Le saviez-vous ? Ce 28 juillet, à l’invitation du pape François, nous fêtons les grands-parents et les personnes âgées. Aussi, Véronique, notre bibliothécaire, votre offre sa pépite du mois : La vieillesse un émerveillement, de Guy Gilbert.
Un livre pour ce mois de juillet
Ce 28 juillet, nous célébrons la IVe journée mondiale des Grands-Parents et des Personnes Âgées. En instaurant cette journée il y a 4 ans, le pape François voulait valoriser les charismes de nos aînés, ainsi que leur contribution à la vie de l’Église, tout en favorisant les liens intergénérationnels. Cette année, cette journée s’inspire plus particulièrement des paroles du Psaume 71 : « Dans ma vieillesse, ne m’abandonne pas » (cf. Ps 71, 9), paroles qui soulignent la solitude qui accompagne malheureusement la vie de nombreuses personnes âgées, souvent victimes de la culture du rejet. Alors, comment fêter dignement cette journée ? Ecoutons les sages conseils d’un vieux monsieur pour aimer nos grands-parents comme il se doit…
Extrait de La vieillesse un émerveillement
« Toi, jeune, comment apprivoiser tes grands-parents ? »
D’accord, ils ont des dentiers plein la bouche ? Ils perdent parfois leurs tibias. Leur mémoire fout le camp par moments. Ils radotent. Ils sont maniaques. Ils ne sont pas speed. N’oublie pas : ils avancent au rythme de leurs rhumatismes, de leur lumbago, de leurs insomnies ou de leur passé, souvent durement vécu.
Apprends à les aimer comme ils sont.
Si tu prends le temps de t’y intéresser, tu découvriras en eux une jeunesse étonnante, une innocence que les années n’ont pas émoussée.
Leur expérience, dont tu crois te foutre complètement, t’apparaîtra un jour, si tu te donnes la peine de les écouter, riche d’un vécu qui te permettra de ne pas trébucher sur les obstacles qu’ils ont franchis et que tu rencontreras.
Ils te raconteront souvent les mêmes histoires, ce qui a marqué leur vie… Ecoute inlassablement. Et surtout, écoute leur silence. Leur vie a été faite de grandes joies et souvent de bien des souffrances. Parfois ils tairont ce qui a été trop dur. Leurs secrets, lourds pour eux, seront allégés par ton silence aimant. Ils apprécieront immensément ce que ta jeunesse leur apporte, toi qui es un torrent et qui sais aussi la fermer.
Ne te comporte jamais chez eux en pays conquis. Ils adorent recevoir et ils ont un paquet de manies qui exige de toi d’éviter tel verre de cristal, de mettre les chaussons dont tu as horreur, de sortir leur vieux chien chéri que tu détestes.
Enfin, compose avec eux. […] Ne leur parle pas de tes musiques préférées… Quand ils vont entendre les titres des groupes que tu aimes : Satanas, Scorpions, Les Diables, les Anges de la Mort ou Destroy, ils vont faire des cauchemars. Déjà qu’ils ont de la peine à s’endormir, n’abrège pas leur nuit. Évite évidemment de mettre chez eux et à fond la caisse tes morceaux préférés. Parce que là, même leur chien risque d’avoir une attaque ! […]
Les mille petites choses qu’ils ne peuvent plus accomplir, tu t’en chargeras avec amour. En essayant d’imaginer que, dans soixante ans, toi aussi tu auras la joie de voir tes petits-enfants marcher à ton pas.
Un simple cadeau de temps à autre, illuminé de ton sourire, les remplira de joie. Tu sais, les vieux, on les repousse. Les hospices sont remplis à ras bord de grands-parents dont plus personne ne veut. Si c’est là qu’ils ont échoué, visite-les avec constance. Ils sont, à notre époque, parmi les plus démunis. Ils ont tout bâti, tout donné. On leur offre la solitude, la misère affective, […]. Aime-les bien comme ils sont. Leurs dernières saisons en seront illuminées.
Les anciens sont très importants parce qu’ils sont la sagesse, ce sont des oreilles et des cœurs, et ça, c’est merveilleux. Et puis, n’oublie pas ceci : […] Ils ont besoin de voir ta jeunesse. […] Si tu peux, va les voir, écris-leur, téléphone-leur. Ça sera un sourire magnifique dans leur journée et ils sauront qu’ils comptent pour toi. Les oncles et tantes, c’est chouette aussi, mais va d’abord au cœur de ton histoire. Ton histoire humaine, c’est d’abord tes parents et tes grands-parents. Ces derniers sont parmi les plus beaux cœurs qui existent dans l’humanité. »
L’avis de la bibliothécaire
Cet extrait est tiré du livre La vieillesse, un émerveillement de Guy Gilbert (Ed. Philippe Ray, Paris, 2011, pp.51-54).
Guy Gilbert n’est plus à présenter. Tout le monde connaît son humour décapant et son franc parler (à l’écrit comme à l’oral) qui interpelle si bien les jeunes et va à l’essentiel. Ce ne sont pas moins de 40 ouvrages que nous avons de lui à la Bibliothèque, dont le dernier en date s’intitule Mille conseils d’un vieux hibou pour réussir sa vie (2021). Ici, l’extrait est tiré d’un tout petit ouvrage écrit dix ans plus tôt qui parle à merveille de la vieillesse. Il est empruntable à la Bibliothèque du Vicariat [lien vers horaires] dès sa réouverture le 20 août. Attention, à partir du 1er septembre, les horaires sont modifiés, avec une ouverture jusqu’à 17h le mardi mais également la possibilité de venir sur rendez-vous tous les autres jours de la semaine. Belles lectures et à très bientôt !

Pour aller plus loin
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