Église catholique en Brabant wallon

Archidiocèse de Malines-Bruxelles (Belgique)

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L’accueil et l’insertion des prêtres arrivant en Belgique

Du 12 au 14 novembre 2023, les prêtres récemment arrivés en Belgique se sont réunis à Beauraing avec Mgr Terlinden pour deux jours de formation, d’accueil et d’insertion. Interview du père Jérémie Kalumire, vicaire à Saint-François à Louvain-la-Neuve.

Père Jérémie, pourriez-vous vous présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?

Je suis Jérémie Kalumire. J’ai été ordonné prêtre le 13 août 2006 pour le diocèse de Bukavu, à l’Est de la République Démocratique du Congo. Je suis arrivée en Belgique le 13 août dernier pour y poursuivre mes études.

Je fais actuellement une thèse en économie rurale. En arrivant, j’ai proposé mes services au Vicariat du Brabant wallon.

Quel est votre rôle en temps que vicaire pour la paroisse Saint-François à Louvain-la-Neuve ?

Je suis vicaire à temps partiel à la paroisse Saint-François à Louvain-la-Neuve. Parmi mes attributions, il y a en particulier le service auprès des maisons de repos du Bois du Manil et du Bois de la Pierre. Je suis aussi aumônier à la Clinique du Bois de la Pierre.

Vous avez participé à la session d’accueil et d’insertion pour les prêtres récemment arrivés en Belgique. Qu’est-ce qui vous a marqué ?Intervenant lors de la session d'accueil et d'insertion pour les prêtres à Beauraing en novembre 2023

Cette session nous a permis de prendre connaissance du champ de notre mission en Belgique. En effet, cette formation nous permet de comprendre et de nous situer dans ce nouveau contexte pastoral.  Nous y apprenons des informations sur l’histoire récente du christianisme en Belgique, le cadre institutionnel de l’Église en Belgique, la sécularisation au 21ème siècle, etc.

Grâce à ces jours de formation, nous avons pu mieux cerner quelles sont les attentes de l’Église belge pour nous. Être des prêtres, de bons prêtres capables de se dévouer pour l’Église dans un contexte de synodalité.

En effet, accueillir un prêtre venu d’ailleurs c’est d’abord le considérer comme un prêtre de l’église universelle avec un même sacerdoce ministériel. Il s’agit ensuite de le former et l’informer pour le mettre à jour avec son nouveau champ pastoral. Enfin, il est nécessaire de lui donner un cahier des charges, une mission effective et des moyens pour l’exercer.

On emploie parfois le terme « prêtres venus d’ailleurs » pour parler des prêtres en service dans nos diocèses. Que pensez-vous de cette expression ?

Cette expression est bonne dans le contexte de la mission parce qu’elle évoque le mouvement, le déplacement, la nouveauté comme en Luc 3, 44 où Jésus dit aux foules : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »

Cependant, pour éviter des interprétations  séparatistes, nous avons appris que dans le diocèse de Liège, à la place de « prêtre venu d’ailleurs », on utilise l’expression « prêtres accueillis au diocèse ». En effet, cette expression ne doit pas conduire à  dissocier les autochtones et les étrangers dans la mission.

L’objectif même de la session vise notre intégration et notre ouverture vers le nouveau champ pastoral. Ainsi, nous avons même  été appelés à veiller à la qualité de l’accueil, de l’hospitalité, des relations car : «le monde écoute plus les témoins que les maitres, et s’il écoute les maitres, c’est parce qu’ils sont témoins » (Paul VI).

En quoi est-ce un défi pour les prêtres accueillis dans les diocèses belges de s’insérer dans la culture et la vie de l’Église locale ?

session d'accueil et d'insertion à Beauraing - novembre 2023C’est d’abord l’exigence de la connaissance de la nouvelle culture et de la nouvelle église. L’évangélisation ne prend forme que dans une culture, dans un milieu géographique et à une époque avec son histoire. Dans le cas contraire, la mission restera superficielle, désuète, inaccessible.

De  plus, si le déplacement doit s’opérer à la fois au niveau physique (acclimatation), il est aussi mental (la tête : se laisser former et informer),  et spirituel (le cœur : ouverture relationnelle et affective).

L’Église catholique de Belgique est-elle particulièrement différente de l’Eglise catholique en République Démocratique du Congo ? messe avec Mgr Terlinden à la session pour les prêtres à Beauraing - novembre 2023

Tout d’abord, l’Eglise catholique est une et universelle. Les particularités sont réelles mais le credo, les sacrements, la liturgie, sont les mêmes.

C’est vrai que dans mon pays d’origine les églises sont pleines et jeunes alors qu’en Belgique les églises se vident surtout et encore plus des jeunes.

Quels sont selon vous les défis à relever pour l’église catholique de Belgique ?

À mon sens, le défi de l’Église en Belgique est de continuer à espérer et à écouter l’œuvre de l’Esprit. La crise n’est pas une catastrophe mais une renaissance, un nouveau départ.

La qualité de la foi que je trouve dans certains paroissiens, la prière continuelle des personnes âgées pour l’Eglise, les engagements des ministres clercs et laïcs à travers différentes équipes, sont autant des germes d’espérance.

Il suffit de participer à la messe à Saint François à Louvain-la-Neuve pour se rendre compte que quelque chose renaît. C’est une église appelée plus à être témoins par une vie évangélique dans un monde sécularisé, de témoigner de la joie, de l’attention affective, de l’espérance.

Y a-t-il une phrase de l’Evangile  que vous affectionnez particulièrement ?

J’aime beaucoup la phrase suivante de l’évangile de Matthieu (Mt 28 : 19-20) : «Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »