Église catholique en Brabant wallon

Archidiocèse de Malines-Bruxelles (Belgique)

Église catholique en Brabant wallon

 

Rechercher

Balade: Sainte Renelde et la palme du martyre

Cette semaine, on vous emmène pour une toute petite balade, à peine 3,6 kilomètres, sur les pas de la très attachante Sainte Renelde. 

Et pour rendre la découverte encore plus ludique, parfait pour les enfants, nous vous recommandons de suivre la chasse au trésor Totemus Dans les pas de Sainte Renelde.

Mais avant, plongeons dans la vie réelle et légendaire de sainte Renelde!

Sainte Renelde en bref

Sainte Renelde nait dans une famille famille noble, en 630. Elle est la fille de Witger qui gouvernait le duché de Lotharingie et de Sainte Amalberge (la sœur de Pépin de Landen). 

Elle est aussi la sœur de Sainte Gudule, bien connue à Bruxelles,  et de Saint Emebert. Leurs parents décident de rentrer en religion et de léguer l’ensemble de leurs biens à leurs filles.

Renelde hérite donc de plusieurs domaines, dont celui de Saintes. Elle décide de léguer ses biens à l’abbaye de Lobbes et de partir en pèlerinage en Terre Sainte. Elle y restera plusieurs années.

A son retour, elle revient habiter près de Saintes et mène une vie de recluse. Elle est entourée de Grimoald qui était un clerc et Gondulphe qui était un serviteur.

Vers 680, les Huns envahissent la région. Renelde est assassinée avec ses deux compagnons alors qu’elle priait dans l’église de Saintes.

Elle est fêtée le 16 juillet.

portrait de Sainte Renelde par ChatGPT

Ce que peut nous dire Sainte Renelde aujourd'hui

Comme sainte Gertrude, Renelde nous livre un bel exemple de femme autonome, qui choisit de placer toute sa confiance en Dieu, jusqu’à la mort. Cette confiance se traduit aussi par la volonté de mettre sa richesse matérielle au service de Dieu et de ses œuvres, ce qu’elle fait en léguant ses terres aux moines de Lobbes.

On a retrouvé peu d’exemplaires de la Vita de sainte Renelde (10 en tout). La popularité de la sainte fut avant tout locale, son rayonnement circonscrit à la communauté qui s’est formée autour de ses reliques et des lieux qu’elle a visités (l’abbaye de Lobbes).

C’est aussi parce que son culte ne s’ancrera jamais dans un milieu urbain, contrairement à d’autres saints comme sainte Gudule. Cependant, l’influence de la sainte fut importante, à tel point que de nombreux auteurs ont attribué comme origine au toponyme « Saintes », sainte Renelde (en flamand Sint-Renelde).

Chaque année, le dimanche de la Trinité (le dimanche qui suit la Pentecôte), le Tour Sainte-Renelde honore la sainte. Plus d’une centaine de cavaliers en costume accompagnent les reliques de la sainte, portées sur un char, sur un parcours d’une trentaine de kilomètres.

Pour en savoir plus sur le Tour Sainte-Renelde, consultez l’office du Tourisme de Tubize.

Sainte Adèle, sa vie et sa légende

Le plus ancien manuscrit sur la vie de la sainte remonte au XIe siècle et aurait été rédigé au monastère Saint-Pierre de Lobbes.

Comme expliqué plus haut, sainte Renelde nait dans une famille famille noble, en 630. Elle est la fille de Witger qui gouvernait le duché de Lotharingie et de Sainte Amalberge (la sœur de Pépin de Landen). Elle est aussi la sœur de Sainte Gudule et de Saint Emebert. Leurs parents décident de rentrer en religion et de léguer l’ensemble de leurs biens à leurs filles.

Un désir de servir Dieu

Celles-ci décident un jour de se rendre à l’abbaye Saint-Pierre de Lobbes en souvenir de leur père qui s’y était retiré. Lorsque les deux filles frappent à la porte, on leur refuse l’entrée. Les moines leur répondent à travers les portes closes que depuis sa fondation aucune femme n’avait pénétré dans la maison.

A ces mots, sainte Gudule se retire. Sainte Renelde, elle, se prosterne à genoux et frappe sans relâche à la porte en priant Dieu. Au milieu de la troisième nuit, alors que tous les frères se reposent, les portes du monastère s’ouvrent et les cloches se mettent à sonner.

Eveillés par le tintement, les frères accourent et trouvent la sainte. Les frère lui demandent alors ce qui s’est passé et comment elle est entrée dans l’église.

Sainte Renelde répond : « A une pécheresse, hommes sans miséricorde, vous avez refusé l’accès ; mais Celui dont la miséricorde rend tout possible m’a ouvert les portes de cette église malgré mes péchés et m’a fait entrer par l’effet de sa puissance comme vous le voyez. » A ces mots, le père abbé se jette à ses pieds avec les frères et la supplie de prier pour eux.

Qui se transforme en pèlerinage

Elle transmet alors, à l’abbaye, sa terre de Saintes et cinq domaines avec toutes leurs dépendances. Après avoir reçu la bénédiction du père du monastère, elle fait un pèlerinage en Terre Sainte en compagnie d’un serviteur et d’une servante, où elle réside pendant deux ans. 

Puis en vie de solitude et de prière

Sept ans plus tard, elle regagne sa patrie et entre à Saintes avec de précieuses reliques pour y achever sa vie en recluse.

