La COP30 s’est terminée le 21 novembre dernier avec des résultats peu encourageants au niveau officiel. La bonne nouvelle, c’est que le OFF de la COP donne beaucoup à espérer! Françoise Huybrechts nous explique.
De Rome à Belem : un fleuve d’espérance pour notre maison commune
On ne peut que déplorer les résultats décevants de la COP30. La conférence soulevait des attentes fortes, et en particulier celles portées par l’Eglise (voir l’article : COP30 : quel cap pour les cathos).
Par exemple, la suppression de toute référence à l’élimination progressive des énergies fossiles laisse un grand vide …
Dans les médias, la préoccupation pour la maison commune ne fait plus la une. L’actualité nous renvoie aux préoccupations actuelles : guerres, querelles politiques, budgets douloureux pour les projets sociaux, culturels ou environnementaux…
Pourtant il nous faut relever les paroles, gestes et engagements qui se jouent à la marge de la COP30 !
Et si l’Eglise, aux côtés de nombreux autres mouvements spirituels et associatifs, avait lancé un mouvement qui a fait ruisseler l’espérance de Rome au Brésil? Voyons cela plus en détails.
Des paroles fortes à Rome le 1er octobre 
Le 3 octobre à Rome, le Mouvement Laudato Si a célébré l’anniversaire des 10 ans de l’encyclique Laudato Si. Ce rassemblement intitulé « Raising Hope for climate justice » a rassemblé divers orateurs en présence du pape Léon XIV. Ce dernier y a délivré une exhortation encourageante :
Retourner au cœur
Ce n’est qu’en retournant au cœur qu’une véritable conversion écologique peut avoir lieu. Nous devons passer de la collecte de données à la prise en charge, et du discours environnemental à une conversion écologique qui transforme les modes de vie tant personnels que collectifs. Pour les croyants, cette conversion n’est en fait pas différente de celle qui nous oriente vers le Dieu vivant. Nous ne pouvons pas aimer Dieu, que nous ne voyons pas, tout en méprisant ses créatures. Nous ne pouvons pas non plus nous dire disciples de Jésus-Christ sans partager sa vision de la Création et son souci de tout ce qui est fragile et blessé.
Être porteur d’espérance
Chers amis, que votre foi vous inspire d’être porteurs de l’espérance qui vient de ce que l’on reconnaît la présence de Dieu déjà à l’œuvre dans l’histoire.
Une question
Dieu nous demandera si nous avons cultivé et pris soin du monde qu’il a créé (cf. Gn 2, 15), pour le bien de tous et des générations futures, et si nous avons pris soin de nos frères et sœurs (cf. Gn 4, 9; Jn 13, 34). Quelle sera notre réponse?
Pour retrouver le texte dans son intégralité c’est ici
Des gestes symboliques : 
Durant cette conférence à Rome, de l’eau apportée des quatre coins du monde a été déversée dans un récipient commun appelé ‘Bol de larmes’.
Il s’agit du symbole de l’eau partagée par tous. Elle est le signe de notre compassion pour les glaciers qui fondent ou les rivières polluées. Un bloc de glace détaché de la calotte glaciaire du Groenland fondait doucement sur le podium.
Le pape Léon XIII a ensuite béni l’eau du bol, le bloc de glace et tous les participants. Il a invité chacun à passer des larmes à l’espoir et de la douleur à l’action.
Puis, cette eau bénite a été emportée par les uns et les autres dans leur pays respectif et à Belem en vue de la COP30 !
Pour matérialiser cette eau qui nous unit, un tissu en soie bleu de 40 m de long a été déployé dans l’assemblée à partir du podium. Il a été emporté dans les bagages à destination du Brésil ! Un puissant fleuve d’espérance parcourt ainsi la terre…
Plus d’infos ici
Une représentation catholique à la COP inédite :
elle ne passe pas inaperçue !

Le Mouvement Laudato Si (MLS) a rejoint une forte présence catholique à la COP dont 8 cardinaux, 39 évêques, de nombreuses congrégations religieuses, une quarantaine d’ONG catholiques, … La spiritualité a marqué les esprits, comme le rapporte le MLS dans son rapport :
Pour la première fois lors d’une COP, on avait le sentiment que les négociateurs et les observateurs étaient prêts à écouter et à prendre au sérieux la sagesse des communautés religieuses.
