Homélie du mercredi des Cendres

Durant ce Carême, Mgr Jean-Luc Hudsyn nous invite à "retrouver la cohérence de notre baptême, la beauté de cette vocation, la joie de vivre au quotidien comme les chargés de mission du Seigneur, comme des ambassadeurs du Christ, dit S. Paul". Voici son homélie.

Durant ce temps de carême qui commence aujourd’hui, l’Eglise prend au sérieux cet appel de S. Paul : « Voici maintenant le temps favorable », voici ce temps de grâce qui nous est donné pour revenir au Seigneur de tout notre cœur.

Donner à notre relation au Seigneur une nouvelle fraîcheur. Gagner en intensité et en authenticité. Le prophète Joël nous confronte à cette provocation qu’il entend autour de lui : « Où donc est leur Dieu ? ». En ce temps d’épreuve pour l’Eglise où – non sans consternation - nous devons faire face régulièrement à des situations d’abus et de contre-témoignage dans l’Eglise à divers niveaux, on peut comprendre que certains nous lancent ce même « Où donc est leur Dieu ? ». Ne devons-nous pas le prendre comme un défi et nous interroger nous aussi : Dieu, où est-il dans notre vie ? N’y a-t-il pas nous aussi à nous interroger sur la cohérence de notre foi ?

Je vois dans ce carême que nous commençons en Eglise, ce moment favorable pour laisser Dieu reprendre en mains l’intensité de notre foi, la consistance de notre espérance et notre engagement dans l’amour. Ce Dieu qui nous voit dans le secret de notre cœur, ne vient pas pour faire peser sur nous ses reproches, il ne désire pas nous enfoncer dans la mauvaise conscience ni nous installer non plus dans une bonne conscience qui nous mettrait au-dessus des autres.

Je vois dans ce carême un temps précieux pour marcher vers plus de vérité et d’humilié avec nous-mêmes. Et le faire avec une grande confiance en Celui qui nous appelle. Car ce Dieu qui nous appelle à lui, qui nous invite à nous convertir, est toujours aussi celui qui nous tend la main, qui nous parfume la tête et nous lave le visage : il marche à nos côtés en nous entourant de sa miséricorde.

Il nous soutient et nous encourage ce matin dans ce travail d’ajustement à lui, à nous-mêmes et aux autres qu’il souhaite pour nous : reconnaître que nous sommes poussière, reconnaître la cendre qui recouvre le feu qu’il a déposé en nous et nous laisser attirer par lui.

Nous laisser attirer par lui du côté de l’aumône pour vivre de façon plus partageuse ; nous laisser attirer par lui dans la prière, pour remettre Dieu et sa Parole au centre de notre vie ; nous laisser désencombrer par le jeûne de ce qui est inessentiel pour que notre ego diminue et que ce soit la soif et la faim du Seigneur qui grandissent en nous.

Où veut-il nous mener au travers de ce carême ? A la joie et à la lumière de Pâques. Nous serons invités alors à renouveler nos engagements de baptême, nous serons invités à redire oui, trois fois oui à notre vocation et à notre mission de baptisés.

C’est de cela qu’il s’agit durant ce carême : retrouver la cohérence de notre baptême, la beauté de cette vocation, la joie de vivre au quotidien comme les chargés de mission du Seigneur, comme des ambassadeurs du Christ, dit S. Paul.

Être baptisé c’est être plongé (baptizein en grec) dans ce grand amour de ce Dieu Père qui nous a adoptés comme ses enfants bien-aimés, qui a soif de nous et qui nous aime sans condition. Oser y croire ! A chacun et chacune de nous ici de voir comment se laisser toucher par ce que nous sommes : des êtres environnés de Dieu et capables de Dieu si nous le voulons… A chacun de trouver comment boire à cette source, s’y ressourcer. La laisser transformer nos façons de penser, notre façon d’aimer, nos façons de faire et parfois nos façons d’en faire moins…

Être baptisé c’est être plongé dans le Christ. C’est apprendre de lui, avec lui à être de ses disciples : écouter et prier sa Parole, pour entrer dans son regard, ses gestes, ses proximités, ses préférences ; sa façon d’encourager, de re-susciter la vie et la confiance autour de lui. C’est entrer avec lui dans cette mort à nous-mêmes par rapport à tout ce qui nous empêche de marcher vraiment à sa suite. C’est mourir à la tentation de laisser les ténèbres, les rancœurs, le doute s’installer en moi pour choisir avec plus de détermination ce qui peut me relever, ce qui met en moi et ceux et celles qui mettent en moi plus de vie, plus de don et plus de joie.

Être baptisé, c’est être plongé dans l’Esprit du Père et du Fils. C’est croire qu’il a fait en nous sa demeure. C’est discerner avec lui comment nous libérer de toutes les emprises qui nous font esquiver les oui et les non que demande l’Evangile. C’est discerner avec lui comment être, plus et mieux, ces vrais coopérateurs de Dieu dont parlait S. Paul envers tant de ceux qui ont besoin d’amour, de pardon, d’encouragement, de plus de justice et de paix. Que donc en ce carême, grandisse notre joie d’être des baptisés heureux de l’être et rayonnants du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen !

+ Jean-Luc Hudsyn

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