L’Église en 2030, quelles espérances ? - Écho

Ce mardi 29 janvier 2019, 328 personnes ont participé à la journée de formation pastorale annuelle interdiocésaine, organisée par la faculté de théologie de l’UCLouvain et les services de formation permanente des diocèses francophones.

Pour cette 25ème édition, la journée portait sur l’avenir de l’Église : « L’Église, une minorité signifiante, espérances pour 2030 ». Le titre de la journée a structuré les interventions.

Pourquoi minorité ?
C’est le professeur Christoph Theobald, sj, professeur au Centre Sèvres (Paris), qui a ouvert la réflexion, sur l’Église d’aujourd’hui. Le fait que l’Église soit présentée comme une minorité est à la fois une banalité -devant le nombre de pratiquants à la messe du dimanche- mais n’est pas une évidence dans les mentalités. C’est pourtant une réalité, ce qui ne veut pas dire que l’Église doit devenir un ghetto avec un fief d’idées et de rites qu’elle conserverait ou qu’elle doit prendre le statut de victime.
Elle est invitée à être, comme le relevait le professeur Henri Derroitte citant Benoit XVI, ’une minorité créative’
Cette situation minoritaire est donc une opportunité nouvelle et passionnante.

Pourquoi ‘signifiante’ ?

"Signifiante" met l’accent sur le fait que l’Église ne doit pas se replier sur elle-même mais qu’elle doit porter un message qui ait du sens à la société actuelle. Nous sommes passés d’une société de chrétienté à une société où l’Église est une option parmi d’autres : l’Église doit donc redécouvrir les lieux où elle peut venir, consentir à une posture d’humilité en osant demander l’hospitalité, et accueillir les défis qui lui sont lancés aujourd’hui : par exemple, l’accueil des réfugiés, les demandes de sacrements de personnes au parcours très divers.
Christoph Theobald a relevé l’apport du concile Vatican II dans la prise de conscience d’une Église qui est, par nature, missionnaire. Dans l’annonce de l’Évangile (comme ‘bonté nouvelle toujours nouvelle’), il faut autant soigner le témoignage de ceux qui portent ce message (‘authenticité’) qu’écouter ceux qui le reçoivent et qui ont eux aussi quelque chose à donner à leur tour à l’Église : leur manière de vivre l’évangile enrichit l’Église elle-même. Le professeur soulignait que, dans l’Évangile, on peut distinguer ceux qui ont la foi ‘élémentaire’, (ceux qui sont guéris par exemple et dont on ne sait pas ce qu’ils font ensuite) et ceux qui ont la foi ‘christique’ : ils suivent le Christ, entrent dans son intimité par la prière et vivent un ministère de présence auprès des autres.

Pourquoi 2030 ?
La perspective de 2030 a été choisie car elle est proche… La plupart des participants à cette journée sera encore engagée dans l’Église !

Quelles espérances ?
Les professeurs Christoph Theobald et Henri Derroite ont invité à porter un regard prospectif, partant de la non signifiance actuelle (ou peu) à ce qui pourrait en donner davantage. Il s’agit d’entrer dans une nouvelle culture ecclésiale, « quitter le ‘on a toujours fait comme cela’ » indique le Prof. Derroitte.

Le père Theobald développe plusieurs fondements. Parmi eux, ‘bâtir une Église sur ce qui est effectivement donné’ : le repérage des charismes de chacun, le fait de demander et d’accorder l’hospitalité, le passage à la synodalité dans les réflexions pastorales. Il invite à réfléchir sur les ministères : ‘de quel ministère presbytéral et diaconal, voire de quels ministères avons nous besoin pour avoir des communautés résolument missionnaires ?’ il souligne aussi l’importance de la rencontre des contemporains à l’image de Jésus dans la « Galilée des nations », vivre la gratuité de la présence avec les autres comme nous le vivons lors de l’eucharistie auprès du Christ.

Ces perspectives ont été alimentées par des exemples concrets : la gestion des bâtiments-église par Eric de Beukelaer, des situations pastorales où la rencontre des non habitués s’est faite (exemple : un repas de Noël, la préparation au mariage, l’organisation d’un week-end annuel pour couples) par Eric Mattheeuws (exposé en podcast) ; le synode des familles à Tournai par Alix Tumba qui s’est fait avec un public ciblé réellement nouveau. Tout commence maintenant, a-t-elle conclu, pour mettre en œuvre les des réponses aux attentes exprimées par des familles très variées.

Au terme de cette journée, chacun est finalement invité à espérer activement, à mettre en question ses pratiques, à "distinguer ce qui n’est pas à abandonner pour sauver l’essentiel et à abandonner ce qui n’est pas l’essentiel pour sauvegarder le tout".
Des participants ont témoigné de l’apport de cette journée stimulante, voici quelques extraits.

Elisabeth Dehorter

"L’Eglise en 2030" : conclusions de Christoph Theobald

Intervention de Christoph Theobald

 

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