entend le couple dans la chambre d’à côté se dire l’un à l’autre : « Enfin ! Nous nous sommes réconciliés. Il faut le dire à Ute qui a passé tant de temps à nous écouter et à pleurer avec nous. Je parie qu’elle est à l’adoration de nuit. » Ni une, ni deux, Ute enfile sa robe de chambre et file à la chapelle. Et là, pas de couple. Mais ce n’est pas grave. Ute a plongé dans l’intensité de l’adoration eucharistique.
La découverte du mystère de l’Eglise
Ute et son mari Jacques ont fait partie de Mariage-Rencontre, aujourd’hui Vivre et Aimer. Leur mission était d’accueillir et d’entourer les prêtres. C’est ainsi qu’ils rencontrent Antonio, un prêtre italien de passage en Belgique. Un jour qu’ils vont le visiter à Rome, Antonio leur partage ses difficultés, sa colère contre l’Eglise qui est si loin de la radicalité de l’évangile, et son envie de quitter le ministère.
En l’écoutant, Ute se sent déchirée. Elle comprend les raisons de son rejet de l’Eglise et le partage en partie. En même temps, elle sentait que son ami avait besoin d’être remis debout dans sa vocation.
Après avoir prié intérieurement, elle s’entend dire : « Dieu a dit à Pierre : ‘sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise.’ Pourtant Pierre était un homme avec une grande gueule, et qui a trahi à la première occasion, et encore par trois fois ! La confiance de Dieu est allée jusqu’à confier la direction de son Peuple à cet homme-là. Depuis 2000 ans, les humains n’ont pas changé. Alors, est-ce que Dieu aurait changé ? Est-ce qu’il ne nous aime plus tels que nous sommes ? Lâches, inconstants, infidèles… »
Quelques temps plus tard, Ute apprend qu’Antonio avait décidé de rester fidèle à l’appel qu’il avait reçu de Dieu. Ces paroles qui lui ont été inspirées, ont permis à Ute de comprendre profondément le mystère de l’Eglise et de se réconcilier avec elle.
Répondre à l’appel de Dieu
Ute et son mari ont rapidement décidé de se mettre à la disposition de l’annonce de l’amour de Dieu. Ainsi, on leur a demandé de prier et intercéder chaque jour pour l’ Eglise et ses prêtres. Pour cela, ils ont eu la grâce d’accueillir la Présence réelle chez eux. C’est-à-dire qu’ils ont chez eux un tabernacle avec Jésus présent dans l’hostie, comme à l’église.
Ute et Jacques ont en outre participé ou organisé de nombreuses initiatives : propagation des messages de Medjugordjé en Belgique francophone, création d’une chapelle ouverte à tous dans leur jardin, organisation de journées hebdomadaires de jeûne et de prière…
Ute et son mari peuvent en témoigner : à travers tous ces engagements, Dieu s’est engagé à leur côté et les conduisait. Ils ont bénéficié d’une floppée de grâce et de clin Dieu comme on dit.
Par exemple, à propos de la chapelle dans leur jardin. Quand leur fils est venu avec cette idée, Ute a tout de suite dit non. « On n’a pas les sous ». Mais dans les semaines qui ont suivi, trois personnes différentes sont venues se plaindre chez elle du fait que les églises étaient loin, qu’elles étaient fermées… Là-dessus, Ute trouve dans leur boîte-aux-lettre la somme de 25 000 francs belges « à utiliser pour la gloire de Dieu… » Il n’en fallait pas plus pour que la famille se lance dans la construction de cette chapelle.
A travers la maladie
Nous l’avons dit plus haut, Ute souffre depuis toujours d’une maladie génétique qui a des répercussions sur sa santé au quotidien. Elle a dû subir plusieurs hospitalisations. Mais cela a aussi permis à Ute de faire de belles prises de conscience.
Une anecdote, alors qu’elle doit être opérée des yeux. Aucune chambre simple n’est disponible. Ute est dépitée ; elle voulait recevoir ses amis. Elle se retrouve donc dans une chambre à dix lits. Sa voisine est polonaise, renfermée sur elle, de contact peu agréable…. Ute passe du temps avec les autres patients dans la chambre, priant avec l’un, racontant une blague à l’autre, riant à tout va.
On lui annonce ensuite qu’une chambre simple vient de se libérer. Au moment de dire au-revoir à la chambrée, Ute entend sa voisine : « Elle se dit chrétienne, et jamais elle ne m’a adressé la parole, offert un des nombreux bouquets qu’elle a reçu, ou partagé un des multiples coup de téléphone qu’elle recevait, alors que moi, personne ne m’appelle. »
Ces mots font lui font l’effet d’une gifle. Dans la prière, elle demande à Dieu de voir le monde avec ses yeux. Pendant la nuit, elle rêve et se voit chaussée de lunettes. Elle découvre alors la détresse de sa voisine. Et réalise aussi la peur de son mari face à l’opération qu’elle devait subir. C’est pour cela qu’il s’acharnait sur son casse-tête chinois au lieu de la regarder ! Pour ne pas qu’elle voit sa peur face à l’opération qu’elle devait subir.
Un appel pressant
Avec l’âge, ses contraintes et souffrances ne diminuent pas. Depuis quatre ans, Ute ne peut plus quitter son appartement du fait de sa maladie. Pourtant, elle ne s’est jamais sentie aussi aimée et utile.
Avec son mari, ils continuent leur mission de prière pour les prêtres et l’Eglise. Que cela soit dans leur oratoire avec la présence réelle de Jésus, ou alors à la télévision ! Et oui ! Ute et Jacques rejoignent quotidiennement des groupes de prière et de chapelet via KTO ou d’autres chaînes YouTube.
Finalement, une chose ressort de l’entretien avec Ute. Cet appel urgent lancé à toutes les personnes qui se sentent inutiles, seules, isolées ou malades :
« On croit que parce qu’on est malade, dans un home, on n’est plus utile à rien. J’ai une super nouvelle pour vous.
Aujourd’hui, vous pouvez faire l’essentiel pour le Royaume : offrir toutes vos souffrances à Jésus, afin qu’il puisse les porter avec vous.
En les offrant, je reçois souvent une consolation : la force pour tenir dans l’épreuve, ou parfois même un allégement temporaire de mes souffrances physiques.
Offrez votre temps, vos tâches en priant. Priez pour celui qui a fait pousser les légumes que vous épluchez, pour les victimes des catastrophes que vous voyez à la télé… Il s’agit là de l’essentiel. Le monde en a tant besoin. »
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