Le sacrement de réconciliation en temps de confinement

Un texte de l'abbé Eric Mattheeuws

Le sacrement de réconciliation en temps de confinement


Le temps de conversion qu’est le Carême est pour les chrétiens l’occasion de se préparer à célébrer Pâques en vivant entre autres le sacrement de réconciliation. Que faire quand on est malade ou confiné ?

« Je sais qu’à l’occasion de Pâques, beaucoup d’entre vous allez vous confesser pour retrouver Dieu », a dit le pape le 20 mars dernier. « Mais nombreux me diront aujourd’hui : “Mais, père, où puis-je trouver un prêtre, un confesseur, puisque je ne peux pas sortir de chez moi ? Et je veux faire la paix avec le Seigneur, je veux qu’il m’embrasse, que mon papa m’embrasse… Comment faire sans prêtre ?” » « Fais ce que dit le Catéchisme », a-t-il répondu : « C’est très clair : si tu ne trouves pas de prêtre pour te confesser, parle avec Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité : “Seigneur, j’ai manigancé ceci, cela, cela…. pardon”, et demande-lui pardon de tout ton cœur, avec l’Acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant”. Et tu reviendras immédiatement dans la grâce de Dieu. »

La Tradition de l’Église prévoit depuis toujours que le caractère central des sacrements dans la vie chrétienne ne peut pas devenir un obstacle à cette vie. Ainsi, si des circonstances empêchent d’accéder aux sacrements, la grâce qu’ils offrent doit être considérée comme disponible par une autre voie, le temps qu’il faut. On peut alors s’étonner que le pape ajoute : « Je me confesserai plus tard ». Pourquoi donc, si le pardon de Dieu a été reçu ? La première raison est que mon intention de vivre le sacrement de réconciliation quand ce sera possible manifeste justement mon désir de m’ouvrir pleinement à la grâce de Dieu qui y est donnée. Il y a une seconde raison : ce que nous vivons dans les sacrements n’est jamais une affaire purement individuelle ou privée. Le pardon que je reçois de Dieu dans la confession ne concerne pas que moi tout seul, il est un acte ecclésial, par lequel je refais pleinement corps avec le Corps du Christ qu’est son Église. Dès lors, même si j’ai vraiment reçu dans ma prière le pardon de Dieu, ce que le pape affirme bien, je m’ouvre cependant à toutes les dimensions de ce don au moment où, même plus tard, j’accueille sacramentellement ce pardon.

Ainsi donc, conclut le pape, « tu peux t’approcher toi-même du pardon de Dieu, comme l’enseigne le Catéchisme, sans avoir de prêtre sous la main… Trouve le moment juste, le bon moment. » Entendons l’invitation du Seigneur à nous arrêter, à nous approcher de lui, à dédier un moment de prière à la reconnaissance lucide et confiante de nos péchés. Appuyons-nous sur la Parole de Dieu. Et rendons grâce au Seigneur qui nous fait miséricorde et rend notre âme à la vie.

Eric Mattheeuws
 

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