Aide aux plus démunis ; repenser et s’adapter

Comment s'est passé le confinement du côté de la solidarité ?

La pandémie de Covid-19 et son corollaire, le confinement, nous ont fait prendre nos distances pendant de longues semaines. De nombreuses activités ont dû marquer un temps d’arrêt, laissant dans l’isolement et face à leurs fragilités des personnes pour qui le besoin de certains services et relations est pourtant vital. Ce confinement a ainsi mis en lumière les inégalités et points de rupture dans notre société. Sanitaire, la crise est devenue sociale, financière, alimentaire, révélant par-là l’importance cruciale du tissu associatif. Qu’en est-il en Brabant wallon des services de solidarité offerts par les acteurs associatifs et paroissiaux ?

La situation sanitaire et les mesures gouvernementales ont placé les services devant un certain nombre de défis : mener les activités et garder le contact avec les usagers alors que l’ouverture sur place des services est peu ou impossible, alors que moins de bénévoles sont disponibles (en raison des distances, de l’âge, de l’état de santé), alors que la distanciation limite le nombre d’utilisateurs possibles.

Face à cela, la mise à l’arrêt d’activités habituelles des initiatives de solidarité en Brabant wallon s’est imposée. Pas partout, et pas sans alternatives. À Ottignies, on a impliqué les utilisateurs pour qu’ils reprennent les semis du potager partagé, à Nivelles on élargit les heures d’ouverture de l’épicerie sociale, à Wavre on démultiplie les groupes prévus pour une formation.

Le secteur de l’aide alimentaire a été particulièrement touché : augmentation des demandes (surtout par la mise à l’arrêt de l’économie informelle et de l’Horeca), baisse d’invendus des supermarchés surtout au début du confinement, ou a contrario l’apport de denrées de maraîchers ne pouvant plus écouler leurs stocks. Tout cela oblige à repenser le modus operandi. Des services d’aide alimentaire tels que la Saint-Vincent de Paul ou l’Espace Convivialité ont lancé un appel pour trouver de nouveaux bénévoles. Des jeunes se présentent pour porter des colis à domicile là où une distribution dans les locaux associatifs n’est momentanément plus possible. La transmission entre générations paraît de plus en plus indispensable, et nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réflexion pour rendre ce relais effectif.

Des activités de récolte de fond ont dû être annulées, à l’exemple de la projection en avant-première au cinéma au profit d’une association de parrainage, des marches parrainées, des repas, des brocantes, ainsi que tant d’autres initiatives. La plupart du temps, ce n’est que partie remise, souvent avec une formule adaptée. Néanmoins, la perte est là et nous invite à être particulièrement attentifs à soutenir le tissu associatif dans un après-covid dans lequel les plus pauvres vont avoir du mal à se relever, selon l’analyse de Christine Mahy*.

Le contact a été maintenu avec le public précarisé via le téléphone, permettant la continuité de la plupart des permanences sociales mais augmentant aussi les coûts pour ceux qui peinent à les assumer. En revanche la crise du Covid-19 accentue la fracture numérique et la question d’un accès aux droits de plus en plus dépendant de technologies peu accessibles aux personnes précarisées, surtout si elles sont livrées à elles-mêmes pour y faire face. Les témoignages écrits recueillis par LST (Luttes Solidarités Travail, et son antenne à Tubize) auprès de ceux dont la distance sociale et la relégation sont le quotidien sont à cet égard interpellant**.

En maintenant ou en trouvant des alternatives à leurs activités de service, les acteurs de solidarité associatifs ou paroissiaux ont cherché à n’abandonner personne ; bien plus, ils ont rencontré de nouvelles personnes et de nouveaux besoins. Ils n’ont pas fui notre responsabilité commune de prendre soin, et nous leur sommes reconnaissants d’avoir tenu bon pour assurer une présence de proximité dans les quartiers et villages du Brabant wallon.

Après ce long confinement, sortons, ne restons pas bloqué par la peur ou le repli sur soi. Ce n’est pas le temps de l’oubli, ce n’est pas le temps des égoïsmes  : ces paroles prononcées par le pape François dans le contexte du confinement restent toujours d’actualité (Message Urbi et Orbi du 12 avril 2020). Il sera nécessaire de reprendre le fil du dialogue avec des gens qui ont changé et d’écouter la parole des personnes précarisées. Car ce n’est qu’avec la contribution de tous, même des catégories souvent sous-évaluées, qu’il est possible d’affronter la crise. (Message du pape François pour la 106e journée mondiale du migrant et du réfugié 2020).

Anne et Catherine


* Secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, citée dans l’analyse de Vivre Ensemble n°2020/3 : Le défi de la solidarité en période d’isolement (à télécharger sur https://vivre-ensemble.be/le-defi-de-la-solidarite-en-periode-d-isolement).

** Il est possible d’en prendre connaissance en consultant les n° d’avril-mai et de juin du mensuel La main dans la main sur le site : https://www.mouvement-lst.org/publications_lmdlm.html

 

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