Et partout où le MLS allait, la Rivière de l’espérance (le tissu de soie bleue) devenait un aimant. Négociateurs, militants, jeunes, chefs autochtones et religieuses se rassemblaient autour d’elle. À un moment particulièrement marquant, l’équipe a déployé la rivière dans le couloir principal à l’extérieur de la salle de négociation pendant une interview télévisée en direct. Des chants spontanés ont rempli l’espace, ce qui a failli coûter à l’équipe ses badges de l’ONU, mais qui a magnifiquement fait écho à l’invitation du pape François dans Laudato Si’ : « Marchons en chantant ! »
Pour découvrir une réflexion plus complète du mouvement Laudato Si sur la COP c’est ici
Le message du pape en direct à la COP
Le cardinal Parolin a lu le message du pape adressé aux participants de la COP : « Si tu veux construire la paix, protège la création. » Le pape invite à embrasser avec courage cette ‘conversion écologique’ en gardant à l’esprit le visage humain de la crise écologique.
« Dans un monde qui brûle, tant en raison du réchauffement terrestre qu’en raison des conflits armés» [2], cette Conférence devrait devenir un signe d’espérance, grâce au respect manifesté pour les opinions des autres dans l’effort commun en vue de chercher un langage commun et un consensus, tout en mettant de côté les intérêts égoïstes, et en gardant à l’esprit la responsabilité que nous avons les uns envers les autres et envers les générations futures.”
La foi en action : les communautés religieuses prennent les devants là où les gouvernements sont à la traîne
62 institutions ont annoncé leur engagement à désinvestir des énergies fossiles.
Le cardinal Augusto Paolo Lojudice s’exprime en ces termes : « désinvestir des énergies fossiles devient une expression moderne de l’Évangile, un signe vivant d’amour pour la création et de solidarité avec ceux qui souffrent des effets de la dégradation de l’environnement »
Lorna Gold, directrice exécutive du Mouvement Laudato Si’, célèbre ce moment historique :
« Alors que les gouvernements continuent de manquer à leurs obligations, il est extrêmement encourageant de voir les groupes confessionnels prendre les devants. »
En effet, les institutions religieuses sont devenues des pionnières du changement. Plus de 1 700 organisations confessionnelles à travers le monde se sont engagées à désinvestir, ce qui représente des milliards d’actifs réorientés vers les énergies propres et le développement durable.
Les communautés religieuses montrent à quoi ressemble concrètement la conversion écologique : un passage de la prière à la politique, et des paroles au témoignage. »
Pour découvrir ces engagements, c’est ici ou ici
Une démarche d’Eglise à poursuivre : les contributions déterminées des peuples !
Les pays apportent à la COP leurs promesses d’engagements : les Contributions Déterminées au niveau des Nations (CDN). Un appel mondial a été lancé lors de la conférence « Susciter l’espérance » à Rome début octobre : il s’agit des Contributions Déterminées du Peuple (PDC), des engagements vivants portés par des communautés, des familles, des paroisses, des écoles… Le MLS a remis à la présidence de la COP, déjà plus de 2000 engagements pris par des communautés du monde entier.
Et nous, quels engagements allons-nous prendre à notre échelle ?
En famille, en communauté, en paroisse, nous pouvons aussi rajouter nos contributions déterminées !
Nous pouvons interpeller et communiquer en partageant la vidéo officielle sur les réseaux sociaux et montrer au monde que l’espérance est bien vivante.
Ajoutons nos voix et actions sur raisinghope.earth/fr/action-2/
Avançons ensemble !
« Marchons en chantant ! Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance. » LS 244
Pour aller plus loin
Et si vous désirez avoir des retours de participants belges à la COP, rendez-vous le 11 décembre au Forum Saint Michel pour écouter Gaël Giraud, Nicolas Bormann et Filipe Martins sj. : COP 30 – Qu’en retenir ? – Forum Saint-Michel
Le service écologie intégrale est à votre disposition. ecologie.integrale@bwcatho.be




