Fin janvier 2024, Georges Bouchez est parti à la retraite. Il a été responsable du nouveau service Tous Disciples en Mission dès sa création en octobre 2020.
Pour nous, il revient sur ces trois riches années à susciter une attitude de disciple-missionnaire dans le Brabant wallon. Il donne en outre quelques pistes pour garder la flamme du disciple-missionnaire bien vivante.
Petit historique du Service Tous Disciples en Mission
A l’approche de sa retraite épiscopale, Mgr Hudsyn a sollicité son conseil vicarial en 2018 pour savoir quelle devait être la priorité pastorale des cinq dernières années de son épiscopat. Après réflexion, la question de la mission a émergé.
Le Vicariat du Brabant wallon s’est donc engagé dans un processus synodal pour réfléchir, avec tous les chrétiens du Bw, à ce que devait être la mission.
Au terme de cette réflexion, Mgr Hudsyn a publié plusieurs documents :
- 21 août 2018: Lettre pastorale de Mgr. Hudsyn: Tous disciples en mission – L’audace d’une conversion.
- 21 Janvier 2020: Lettre pastorale de Mgr. Hudsyn pour proposer des orientations, des suggestions et des bonnes pratiques: “Défrichons des champs nouveaux: huit priorités pastorales”.
- Septembre 2020: publication du document: “ Vers une conversion pastorale et missionnaires: outils, ressources et bonnes pratiques.”
Il a en outre définit huit priorités pastorales et transformé le service Evangélisation en service Tous Disciples en Mission. Georges Bouchez a été mandaté pour animer cette pastorale.
Georges, comment définirais-tu les objectifs du service Tous Disciples en Mission ?
La vision du service était de veiller à accompagner et aider les services pastoraux et les communautés locales (paroisses et unités pastorales ) dans l’évangélisation des personnes dans notre Brabant wallon. Ainsi nous contribuons à conduire ces personnes dans cette relation personnelle à Jésus Christ ressuscité qui est le cœur de notre foi.
Ce qui se traduit, de manière concrète, par l’écoute et l’accompagnement des services et communautés locales afin qu’ils deviennent encore plus missionnaires. Ma mission consistait à être veilleur et éveilleur. On peut déployer cette mission en deux parties:
- Aider à rendre notre pastorale plus évangélique (ad intra)
- Aider à devenir de plus en plus une Eglise en sortie (ad extra)
Avec l’aide et l’accompagnement du chanoine Eric Mattheeuws et de Rebecca Charlier, j’étais envoyé surtout là où des besoins se faisaient sentir et pour suivre des projets demandés.
Ce qui était clé au quotidien, c’est l’écoute. L’écoute active aide les communautés à discerner par elle-même la direction dans laquelle elles vont aller.
Mon apport consistait aussi à témoigner de ce que j’avais découvert ailleurs comme savoir-faire et savoir être correspondant aux besoins que je percevais.
J’accompagnais des projets uniquement si on me le demandait explicitement.
Qu’est-ce que tu retiens de ces trois ans de mission ?
Je retiens beaucoup de choses de cette mission. Je vais en citer trois. Tout d’abord, la joie devant le foisonnement de belles initiatives locales. Ensuite, j’ai beaucoup apprécié la collaboration avec Eric Mattheeus et Rebecca Alsberge, adjoints de Mgr Hudsyn. Enfin, je suis heureux que le COVID ait suscité de nombreuses innovations, notamment en matière de solidarité et de relation entre les personnes. Cet élan a perduré dans plusieurs communautés.
Cette mission n’a probablement pas été facile tous les jours. Quelles difficultés as-tu rencontrées ?
Je dirais que la principale difficulté que j’ai rencontrée, c’est la résistance au changement. J’ai régulièrement entendu la phrase : « On a toujours fait comme ça. »
Quand les personnes et les équipes sont ouvertes au changement, il manque parfois une bonne compréhension de ce qu’est la dynamique missionnaire. Pourtant, Paul VI affirmait déjà l’importance de l’annonce de l’évangile dans la vie du chrétien. Dans son exhortation apostolique Evangeli Nutiandi, il affirme que c’est même la mission principale de l’Église.
