Rebecca Alsberge : L’art de vivre la synodalité en Brabant wallon
Ce 25 mars, notre déléguée épiscopale a répondu à l’invitation de Marie-Anne Florin de la faculté de Théologie et d’étude des Religions de l’UCLouvain. Face aux étudiants, elle s’est exprimée sur les enjeux de la synodalité, de la place des laïcs et des femmes dans la gouvernance de l’Eglise. Voici les points-clefs de son intervention.
« La synodalité, ce n’est pas un moyen de suppléer le manque de prêtres. C’est l’art du travail en équipe et de reconnaitre la richesse de la collaboration entre états de vie. Et cela change tout »
Genèse d’une déléguée épiscopale
« J’ai dit oui à cette mission à condition de ne pas être seule »
«Je ne suis pas évêque»
Depuis 2 ans et demi, elle exerce cette mission à la demande de Mgr Terlinden. Et dans la foulée d’une mission de près de 10 ans comme co-adjointe de l’évêque auxiliaire du Brabant wallon où elle a déjà expérimenté la synodalité. Bien qu’elle assume des responsabilités de direction, elle n’exerce pas de fonction sacramentelle. Dans sa fonction, elle travaille en binôme avec son adjoint, l’abbé Alain de Maere. Et sous l’autorité finale de l’archevêque.
Particularité de l’église en Brabant wallon
- Au démarrage des unités pastorales, prêtres et diacres des diverses paroisses ont réfléchi aux projets sur lesquels ils souhaitaient travailler. Progressivement, des laïcs ont été associés à la réflexion, de manière structurelle. Une unité pastorale se construit et se développe dorénavant prêtres et laïcs ensemble.
- Ces unités pastorales font l’objet d’un vaste chantier d’évolution.
- L’église en Brabant wallon fait partie de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles avec ses spécificités linguistiques et culturelles.
2 ou 3 choses sur la synodalité
Au centre pastoral, elle se déploie ainsi
- Lors des réunions du Conseil Vicarial et du Bureau, deux instances importantes et qui fonctionnent de manière plus collégiale sous l’impulsion de Rebecca.
- Grâce à la pratique de La conversation dans l’Esprit, utilisée pour des décisions importantes. Cette méthode repose sur l’écoute de l’Esprit-Saint à travers la parole de l’autre.
- Grâce à la prière, lors des messes du mardi, et aux repas partagés.
Sur la place des laïcs et des femmes dans la gouvernance de l’Eglise
« Au Centre Pastoral, presque tous les services sont portés par des femmes »
« Il est de notre responsabilité à tous que Église soit plus vivante »
Si elle se réjouit de l’accueil globalement positif réservé au leadership laïc et féminin et des évolutions dans l’église, elle reconnait des maladresses de départ lors de sa prise de fonction
Sur la conciliation entre sa vie privée et sa mission
« La mission peut s’adapter à notre vie de famille »
C’est à la suite d’un choix de couple qu’elle a accepté sa mission.
Un choix qui a transformé les rôles à la maison.
Très disponible pour sa mission, elle n’a pas fait une croix sur sa vie de famille, qui reste sa première vocation.
Sur le risque d’épuisement
« Quand un responsable nomme sa vulnérabilité, cela libère la parole des autres et cela construit un climat de confiance»
Comme psychologue de formation, elle s’inquiète du risque d’épuisement pesant sur les prêtres et celles et ceux qui vouent une disponibilité totale à leur mission. Elle plaide pour le respect d’une saine distance avec son travail et pour la délégation quand celle-ci est possible.
Le mot de la fin ?
« L’évolution vers une église synodales est en marche »
« C’est un travail de tous les jours d’apprendre à travailler ensemble. Dans l’accueil et le respect des différences » déclare-t-elle. Pour elle, c’est aussi un beau et stimulant défi que d’être ensemble le corps du Christ. « Un défi que notre archevêque invite aussi à relever en répondant aux questions du document préparatoire à sa lettre pastorale » conclut-elle.





