Cette semaine, nous vous proposons de découvrir Sainte Adèle qui a vécu en partie près de Orp-le-Grand. Comme pour les autres saintes, vous trouverez ici une notice biographique et une petite balade pour, littéralement, marcher dans ses pas. Bonne découverte !
Quelques infos avant de découvrir Sainte Adèle
Le plus ancien document conservé sur la vie de la sainte est un manuscrit datant de la fin du XVe siècle. Il provient du prieuré de Corsendonk (ancien monastère augustinien à Vieux-Turnhout). Sa légende ressemble beaucoup à celle de sainte Odile d’Alsace, à tel point que certains auteurs vont jusqu’à penser que ces deux saintes n’en sont en réalité qu’une seule.
Mais découvrons d’abord la vie de Sainte Adèle.
La légende de Sainte Adèle
Sainte Adèle naît au VIIe siècle. Issue d’une famille noble et pieuse. Ses parents Aldaric et Persinde découvrent, dès sa naissance, qu’elle est aveugle. Son père veut faire mourir l’enfant. Pour éviter cet acte, sa mère la confie à une nourrice. A l’âge d’un an, Adèle est placée dans un monastère.
Là-bas, l’évêque de Bavière, Erchard, suite à une vision, baptise la petite fille et lui donne le prénom d’Adèle. Lors de la cérémonie, l’enfant se met à voir. Elle passe son enfance à l’abbaye et est un modèle de vertus. Elle est ensuite appelée à la tête du monastère et gouverne ses sœurs, des chanoinesses régulières, avec perfection.
L’abbesse devient célèbre par ses miracles. Trois de ses nièces entrent sous sa direction. Le monastère qu’elle dirigeait était difficile d’accès, elle construit dans la vallée un oratoire, dédié à saint Martin, avec un hospice pour accueillir les pauvres et les pèlerins et y adjoint un monastère. Avertie de sa mort prochaine, elle rend son âme à Dieu dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste, alors que ses sœurs chantaient l’office.
De retour près de l’abbesse, les moniales prient pour qu’elle puisse recevoir le Viatique. Adèle revient à la vie, se fait apporter le calice, se donne la communion elle-même et rend son âme à Dieu. Son corps est enterré dans la crypte et, pendant huit jours, il répand une odeur suave.
Son corps et ses restes sont placés dans une châsse (élévation des ossements qui constitue une canonisation « vox populi ») et exposés dans la crypte, devant l’autel de saint Jean-Baptiste.
Sainte Adèle est fêtée le 30 juin.
L’histoire des reliques de Sainte Adèle
Les restes de Sainte Adèle sont reconnus officiellement en 1571, avec l’assentiment de l’évêque de Namur, Antoine Havet.
En 1656, l’évêque du même diocèse, Jean de Wachtendonck, fait à nouveau ouvrir le reliquaire lors d’une visite canonique. Puis la châsse est détruite et les restes partiellement calcinés lors de l’incendie de l’église d’Orp en 1676. Ils sont placés dans un coffret de chêne, en forme de petit cercueil et la châsse est scellée en 1674.
En 1893, le préfet des reliques de Malines vient ouvrir le coffre et les ossements de sainte Adèle sont placés dans la nouvelle châsse où ils se trouvent toujours actuellement.
Alors, Sainte Adèle a-t-elle existé ?
Comme expliqué plus haut, l’auteur de la vie de sainte Adèle aurait repris la vie de sainte Odile d’Alsace d’après les Bollandistes. C’était un fait très courant quand les auteurs, bien souvent anonymes, de vie de saints voulaient écrire des Vita et qu’ils savaient très peu de choses concernant les saints qu’ils étudiaient. On se contentait alors de retranscrire celle d’une autre personne tout en mettant en avant les vertus qui constituaient pour eux un modèle de sainteté (comme la charité, la piété).
Mais voyons les éléments qui nous permettrons de trancher la question.
Des reliques authentifiées au XVIème siècle
Le Mont-Sainte-Odile en Alsace conserve les restes de sa patronne, de même l’église d’Orp possède une chasse contenant les ossements calcinés d’un corps humain. Ces reliques de sainte Adèle ont déjà été reconnues comme telles en 1571.
Plusieurs édifices religieux depuis le VIème siècle
De plus, l’église d’Orp possède une crypte romane remontant au XI-XIIe siècle, la présence d’un tel oratoire n’existe qu’en fonction du corps d’un saint local ou d’une châsse importante. Les reliques y étaient conservées et vénérées, c’est là la destination d’une crypte.
Des fouilles prouvent que l’église d’Orp a succédé à trois édifices préromans dont le premier doit remonter au VIIe siècle et est probablement dû à sainte Adèle. On découvrit près de la Chapelle Sainte-Adèle, au lieu-dit « Champs de la Vigne », des vestiges de substructions. Cela pourrait être les vestiges de l’abbaye fondée par la sainte et détruite par les Vikings au IXe siècle.
L’église d’Orp dotée de privilèges au XIIème siècle
Pour terminer, on retrouve dans un document de 1192 la trace de « prebendam sancte Adelie », où saint Albert de Louvain, évêque de Liège, accorde des privilèges à l’église d’Orp. Sainte Adèle y est donc déjà vénérée en 1192 alors que le culte de sainte Odile d’Alsace ne se répandit qu’à partir du XIIIe siècle.
L’ensemble de ces éléments nous permet de plaider pour l’existence de notre sainte locale. Certe sa légende ressemble beaucoup à celle de sainte Odile d’Alsace, mais son existence a laissé des traces matérielles et concrètes autour de nous.
Marcher dans les pas de Sainte Adèle
Comme pour les autres saintes, nous vous proposons un itinéraire de 5 km pour découvrir les lieux marqués par la sainte en Brabant wallon.
A ne pas manquer sur le parcours
- L’église romane Saints-Martin-et-Adèle d’Orp-le-Grand et sa crypte.
- Reliques de sainte Adèle.
- Croix d’Alpaïde (maîtresse de Pepin d’Herstal, elle fut enterrée à l’église d’Orp au VIIIe siècle, on y découvrit sa dalle funéraire en 1618, elle aurait donné naissance à Charles Martel, celui qui stoppa l’invasion des Sarrasins à Poitiers.).
Nos autres propositions pour découvrir les saintes du Brabant wallon