« Évangéliser est en effet la grâce et la mission propre de l’Église, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser». Evangeli Nutiandi, §32.
Parfois, c’est la vision globale qui peut faire défaut. Vers où voulons-nous aller ? Comment allons-nous y aller ? Qu’allons-nous mettre en place ? En effet, la mission est une attitude qui est transversale et qui se retrouve dans tous les aspects de la vie personnelle et ecclésiale.
J’ai régulièrement entendu des personnes qui se sentaient débordées par les différents projets, au niveau de la paroisse, de l’unité pastorale, du Vicariat. Elles percevaient parfois la mission comme un projet supplémentaire, alors qu’il s’agit en fait de regarder comment, dans chacune des initiatives menées au niveau local, la mission est prise en compte.
Ensuite, comme dans n’importe quel groupe de personnes, il y a parfois des tensions dans les équipes, à tous les niveaux. Ces difficultés relationnelles sont un véritable frein à la dimension évangélique et missionnaire des chrétiens.
Que recommandes-tu alors ?
A mon sens, il faut beaucoup plus imaginer et mettre en place des processus, plutôt que d’organiser uniquement des événements. En effet, « Le temps est supérieur à l’espace » dit l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Les initiatives plus longues dans le temps, les parcours, permettent de mieux ancrer l’expérience de foi. On peut citer par exemple les parcours Alpha ou les fraternités paroissiales missionnaires.
« Donner la priorité au temps, c’est s’occuper d’initier des processus plutôt que de posséder des espaces » Evangelii Gaudium §223
Je pense qu’il faut aussi toujours travailler sur les relations entre personnes, entre équipes… Des compétences en écoute active et en gestion de conflit sont primordiales pour faire grandir la confiance et la vraie collaboration. Cependant, déjà en apprenant à se connaître et à connaître les charismes de chacun, on peut envoyer les personnes là où elles ont véritablement un appel, un don à apporter.
Une autre piste pour « une Église en sortie » (Evangelii Gaudium, § 20 à 24) pour les communautés locales et les services pastoraux est d’aller d’abord rejoindre des projets existants plutôt que d’en créer de nouveaux, de travailler avec d’autres services, d’autres diocèses, d’autres acteurs, chrétiens ou non.
Et pour la suite ?
La mission du service Tous Disciples en Mission était transversale. C’est-à-dire que son contenu touchait aux différents axes de travail des services du Vicariat et des unités pastorales. Le travail d’accompagnement et de mise en lumière de projets innovants va donc tout naturellement être repris par le Vicariat dans son ensemble. Le service Tous Disciples en Mission va lui cesser d’exister. 
L’ancien site Tous Disciples n’existe plus. Son contenu a été migré sur le site du Vicariat du Brabant wallon. Si vous souhaitez être tenu au courant des différentes initiatives en Brabant wallon, n’hésitez pas à consulter le site du vicariat et à vous inscrire à la newsletter mensuelle.
Merci à Georges Bouchez pour son travail inlassable pour encourager les catholiques du Brabant wallon à devenir de véritables disciples-missionnaires.
La bibliographie de base pour être un disciple-missionnaire :
- Evangelii Gaudium
- Fratelli tuti
- Laudato si et Laudate Deum
- Changer: guide pratique et passionné pour des paroisses transformées.
- Ezéchiel 37: Guide pour rebooster nos paroisses
- Manuel de survie pour les paroisses
- Réveillez votre paroisse
- Un renouveau au-delà de la paroisse
Quelques sites de ressources :
- Ecclesia lab de l’UCL
- transformationpastorale.fr
- https://congresmission.com
- https://eglise.catholique.fr
Retrouvez les projets recensés par priorité pastorale :
- Rendre visible l’amour de Dieu
- Ecouter ensemble la Parole de Dieu
- Ouvrir des espaces d’accueil et d’écoute
- Célébrations pour tous
- Églises ouvertes
- Connaître et rendre compte de notre foi
- Solidarité à la suite du Christ
- Avenir de notre maison commune






