Église catholique en Brabant wallon

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Dion le Val : sur les traces de Adèle Brise

Le saviez-vous ? Ce 18 octobre 2026, une trentaine  d’américains, provenant du Wisconsin, ont découvert le village de Dion-le-Val. Accueillis par notre déléguée épiscopale et par la paroisse Saint-Martin, ils ont honoré la mémoire de Adèle Brise, laquelle déambulait autrefois dans le village il y a 160 ans. Née à Dion le Val en 1831, cette jeune femme a migré, avec sa famille, aux Etats-Unis. Là, elle a marqué l’histoire spirituelle de ce vaste pays. En effet, depuis le 30 janvier 2026, elle est déclarée servante de Dieu. Et un décret est actuellement ouvert, vers une éventuelle béatification et canonisation. Faites connaissance avec elle. 

Cérémonie, Ferme Rose. Photo : Olivier Van Robaeys
Cérémonie, Ferme Rose. Photo : O. Van Robaeys

De Dion-le-Val...

L'église de Dion le Val, lieu de baptême de Adèle Brise. Photo : O. Van Robaeys
Mgr Ricken, évêque du diocèse de Green Bay. Photo : O. Van Robaeys

Adèle Brise naît le 30 janvier 1831 à Dion-le-Val. Sa famille n’est pas riche. Elle n’aurait fréquenté l’école que rarement. Et n’a jamais maîtrisé l’écriture ni la lecture. Pendant son enfance, un accident domestique la rend aveugle de l’oeil droit mais elle reste pleine de joie. 

Selon Daniel Istace, ancien vice-président du cercle historique de Chaumont-Gistoux, sa personnalité nous est ainsi décrite par le curé de Dion le Val : « gentille, serviable et avec une grande foi ». 

Selon Daniel Istace, voici quelques lieux de notre Brabant wallon fréquentés par Adèle Brise :

  • A Dion-le-Val : l’église, avant sa restauration, lieu de son baptême et de sa première communion. Et le cimetière
  • A Wavre : l’église Saint-Jean Baptiste à Wavre, endroit de sa communion solennelle
  • A Basse Wavre : la basilique Notre Dame de Basse Wavre et le Grand Tour qu’elle a déjà accompli
  • A Bonlez : la linière où elle a travaillé à 16 ans pour aider financièrement sa famille

...jusqu'au Wisconsin, Etats-Unis

Daniel Istace indiquant le voilier emprunté par la famille pour gagner New York

Alors qu’elle nourrit l’espérance de se consacrer à une vie religieuse, la vie en décide autrement. Alors qu’elle est âgée de 24 ans ses parents  choisissent d’immigrer aux Etats-Unis, au Wisconsin. En quête d’un avenir meilleur car le père d’Adèle, menuisier de profession, n’a guère de travail en Belgique. C’est aussi l’époque de la maladie de la pomme de terre qui engendre de nombreuses famines. Partis d’Anvers, parents et enfants parcourent donc  5879 kilomètres jusqu’au port de New York en 42 jours de voyage. Par la suite, la famille emprunte encore une charette, le train et le bateau jusqu’au Wisconsin. 

La vie au Wisconsin

Au Wisconsin, avec sa couverture forestière
Daniel Istace, spécialiste de l'histoire de Adèle Brise

La famille gagne ainsi le nord-est du Wisconsin, pour rejoindre la plus grande colonie belge des Etats-Unis. Et ce non loin de l’actuelle ville de Champion au Wisconsin. Les hivers rudes de cette région font de nombreuses victimes. Adèle faisait de son mieux pour aider ses parents.

« Des terrains sont attribués aux familles. Il faut alors couper les arbres. Les parents n’ont pas le temps de s’occuper des enfants, lesquels sont négligés. Ils ne vont pas à l’école. Adèle doit travailler pour aider ses parents. Elle doit porter des sacs de farine. Alors que des écoles sont créées pour les enfants de colons allemands, les enfants belges sont livrés à eux-mêmes » relève Daniel Istace.

Tournant dans la vie de Adèle Brise : 1859

Représentation de l'apparition de Marie à Adèle Brise
Adèle Brise, église de Dion- le- Val le 18.10. Photo : O. Van Robaeys

« « Mais comment vais-je pouvoir leur enseigner, moi qui en sais si peu ? »
 Adèle Brise à Marie

« Va, et ne crains rien je t’aiderai » :  Marie à Adèle Brise

Alors que nous sommes en automne 1859, l’existence d’Adèle Brise va prendre une orientation inattendue. Alors qu’elle marchait dans la forêt, portant du blé pour sa famille, une mystérieuse et belle dame lui apparaît. 
Entre un érable et un pruche. Lors de cette première rencontre, aucun mot ne semble avoir été échangé.

Cette dame lui apparait à trois reprises. Lors de la troisième apparition, Adèle lui pose la question suivante : « Au nom de Dieu, qui êtes-vous et que voulez-vous de moi ? »

La dame lui répond  » Je suis la Reine du Ciel qui prie pour la conversion des pécheurs, et je souhaite que vous fassiez de même ». Dans la suite de son message, Marie demande à Adèle d’offrir sa communion pour la conversion des pécheurs et de rassembler les enfants dans ce pays sauvage pour leur enseigner ce qu’ils devaient savoir pour le Salut. La dame lui transmet ce dernier message : « Va, et ne  crains de rien je t’aiderai »

Pour plus d’informations sur l’histoire des apparitions, cliquez sur ce lien   

Une communauté et une école

Adèle Brise et les soeurs. Source : championshrine.org
Tombe de Adèle Brise. Source : Afernand74

Par la suite, souligne Daniel Istace, avec l’aide de sa famille et d’autres, Adèle Brise a fait construire une  chapelle sur le site même de l’apparition. Mais aussi une école et un pensionnat. Elle a aussi créé une communauté inspirée du tiers ordre de Saint-François, laquelle avait une action sociale et de prière. 

Sa communauté a aujourd’hui disparu. Mais  l’héritage d’Adèle Brise est particulièrement vivant. En effet, situé sur le lieu de l’apparition mariale, le sanctuaire Notre Dame de Bon Secours de Champion accueille des milliers de pèlerins.  De plus, c’est le seul lieu aux Etats-Unis où des apparitions de la Vierge Marie ont été officiellement reconnues. De plus, Adèle Brise est aujourd’hui considérée comme servante de Dieu.  Et un décret est actuellement ouvert, vers une éventuelle béatification et canonisation. 

Lorsqu’on interroge Daniel Istace, lequel étudie Adèle Brise depuis les années 2000 à la demande du cercle d’histoire, il répond ceci : « Ce qui est extraordinaire dans l’histoire d’Adèle Brise, c’est que cette fille peu instruite a cru aux paroles de Dieu et qu’elle a instruit les enfants, leur enseignant le catéchisme. Pour moi, le vrai miracle de Adèle Brise c’est tout le bien qu’elle a accompli, avec ses parents, sa famille aux Etats-Unis ». 

 

Joëlle Becker et Isabelle Dumont, avec la précieuse aide de Daniel Istace.

Les photos de la délégation américaine à Dion le Val, le 18.10.2026. Merci à Olivier Van Robeys.