Internet ouvre-t-il vraiment sur le monde ?

30.000 milliards de pages indexées par Google et 3.3 milliards de requêtes par jour ! Internet donne le tournis quand il s’agit de chiffrer son activité. Nombre de réseaux sociaux y ont fait leur niche parmi lesquels Facebook, WhatsApp, Instagram, Twitter, Snapchat, Tinder avec chacun son offre spécifique. Ces réseaux encouragent-ils l’ouverture ou l’entre-soi ? Eléments de réponse.

Identités multiples

Lors de la conférence « Réseaux sociaux et rapports humains » organisée par EsP’R ce 26 septembre à Gentinnes, le Professeur Renard (UCL, Social Media Lab) nous a présenté un diagramme de Dominique Cardon (ci-dessous)[i], sociologue, proposant une typologie des identités numériques, selon qu’elles soient dans l’être ou le faire (axe horizontal), dans le réel ou le projeté (axe vertical). Une approche intéressante pour catégoriser chaque réseau social.

Diagramme de Dominique Cardon


Ce diagramme définit quatre grandes catégories identitaires, explique le Professeur Renard : l’identité narrative qui décrit ce que l’on projette de soi (comme sur Facebook), l’identité agissante qui partage du contenu et se soucie de la réputation (comme sur Twitter), l’identité virtuelle qui est la représentation de ce que l’on veut être (comme sur Second Life) et l’identité civile qui s’inscrit dans des rencontres et partage des données réelles (comme sur Meetic). Une tendance intéressante à relever ici est que finalement, la version numérique d’une personne ressemble fort à sa version réelle.

Données, c’est donné !

Le point commun de ces réseaux sociaux, gratuits pour l’utilisateur, reste le modèle économique qui le sous-tend. Stocker les données générées par l’utilisation de ces réseaux a un coût assuré par les publicités placées sur les pages consultées. Ces publicités sont ciblées en fonction du profil de l’internaute construit au fil de la collecte de ses données. Celles qu’il donne en toute conscience et celles… qu’on lui subtilise (observations comportementales, métadonnées)[ii].


Chacun dans sa bulle

Internet est une porte ouverte sur un monde riche et vaste où les communautés les plus diverses se côtoient… ou pas. Car les algorithmes veillent à ce que l’internaute ne voit que du semblable. C’est la problématique des bulles filtrantes, de l’entre-soi. Internet se voulait un projet d’ouverture sur le monde mais dans les faits, les algorithmes nous enferment en ne nous proposant que « du même ». Bien sûr, il est possible d’accéder à d’autres communautés numériques mais y entrer est une autre paire de manches. Un peu comme dans la vraie vie : si on n’a pas les codes, ce n’est pas facile.

En-ligne vs hors-ligne ?

Le Professeur Renard ajoute qu’il y a au fond peu de différences entre la vie hors-ligne et la vie en ligne en termes de rapports humains, de groupes d’appartenance, d’expression identitaire. Finalement, les algorithmes ne jouent-ils pas le rôle des stéréotypes et clichés qui nous habitent ? L’idéal, comme le relève Eli Pariser[iii], serait de développer ces algorithmes de sorte qu’ils permettent la surprise, la découverte, l’inconfortable et tout ce qui définit en somme la richesse de notre Société, dans toutes ses différences.

Sandrine

Prochaine conférence avec le Professeur Jean-Pascal van Ypersele, climatologue, le 28/11/2019 à Gentinnes.

Prochaine conférence le 28 novembre avec le Professeur Jean-Pascal van Ypersele, climatologue

 

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