Billets d’été : vos réflexions et méditations

Autre "série" de notre été : les billets. Vos réflexions, méditations, coups de cœur : les vacances sont propices à ces temps d'arrêt… merci de nous les partager !

Voici un deuxième billet qui parle de la découverte du dépouillement. Merci à son auteur !

J’aimerais vous parler de l’expérience de dépouillement sur base d’un voyage récent. Avec mon mari nous sommes partis un mois, avec chacun un sac à dos de seulement 6 kg, en plus d’une tente et nous nous sommes même allégés en cours de route. Nous n’avions prévu ni transport ni logement. Nous avons fait une grande partie en stop et avons trouvé une combine pour récupérer nos vélos dans le Sud de la France et laisser nos vélos à Assise où des amis les ont récupérés pour nous les ramener en Belgique. Nous avons parcouru une partie de la Via Francigena à vélo et avons roulé 1000 km jusque Rome avant de rejoindre Assise en train. Nous n’avions pas grand-chose, mais nous avions du temps. J’aimerais citer Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie) : Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence (…).

Chaque matin je ressentais un sentiment de grande liberté en partant légers (sur nos vélos), sans savoir où nous allions loger le soir. Pourtant, avant de partir pour ce voyage, j’avais des doutes concernant le voyage. J’ai dû oser me jeter à l’eau dans l’inconnu et faire confiance au Seigneur. J’ai voulu offrir ce temps au Seigneur, mais en réalité c’est Lui qui m’a offert ce temps précieux avec mon cher mari.

Récemment j’ai été frappée par un Evangile (Jn 12,24-26) du jour :
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle
.

Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera. »

Comme le grain de blé qui doit mourir pour porter du fruit, j’ai dû laisser mourir mes habitudes du quotidien, mes doutes et mes peurs, pour partir à l’aventure. Ce voyage m’a aidée à me détacher de ma vie en ce monde, à prendre du recul. Pendant le voyage j’arrivais enfin à vivre au moment présent, sans me soucier du lendemain.
J’aimerais citer Nans, un voyageur de l’émission Nus et Culottés. Lors d’une interview, celui-ci a expliqué que Sauter à l’eau, vers l’inconnu, nous oblige à vivre l’instant et offre une capacité d’adaptation.
Pendant l’émission Nus et Culottés, Nans et Mouts partent à deux, sans rien matériellement, avec un rêve qu’ils arrivent à chaque fois à réaliser au moins en partie grâce à la bonté des gens. Ils partent dépouillés à la rencontre des gens et montrent ainsi la beauté de la vie, de l’humanité et que la solidarité existe encore. Nus et Culottés a parrainé le concours d’auto-stop La Mad Jacques avec 2500 participants auquel mon mari et moi avons participé au début de notre voyage et qui a aussi pour but de partir à la rencontre des gens.

Pendant notre voyage en France et en Italie j’ai également mieux compris le sens de l’adage A chaque jour suffit sa peine. Je me suis dit que je devais ramener cette capacité à vivre au moment présent et à faire confiance au Seigneur, que j’ai vécue pendant le voyage, vers mon quotidien.
Un de nos chauffeurs qui nous a pris en stop nous a aussi parlé de cela. Il était musulman d’origine sénégalaise et c’est avec lui qu’on a eu les plus beaux échanges, en particulier sur la beauté de la Création et sur la foi. Il nous a raconté une histoire pour illustrer que Dieu nous donne chaque jour ce dont nous avons besoin : ni plus, ni moins.

J’aimerais encore vous parler de Nans, qui comme le grain de blé, a vécu une mort qui mène à la vie. Il a vécu cette expérience pour la première fois lorsque sa maison a brûlé quand il était enfant. Il avait tout perdu matériellement. C’était un effondrement, mais le fait d’avoir été dépouillé a permis de vivre une grande solidarité avec ses voisins qui ont fort soutenu sa famille. Cette expérience a forgé la personnalité de Nans. Il a aussi fait un film Je choisis de vivre pour lequel il a été à la rencontre de personnes qui ont surmonté la perte d’un enfant. Il y raconte comment se reconstruire après un tel événement. A travers ce que Nans vit et prône, il y a une mort qui mène vers une vie meilleure, qu’il s’agisse d’une perte matérielle comme celle de sa maison ou le dépouillement vécu dans l’émission Nus et culottés ou de la perte de la vie humaine comme à travers son film. Nans dit lui-même qu’il a vécu comme une résurrection à travers ce film, car la force de la vie et de l’amour est plus forte que tout. J’aimerais rajouter que Jésus nous l’a prouvé en vainquant la mort.

Nous pouvons recevoir beaucoup de fruits grâce au dépouillement : apprendre à mieux se connaître soi-même, mais aussi l’autre. Nans le dit aussi : quand on est vulnérable, dépouillé, naturellement on échange de manière plus profonde avec les autres. C’est ce que mon mari et moi avons vécu, en particulier à travers le stop que nous avons adoré parce que c’est comme cela que nous avons eu les plus beaux échanges avec des inconnus. Partager ces moments avec ces personnes a été très précieux, car qu’est-ce que l’amour de Dieu sans l’amour du prochain ? J’aime aller à la rencontre des gens, car chaque personne est comme un trésor à découvrir ! C’est pour ces raisons que nous sommes rentrés en stop d’Assise au lieu de prendre le train. Pour l’anecdote, nous y avons confié nos vélos à un prêtre, qui nous a demandé d’accrocher nos vélos à quelques mètres au-dessus de la tombe de saint François à Assise. En cours de route mon mari a eu l’idée de rejoindre le camp international des jeunes à la communauté de Tibériade où nous avons vécu une magnifique célébration avec 270 jeunes de 17 nationalités différentes qui clôturaient ce camp Level Up pour faire un pas de plus dans leur vie. Le Saint-Esprit a soufflé et saint François nous a lui aussi inspirés, tout au long de notre périple…


Ce premier billet, intitulé Prélude aux vacances, nous est envoyé par Brigitte, que nous remercions de s’être ainsi jetée à l’eau…
Prélude aux vacances…

La forêt de Soignes et le jardin de Notre-Dame de la Justice en fleurs, voilà la toile de fond de ce prélude… 4 jours de mise à l’écart pour découvrir la vie, la spiritualité et les intuitions de Madeleine Delbrêl.

La prédication du père Raphaël Buyse, l’accueil chaleureux des sœurs du Saint Cœur de Marie et les écrits de de cette assistante sociale mystique et désirant s’enfouir dans le quotidien du monde m’ont portée et permis de prendre un temps de vacance sans « s » pour me laisser remplir de son message pétri d’évangile.

Pour Madeleine Delbrêl, il y a quatre postures pour s’humaniser :
• être là ;
• consentir (obéir) à la Parole, à la vie, à l’Église et à soi ;
• simplifier (se désencombrer des biens mais aussi de ce que l’on croit !) et
• aimer à la suite du Christ, bon berger.

Une rencontre saisissante et inspirante en cette année Tous disciples en mission et avant de partir en vacances avec « s » à la rencontre d’autres mondes et d’autres quotidiens…

Merci à la pastorale des solidarités de Bruxelles et tout spécialement à Marie-Françoise Boveroulle et au père Raphaël pour cette belle retraite !

Brigitte Melis
 

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