Vœux de Mgr Jean-Luc Hudsyn - 2012

Wavre - Dimanche 15 janvier 2012

Reprenant une tradition de mon prédécesseur, Mgr Vancottem, je me réjouis de vous accueillir en ce début d’année en ce lieu… qui n’est plus simplement le Centre pastoral ! En effet, le Vicariat a quitté la Rue de l’Ermitage, et c’est désormais ici que se trouvent le secrétariat et les bureaux du Vicariat et de l’évêque auxiliaire. 

C’est déjà l’occasion pour moi de remercier ceux et celles qui se sont chargés de faire ce déménagement et d’aménager admirablement les locaux que nous occupons au 2ème étage.
C’est une après-midi ‘portes ouvertes’ : vous pourrez dans un moment tout voir… y compris la manière dont le Vicariat est désormais installé au 2ème étage !

Quels vœux formuler pour vous - une première pour moi ! - en ce début d’année où le mot « crise » est dans toutes les têtes ?

Mon désir est évidemment de vous souhaiter - à chacun, à chacune - « le meilleur » pour cette année nouvelle. Mais « souhaiter le meilleur », qu’est ce à dire ? Une bonne santé ? une paix du cœur ? des découvertes qui font grandir ? de la joie ? une foi qui rayonne… ? Certes c’est tout cela…

En même temps, si on ne veut pas en rester aux vœux pieux, on sait aussi qu’une année, même nouvelle, ne nous viendra pas non plus sans un certain nombre de difficultés, voire d’épreuves.

Il me semble que nous « souhaiter le meilleur », c’est donc de nous souhaiter vraiment que tout au long de cette année - et quoiqu’il arrive - ne nous manque pas ce Souffle, que nous croyons divin, qui nous permettra de tout vivre - les joies comme les épreuves - avec un maximum de foi et de confiance, sans perdre l’espérance et avec amour. C’est ce que l’Esprit peut sans cesse recréer en nous pour que - quoi qu’il arrive - nous osions croire, comme dit l’Evangile de ce jour, que le Christ, l’Agneau de Dieu, est là tout proche de nous, marchant sur le rivage de notre vie. Vivre de cet Esprit pour qu’en toute chose, nous soyons aidés à devenir comme Jean et André des disciples brûlants et rayonnants de lui (Jn 1, 35 41).
Souhaiter le meilleur, c’est nous souhaiter aussi qu’il y ait près de nous des proches, des amis, des frères et des sœurs qui nous aideront à vivre les traversées difficiles. Dans l’Eglise ce devrait être possible : c’est la vocation même des communautés chrétiennes que d’avoir ce souci fraternel les uns des autres. Cette dimension fraternelle de l’Eglise fait partie étroitement de son identité. Et c’est aussi une question qui touche à l’évangélisation. Nos communautés ne seront crédibles que s’il y règne cette fraternité.

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Je vous le disais, on a beaucoup parlé de la crise : elle risque de nous toucher pour un bon bout de temps. Quel est le vœu que je pourrais faire à ce propos ?
Le vœu que cette crise qui remet en cause beaucoup de choses soit vraiment l’occasion de nous remettre devant des questions essentielles : quel est le rôle de l’économie ? L’argent et la finance : au service de qui et de quoi ? A quelles sobriétés somme-nous appelés ? A quel respect de l’environnement ?

Mais aussi que cette crise nous remette devant ce que nous dit l’Evangile sur les solidarités à avoir face aux différents visages que prend aujourd’hui la pauvreté. Comment veiller à ce que notre culture qui a le souci du « Je » reste tout autant attachée au souci du « Nous » ? et en particulier, au souci de ceux qui se sentent fragilisés face aux difficultés qui nous attendent. 

Au rassemblement de Taizé à Berlin où des jeunes de chez nous étaient présents, le successeur du Frère Roger a beaucoup insisté sur l’importance de cette solidarité : Dans une époque où beaucoup se demandent « quel est vraiment le sens de ma vie ? » nous les frères de notre communauté, nous voudrions dire clairement : il se trouve dans la solidarité avec d’autres, vécue par des actes concrets. Une telle solidarité laisse pressentir qu’il y a un amour qui nous dépasse, elle nous amène à croire à l’amour de Dieu pour chaque être humain.

Je fais le vœu que notre Eglise en Brabant wallon reste très attentive à cette solidarité avec toutes les formes de précarité, ici et ailleurs.

Je fais le vœu aussi que tous les chrétiens qui s’engagent au service des plus démunis, dans l’Eglise, mais aussi dans des lieux non confessionnels, se sentent reconnus dans leur mission et soutenus par nos communautés.

Je voudrais inclure plus particulièrement dans cette solidarité plus large nos frères chrétiens du Moyen Orient et aussi le peuple congolais : les uns et les autres vivent, nous le savons, au creux de grandes incertitudes.

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La crise dont on a aussi beaucoup parlé c’est celle de l’Eglise de Belgique face aux révélations concernant les abus sexuels. Je ne voudrais pas éviter cette question car elle parle de souffrances : celles, immesurables, des victimes.

Elle a touché aussi à la crédibilité de l’Eglise, et nous l’avons tous vécus douloureusement.