Balade: Sainte Renelde et la palme du martyre
Cette semaine, on vous emmène pour une toute petite balade, à peine 3,6 kilomètres, sur les pas de la très attachante Sainte Renelde.

Balade sur les pas de Sainte Adèle à Orp-le-Grand
Cette semaine, nous vous proposons de découvrir Sainte Adèle qui a vécu à Orp-le-Grand. Découvrez notre proposition de balade pour marcher dans ses pas!

Balade: Sainte Lutgarde de Tongres et le Cœur-sacré de Jésus
Partez à la découverte de sainte Lutgarde. Née à Tongres en 1182, elle s’est installée à Lasne pour se rapprocher de Dieu. Découvrez ici son histoire, un itinéraire de balade de 6,5 kilomètres. Et apprenez à connaître cette grande mystique, très attachée à la spiritualité du Coeur de Jésus.

Balade: Sainte Ragenufle et la fontaine
Aujourd’hui, c’est sainte Ragenulfe qui est à l’honneur ! Découvrez dans notre article sa vie et une balade sympa pour marcher sur ses traces.

Sainte Gertrude et Sainte Marie d’Oignies : deux Nivelloises à connaître absolument
Cette semaine, nous vous proposons de partir à la découverte de Sainte Gertrude et de Sainte Marie d’Oignies. Comme pour toutes les saintes de la série, retrouvez-ici notre petit itinéraire de balade pour marcher sur leurs pas.

Sainte Ermelinde et son bâton d’aubépine
Partons à la découverte de Sainte Ermelinde. Entre Beauvechain et Meldert, 5km de balade pour découvrir sa simplicité et sa foi.

Les Saintes du Brabant wallon : entre histoire et légende
Cet été, nous vous proposons de partir à la découverte des saintes du Brabant wallon, de leur vie et de l’héritage patrimonial et spirituel qu’elles nous laissent.

Saintes du Bw: qu’ont-elles à nous dire?
Dans notre série sur les saintes du Bw, découvrons maintenant comment leur vie peut nous inspirer pour devenir toujours plus témoins de Dieu.
Bibliographie
- Van Haeperen G., L’iconographie d’une sainte de l’ancien Duché de Brabant : Sainte Adèle d’Orp-le-Grand, Institut supérieur d’histoire de l’art et d’archéologie de Bruxelles, Bruxelles, 1981.






