Homélie pour les 20 ans de la basilique N-D de Basse-Wavre

Retrouvez l'homélie de la célébration de clôture des festivités

Nous étions en pleine effervescence, il y a 20 ans quand cette église dont les origines remontent à un millénaire a été élevée au rang de Basilique !

Je le redis ici : merci à toi, Michel [il s’agit de l’abbé Michel Buysse qui fut recteur de la basilique de 1997 à 2004], qui avec acharnement et minutie a préparé le chemin de cet événement. Tel Jean-Baptiste, tu as comblé les vallées et aplani les collines pour qu’enfin ce jour arrive. Les plus enthousiastes espéraient que le pape se déplacerait… Ils durent se contenter cette fois-là d’un cardinal, mais non des moindres…

Nous avons entendu le livre du Deutéronome parler de ceux que le Seigneur conduit vers sa maison de prière dont il dit que c’est une maison de prière pour tous ! Une basilique c’est une église qui rayonne au-delà d’un lieu particulier, c’est un sanctuaire ouvert à tous. C’est bien ainsi qu’on peut caractériser cette basilique de Basse-Wavre dont les portes sont d’ailleurs toujours largement ouvertes. A n’importe quel moment de la journée, il y a toujours ici quelqu’un en prière. C’est une église paroissiale, bien sûr, mais on y vient de plus loin : en pèlerinage, du Brabant wallon et d’ailleurs ; lors des Années saintes, les célébrations du Jubilé se sont ici multipliées ; des groupes divers aiment venir célébrer auprès de la Vierge ; on vient y prier seul ou avec d’autres le rosaire. De même qu’il y a ce qu’on appelle des maisons de famille… cette basilique c’est un peu comme église de famille !
Pourquoi y vient-on ? De quoi est-elle le signe ? En quoi attire-t-elle tant de personnes ? Justement pour cela : elle est une maison de famille ouverte à tous, tant à ceux qui sont proches qu’à ceux qui sont loin. Elle nous parle d’un Dieu de bonté, d’un « bon Dieu » comme disent les cœurs simples. Elle nous sauve de ce qui risque parfois de nous asphyxier le cœur et l’âme : un monde où la transcendance tend à être mise de côté, un monde parfois dur, sans compassion pour les non-performants, les non-rentables, les perdus de vue du système. Ce lieu nous dit que l’homme ne vit pas seulement de pain mais d’amour, d’hospitalité et de considération.

On ne vient pas ici gonflé d’orgueil, en prétentieux qui n’a que faire des autres… Se glissent discrètement ici, ceux qui ont de l’humilité dans le cœur, des samaritaines comme celle de cet Evangile, des assoiffés de paix intérieure, de consolation, de courage de vivre. Entrent ici des âmes en quête de sens, d’espérance, en quête d’un amour plus grand. On vient ici parce qu’ici on peut murmurer tout bas ce qu’on a sur leur cœur : les blessures de sa vie, le corps qui ne suit plus, la tête parfois non plus, les solitudes, les humiliations, le tourment qu’on a de voir souffrir ceux qu’on aime.

Et ici, on peut le dire avec des gestes simples, populaires, venus de loin : toucher la statue du Christ, allumer une bougie, écrire une intention, se tenir comme ça sans rien dire aux côtés de Marie ; se mettre où on veut, dans le fond, devant, derrière une colonne ou dans la chapelle de la Vierge… C’est aussi le lieu des confidences joyeuses, des grâces reçues : une naissance, un amour, une guérison, un exaucement… On vient dire ici tout cela parce qu’on y pressent une proximité divine, une bienveillance qui vient d’en Haut, cette tendresse qui émanait du Christ pour les petits, et aussi une dignité, comme une nouvelle humanité. Ici Dieu est là pour parler à tous de ce Royaume où règne fraternité, bonté, pardon, un respect infini pour chacun.

C’est donc ici à la fois un lieu de transcendance et de profonde humanité. Les deux : la rencontre de l’humain et du divin. Comme ce que nous allons célébrer à Noël : un Dieu qui se fait chair, incarnation pour habiter notre humanité, la relever, lui faire traverser les épreuves, les deuils, les échecs, et la mort. Un souffle qui nous relance et nous fait repartir d’ici plus confiants, moins replié sur nous-mêmes, plus aimants.

De façon toute particulière, cette basilique de Basse-Wavre est peuplée de présences amies. Celles de tous les saints dont les reliques sont ici déposées. Saints d’hier (saintt François d’Assise) et saints de notre temps (saint Jean-Paul II), des mystiques fous d’éternités (saint Benoît) et des héros de la charité au quotidien (le saint Père Damien, sainte Térésa de Calcutta) ; des hommes (Don Bosco) et des femmes (sainte Thérèse de Lisieux), des jeunes (Dominique Savio) et des aînés (le saint curé d’Ars)… Tous nous disent que le chemin de l’Evangile, le chemin de la sainteté est praticable !

Cette chasse de Basse-Wavre où ces reliques reposent est un vrai trésor spirituel, une vraie parabole des fruits que peut faire germer l’Esprit-Saint dans notre humanité : tant d’amour, tant de fidélité, une si grande force habitant la fragilité de ces femmes et de ces hommes de Dieu. Cette force peut donc habiter la nôtre. Voilà qui est pour nous source d’encouragement et d’engagement : invitation à devenir nous-mêmes, disait Paul, comme une demeure de Dieu rayonnante de lui ; pour devenir, disait Jésus, des adorateurs de Dieu en esprit, en vérité et en acte.
Ce lieu de grâce est précieux. Merci à ceux qui en prennent soin. Merci à la Fabrique d’église et aux autorités de la ville qui l’entretiennent. Merci aux prêtres et aux chrétiens qui lui donne une âme, qui en font un espace d’écoute, de réconciliation, d’eucharistie, d’action de grâce.

Que Notre Dame, ce soir, nous aide à être des disciples en mission, artisans joyeux avec elle de cette paix et de cette concorde dont chacun de nous et toute l’humanité ont tant besoin. Amen

+ Mgr Jean-Luc Hudsyn
 

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