Cela a demandé des conversions radicales qui ont, je crois, mené peu à peu à une autre attitude de la part des responsables d’Eglise et en particulier des supérieurs religieux et des évêques - j’ai pu le voir de près au cours des très nombreuses réunions auxquelles j’ai participé ces derniers mois.

La réponse qui a été donnée à la Commission parlementaire sur la question d’un tribunal arbitral mais aussi les autres possibilités de reconnaissance, et de réparation que les évêques ont proposées ont été accueillies positivement. Et pour le document présenté à la presse jeudi dernier sur une approche globale des abus sexuels avec tout le dispositif mis en place dans chaque diocèse, l’accueil aussi a été bon.

Je crois pouvoir vous dire que cela ne sera pas que des mots : ce dispositif est déjà opérationnel. Et cela manifeste un engagement réel des supérieurs et des évêques qui permettra, à l’avenir - je le crois - transparence, collaboration entre toutes les instances concernées et prévention.

Je voudrais dire que je suis très admiratif du travail fourni par les évêques de Tournai et d’Anvers chargés de ce dossier, et par celui des 4 professeurs de nos universités qui nous ont aidés. Ils n’ont pas ménagé leur temps et leur disponibilité pour arriver à cette étape nouvelle.

Tant le travail avec la commission parlementaire que la brochure « Une souffrance cachée » ont été salués par les politiques et par la presse - surtout la presse écrite. Reconnaissons-le : les politiques et la presse ont pu apparaître comme parfois agaçants - et parfois non sans raison. Mais ce serait injuste de ne pas reconnaître qu’ils n’ont pas été aussi un aiguillon stimulant dans cette douloureuse conversion des attitudes.

J’ose souhaiter qu’à travers tout cela les victimes puissent trouver un peu plus de lumière et de reconnaissance. Et qu’on évitera mieux que le pire se répète.
Et je fais le vœu que tous, comme Eglise, nous ne perdions jamais de vue à travers tout cela, qu’il n’y a pas d’amour sans justice ni de pardon possible sans recherche de la vérité.

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Je ne pourrai plus longtemps dire que je ne suis qu’un évêque en rodage ! Il va falloir aussi décider, orienter, donner des impulsions. Heureusement je ne dois pas le faire tout seul.

Je vais continuer à écouter et à rencontrer les personnes, les paroisses, les groupes divers, les communautés, les mouvements, les associations qui font la vitalité de cette Eglise.

Merci à tous mes collaborateurs : prêtres, diacres, animateurs pastoraux dans les services vicariaux et sur le terrain.

Merci à vous qui vivez votre baptême en famille, en couple, dans vos différents milieux de vie : vous aussi vous êtes des chrétiens « engagés ». Le chrétien engagé n’est pas que celui qui a des responsabilités en interne, dans la paroisse : ce sont tous ceux qui vivent du Christ, avec lui et en lui là où ils sont.

Merci à vous qui permettez à l’Eglise d’être signe du Christ au milieu des maisons, des quartiers et des villages, dans le monde socio-politique, éducatif et culturel.

Merci à mes collaborateurs proches qui me donnent, je dois le dire, beaucoup de joie et de soutien :

-  le Conseil du Vicariat qui porte avec moi les options pastorales d’ensemble, évalue et discerne avec moi ce qui peut rendre notre Eglise fidèle à sa mission. 

-  le Bureau du Vicariat qui porte plus spécialement la pastorale territoriale

ainsi que - et sans citer les services du vicariat que vous pourrez visiter dans un moment :
- le collège des doyens,
- le nouveau conseil presbytéral
- bientôt un conseil pastoral
- et le service du temporel

Merci aussi à celles qui, avec d’autres, rendent l’organisation de tout cela efficace : la secrétaire du vicariat et la secrétaire… de l’évêque.

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Avec eux tous les projets ne manquent pas pour 2012 :

-  le projet premier c’est ma présence aux vôtres en restant proche des réalités d’Eglise du Bw
- le lancement d’une réflexion de fond sur la pastorale des paroisses en Bw : quelles paroisses ? avec quelles collaborations interparoisses ? avec quelle coresponsabilité entre prêtres et laïcs ?
- les 50 ans du vicariat avec une expo, un concert ?
- un colloque sur quelle pastorale des jeunes au plan local ? et d’autres choses…
- un rassemblement pour les familles
- une réflexion pastorale sur l’entraide et la solidarité…

Et aussi un grand souhait : que nous ayons un plus grand sentiment d’appartenance ecclésiale en communiquant mieux :
- d’où le projet d’un nouveau site internet
- et le souhait que le plus grand nombre reçoive notre nwl – CathoBw-info - qui paraît gratuitement toutes les 6 semaines 

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Un immense merci à ceux qui m’assurent régulièrement de leur prière : cela m’aide à ne pas céder aux vertiges qui me prennent encore régulièrement…

Bonne année à tous !

 

Eglise catholique de Belgique
Vicariat de Brabant wallon
chaussée de Bruxelles, 67
B-1300 Wavre
0032 (0)10 : 235 . 260

Secrétariat du vicariat
Eva Calatayud Saorin
0032 (0)10 / 235.273