L’événement rassemble tous les ans plus de 45000 participants dans la capitale… Ce dimanche, ce sera la 45e édition…
Vous l’avez deviné ?
Il s’agit des 20 kms de Bruxelles qui ont eu lieu pour la première fois en 1980. Mais qu’est-ce qui motive annuellement les nombreux participants à cette course ? Car tous ne pourront pas « entrer dans la légende » comme le stipule pourtant le site internet www.20kmdebruxelles.be. Qu’est-ce qui donne l’énergie à ces 45000 coureurs ou marcheurs, dont certain se sont de surcroît inscrits comme accompagnateurs d’une personne à mobilité réduite ? Mettons-nous dans la peau d’un marathonien le temps d’un extrait…
Extraits
« Le souffle se fait court… Je cherche ma respiration… Ça bloque, je peine…
Quelle étrange sensation, cette inspiration qui peine à trouver le chemin pour accueillir à plein poumon le souffle vital ! Je ne peux tenir le rythme, je perds en vitesse, les jambes se font lourdes. La fatigue. Ralentis, tranquille, respire, accueille, lève la tête ! Regarde ! Oui, la route est là devant moi, chaque pas est une victoire, une étape vers un but qui semble encore loin. Qu’importe, c’est le pas suivant qui compte. Alles, une foulée après l’autre…
Miracle, l’air passe mieux, le souffle revient, le rythme se fait plus souple, la foulée plus déliée. Qu’importe la vitesse, qu’importe les kilomètres, qu’importe le temps que tu feras. Va, respire, cours !
Cours pour tous ceux qui sont à bout de souffle. Cours pour tous ceux qui luttent, qui peinent à mettre un pied devant l’autre, à tenir debout. Cours pour ceux qui n’ont plus la force de lever le regard vers l’horizon de cette route qui se déroule, interminable, devant nous.
Je cours avec et pour toutes celles et ceux que je porte en moi. Curieusement, ensemble, le souffle se fait plus large, il se dilate, il devient chemin et communion. Ensemble…
L’effort semble solitaire : ma respiration, ma foulée, mon effort, mon objectif… Pourtant, au creux de moi-même sont rassemblés tous ceux que j’aime, frères, sœurs, amis… Ces relations qui donnent du goût et même du sens à mon quotidien. A ce moment précis, ils courent avec moi, ils courent en moi, je cours pour eux… Ensemble nous respirons, nous aspirons au souffle de la Vie.
Je cours vers Sainte-Marie-des-Anges à Assise. Marie est là, au bout du chemin, Marie qui a couru sur les routes de Palestine poussée par celui qu’elle portait en elle, son fils qui s’appellera lui-même « le chemin », portée par cette joie qui ne peut se contenir, qui la lance sur les routes à la rencontre d’Elisabeth… Ma course se met à l’unisson de cette joie, un élan nouveau par Marie me met en mouvement, m’arrache au sol, m’offre une soudaine légèreté, un paradoxal mélange de légèreté et d’enracinement dans la terre, cet humus que je foule, solide, porteur.
Je cours la Corsa di Miguel, la Via Pacis… Beaucoup de ces courses soutiennent de nobles causes, la solidarité, l’engagement pour la paix, le dialogue, l’inclusion. Elles ne sont pas des prétextes pour prendre le départ, elles sont des vrais détonateurs en moi, elles me poussent en avant… Je cours et je médite sur ces défis auxquels l’humanité est confrontée. Devant moi, autour de moi un long ruban multicolore, fleuve coloré que nous formons tous ensemble… Je me mets à rêver, je prie, j’offre à Dieu chacun de mes pas unis à tous ceux de mes frères et sœurs pour que la paix puisse colorer ainsi les routes du monde, serpenter, sauter, courir et ouvrir les chemins du monde, franchir les frontières et permettre à la vie de passer.
Je cours et mon cœur bat, pulse au rythme de mes pas, au rythme d’une vie qui n’attend pas, qui appelle, qui crie, qui souffre, qui espère, qui jubile, qui rit. Une vie à vivre en avant, en mouvement, en élan, en allant »
Le livre et l’auteur
Cet extrait est tiré du livre Respire avec le souffle de Dieu de Marie-Théo Manaud (Ed. du Cerf, Paris, 2024, pp.7-10).
L’auteur, Marie-Laure Puybareau-Manaud, est née en France mais cela fait plus de 30 ans qu’elle est devenue Sœur Marie-Théo dans la congrégation romaine de Saint-Dominique à Rome. Plus étonnant, elle est également membre de l’Athletica Vaticana, l’équipe sportive du Vatican. La course de fond accompagne sa vie spirituelle et quotidienne et devient un instrument de prédication. Ainsi, elle témoigne notamment pour le carême en ce début d’année 2025 (www.caremedanslaville.org/predicateur/271). N’hésitez pas à découvrir les enseignements de cette sœur atypique sur la toile mais aussi son livre dont je vous ai partagé les premières lignes et dont l’intégralité se trouve à la Bibliothèque du Vicariat. Et pour les plus courageux, pourquoi ne pas offrir votre prestation sportive à une cause qui vous tient à cœur ? Pourquoi ne pas mettre chacun de vos pas dans ceux du Christ et partager ainsi le souffle de Dieu ?
La bibliothécaire