Selon la tradition orale, Sainte Renelde travaillait un jour à la fenaison avec ses deux compagnons qui se plaignaient de la chaleur et de la soif. Désireuse d’atténuer leur peine, Sainte Renelde planta son râteau et une source jaillit du sol. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le Puits Sainte-Renelde.

Vers 680, les Huns envahissent alors la Gaule. Ils dévastent la région de fond en comble. Alors que les habitants de Saintes prennent la fuite, Renelde décide de rester, accompagnée de deux de ses plus fidèles compagnons, Grimoald qui était un clerc et Gondulphe qui était un serviteur.

Photo du puits Sainte Renelde à Saintes/Tubize
Photo du puits Sainte Renelde

Jusqu’à la mort

Alors que la sainte est en train de prier à l’église, les Huns prennent d’assaut le bâtiment. Ils saisissent Renelde par les cheveux et la trainent dans tous les sens. Ils la battent avec leurs bâtons et leurs fouets, la couvrant de coups et l’accablant de railleries et d’injures.

Puis, ils lui demandent de tendre le cou. Sainte Renelde s’agenouille, attendant le coup du bourreau. Elle prie en ces mots : « Je te rends grâce, Jésus-Christ, d’avoir daigné me compter au nombre de tes servantes. Reçois mon esprit. » Elle tend la nuque, reçoit le coup qui lui tranche la tête et rend au ciel son esprit. Grimoald meurt décapité et Gondulphe meurt après avoir reçu trois clous dans le crâne vers l’an 680.

Après ce massacre, les Huns tentent de mettre le feu à l’église et aux corps des martyrs mais ils n’y parviennent pas. Ils se retirent dans la confusion. Les Huns partis, les habitants de Saintes reviennent sur leurs terres et découvrent les dépouilles des saints laissés sans sépulture. Ils les ensevelissent dans l’église.

Sainte Renelde honorée

On relate un grand nombre de miracles liés à sa sépulture. Sa dépouille est exhumée en 866 avec l’élévation des reliques par l’évêque de Cambrai Jean 1er. A cette occasion, les reliques sont placées dans une chasse d’argent. Ensuite, première translation des reliques en 1090, puis en 1170, on renouvelle le reliquaire et troisième translation en 1353.

En 1621, il y a une nouvelle chasse en argent massif. Elle est restaurée en 1811, car lors de la Révolution française, elle fut cachée sous terre. La dernière restauration date de 1922. En 2000, elle est à nouveau ouverte et les restes sacrés furent exposés toute une semaine.

Photo de la chasse contenant les reliques de Sainte Renelde dans l'église Sainte-Renelde de Saintes
Chasse de Sainte Renelde dans l'église de Saintes

Marcher dans les pas de Sainte Renelde

Retrouvez notre itinéraire de balade pour marcher dans les pas de Sainte Renelde. Il s’agit d’une promenade de 3,6 kilomètres tout a fait accessibles aux familles et aux personnes à mobilité réduite.

Et pour rendre la balade encore plus ludique pour les petits et grands enfants, nous vous recommandons la chasse au trésor Totemus Dans les pas de Sainte Renelde.

A ne pas manquer sur le parcours

  • L’église Sainte-Renelde de Saintes (édifice gothique du milieu du XVIe siècle).
  • La chapelle Sainte-Renelde, ajoutée au 17e s. sur le flanc Sud du chœur.
  • La châsse (1811) dont les statuettes remontent au milieu du XIVe siècle et proviendraient de la chasse antérieure.
  • Le retable (mutilé par un vol) de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, attribuable aux ateliers Borman de Bruxelles. C’est un véritable livre sculpté peint, il conte la vie de la sainte locale dans un langage simple et imagé.
  • Le tableau généalogique de sainte Renelde (1569).
  • Une statue de sainte Renelde, datée des environs de 1500 et ayant la même origine que le retable (ateliers Borman), surmontant la porte d’entrée de la chapelle.
  • Le Char de procession de sainte Renelde qui date de 1773 (classé comme monument (valeur historique et archéologique)). Il a été fabriqué au château des ducs d’Arenberg, à Enghien, par le menuisier Schoonheydt, le maréchal Badelon et le charron La Rivière. L’un des plus anciens comptes de l’Eglise conservé dans les archives paroissiales mentionne l’utilisation d’un char au milieu du 15ème siècle.
  • Le puit Saint-Renelde (très ancien ; des fouilles datant de 2000 ont permis de dater le puit actuel au 15ème siècle, mais une structure semblable a été repérée sous terre à une dizaine de mètres de là, elle n’a pas pu faire l’objet de fouilles, mais il doit sans doute s’agir d’une fontaine ou d’un puit antérieur à celui actuel.).
  • La ferme dite sainte Renelde (La Halte du Sergeant – Gîte familial à la ferme), où il y a une plaque commémorative.
  • L’ancienne abbaye de Lobbes (Hainaut).

Nos autres balades pour découvrir les saintes du Brabant wallon

Bibliographie

  • Delporte Luc, « Le culte de sainte Renelde de Saintes : une réalité multiforme » in Saints et sainteté en Roman Pays. Culte d’hier et d’aujourd’hui (dir.) Morgane Belin, Chirel BW, 2012.
  • La Vie et le culte de sainte Renelde des origines à nos jours, (dir.) L. Delporte, Chirel-BW, 1996.
  • Speeckaert G.P., Saintes en Brabant, ses origines et son histoire, Saintes, 1950.
  • Van Haeperen G., Sainte Renelde de Saintes : sa vie, son iconographie, son culte, Brabant tourisme, 1, 1984.