Église catholique en Brabant wallon

Archidiocèse de Malines-Bruxelles (Belgique)

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Œcuménisme: pour Max et Véronique l’essentiel est de transmettre l’amour de Jésus

Nous avons le plaisir de vous partager cette interview de Véronique et Max, un couple mixte catholique / protestant. Ils nous livrent leur joie de suivre le Christ ensemble et de s’enrichir de deux traditions différentes.

Max, Véronique, pourriez-vous vous présenter rapidement tous les deux ? 

Nous nous appelons Maxwell et Véronique, tous deux âgés de 32 ans. Max travaille pour une Église protestante américaine, et Véronique est professeure de littérature et d’épistémologie dans une école internationale à Bruxelles. Nous avons deux petites filles, Emilia et Eva, âgées de 3 et 5 ans.

Nous nous sommes officiellement rencontrés à Oxford, en Angleterre, alors que nous étions étudiants, même si nous nous étions déjà croisés auparavant en Belgique, où nous avions fréquenté la même école pendant un an.

Avant de vous marier, quelle était la place de vos Églises respectives dans votre vie ? La place de votre foi personnelle ?

Nous avons tous les deux grandi dans des familles de missionnaires, nos parents ayant œuvré au service de leurs Églises respectives. Nous avons donc été très tôt immergés dans cet environnement.

La foi de Max s’est approfondie à travers son engagement professionnel en tant que directeur de production pour son Église, Red Rocks Church Brussels. Pour Véronique, suite à un événement traumatisant, elle a traversé une période de rejet avant de vivre un retour vers Dieu, ce qui l’a amenée à travailler pour l’Église catholique, à Lille puis en Belgique.

Pour chacun de nous, la foi occupe une place centrale. En plus de nos engagements dans nos Églises, nous participons à deux groupes de prière, qui nous soutiennent et nous encouragent au quotidien. Nous ne souhaitons pas que notre pratique se limite au dimanche, mais qu’elle irrigue l’ensemble de notre vie.

Quel sens a pour vous le fait de vivre l’œcuménisme au sein de votre foyer ? Comment le vivez-vous concrètement ?

Pour nous, vivre l’œcuménisme, c’est avant tout faire preuve de souplesse et de respect mutuel. En tant qu’« église domestique », l’important est de vivre notre foi ensemble. Se montrer trop rigide pourrait nuire à notre famille et à notre désir de concrétiser l’idée d’unité des chrétiens.

Concrètement, les filles savent que Véronique est catholique et que Max est protestant, tout comme elles connaissent la foi de leurs grands-parents respectifs. Dans la famille de Véronique, elles vont à la messe, et dans celle de Max, au culte. Pour elles, cela ne pose aucun problème : elles participent aux deux traditions sans question. Nous assistons aux offices de façon équilibrée : environ deux tiers du temps au culte et un tiers à la messe.

Finalement, nous savons que nous nous retrouverons tous ensemble au pied de la croix, le cœur reconnaissant pour le sacrifice du Christ.

Et dans l’éducation des enfants, quels choix avez-vous dû faire ? Quel est le message que vous aimeriez transmettre à vos enfants en matière de foi et de pratique religieuse ?

Le mot d’ordre est simple : ne pas se compliquer les choses. L’essentiel pour nous est de transmettre l’amour de Jésus, le désir de découvrir l’Évangile et de vivre selon ses enseignements.

Ainsi, Véronique fait le signe de la croix avant la prière de table, et les filles l’imitent si elles en ont envie. Lors des temps de prière en famille, nous récitons le Notre Père, chantons des chants issus des deux traditions et lisons la Bible ensemble.

Eva a été baptisée dans l’Église catholique, et nous sommes encore en réflexion pour Emilia. Pour la première communion, nous en parlerons avec Eva, mais sans jamais forcer. Ce qui nous semble le plus important, c’est que nos enfants développent une relation personnelle avec Dieu. Nous les encourageons par exemple à prier l’une pour l’autre lorsqu’elles se font mal.

En tant que couple mixte, quels obstacles avez-vous dû surmonter dans vos Églises respectives ? Comment êtes-vous accueillis de part et d’autre ?

Nous avons parfois entendu des propos très durs dans les deux communautés, certains nous accusant de « trahir » l’une ou l’autre Église. Cela nous a frappés, car nous avons croisé à la fois une rigidité surprenante et un accueil chaleureux et ouvert. Parfois, on nous demande : « Oui, c’est bien… mais tu leur dis que la vérité réside chez nous, n’est-ce pas ? » Ce genre de remarque nous choque toujours.

Dans l’Église catholique, Max ne comprend pas toujours tous les rites ou gestes, et cela nécessite parfois des explications. Sans présentation, on peut facilement passer inaperçu, ce qui l’a surpris au début. Pourtant, un des prêtres de la paroisse a pris le temps de partager un repas avec nous et de répondre à toutes ses questions, avec une ouverture d’esprit remarquable. Max a aussi été profondément touché par la beauté et la profondeur des gestes liturgiques.

À Red Rocks Church, Véronique a été extrêmement bien accueillie. C’est là toute la force de cette église : une vie communautaire vivante, où l’on vient vers toi naturellement et où l’on se sent immédiatement intégré.

Quelle est votre plus grande joie liée à votre appartenance religieuse ?

Pour Max et Véronique, l'unité des chrétiens et l'oecuménisme doivent se vivre dans l'ouverture et le respect mutuel

Pour Véronique, c’est la beauté de l’eucharistie et de la liturgie, ces gestes et symboles qui portent un sens spirituel profond. Pour Max, c’est la qualité de la louange portée par le groupe de musique, l’accueil des personnes et l’importance de la vie communautaire.

En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, quel message souhaitez-vous transmettre ?

Nous souhaitons rappeler que l’unité des chrétiens ne signifie pas se sentir supérieur ou prétendre détenir la vérité. Elle consiste à accueillir l’autre dans sa différence, à partager la foi ensemble et à respecter les chemins spirituels de chacun.

Dans notre famille, cela se traduit par la participation aux deux traditions, catholique et protestante, et par l’enseignement à nos enfants que la foi se vit dans le respect mutuel et l’ouverture. L’œcuménisme, pour nous, c’est d’abord une attitude de cœur : accepter l’autre, apprendre de lui et avancer ensemble dans l’amour du Christ.

En savoir plus sur la semaine de prière pour l’unité des chrétiens

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