Visiter la mémoire pour bâtir la paix

Au moment où se multiplient des célébrations en lien avec la bataille de Waterloo, la paix et la réconciliation restent un enjeu majeur dans une Europe encore en chantier. C’est une des convictions ressorties pendant la « journée internationale de réflexion et de prière », du samedi dernier, à Waterloo.

Samedi 13 juin dernier, de nombreux chrétiens et hommes de bonne volonté, venus des pays d’Europe et des quatre coins de la Belgique ont convergé vers la Communauté Notre Dame de Fichermont, à Waterloo. A cet endroit jouxtant la butte du lion, les participants ont eu droit à des interventions, toutes, interrogeant la paix et la réconciliation en Europe. Tour à tour, historiens, hommes d’église et hommes politiques ont revisité le passé de notre Europe, en en dégageant les lignes majeures et fondatrices. C’est ainsi que, ouverte par Mgr. Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire du Brabant Wallon, cette journée s’est amorcée par la communication de Mgr. Jean-Pierre Delville, évêque de Liège et historien. Pointant les traits spécifiques de l’histoire de l’Europe avant et après la Révolution française, l’évêque a relevé la source des rapports entre l’Eglise et les états. Rapports qui, avec les aléas de l’histoire, avaient abouti à la confiscation des biens de l’Eglise. Ce après un temps d’hégémonie pour cette dernière. Ces rapports se soldent, en définitive, par la mise en œuvre, par Napoléon, d’un concordat dit Concordat de Napoléon en 1801.

Pour le Baron Bernard Snoy, l’histoire est un préalable à la compréhension de la paix en Europe. Pour cela, une approche sereine des émotions, reste un chantier fécond. Pour lui, la bataille de Waterloo, comme tant d’autres batailles en Europe, ont pris source à partir d’une quête d’hégémonie et d’une divergence de conception de la société. Tout cela en lien avec la Révolution française qui avait magnifié les valeurs de liberté et de tolérance. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les perceptions que Belges, français, russes, anglais et allemands ont de la même bataille de Waterloo. Et donc pour Bernard Snoy, président du Comité pour les études historiques de la bataille de Waterloo », la paix et la réconciliation en Europe ont des préalables. Entre autres, il s’agit de mettre en commun les souverainetés pour défendre les intérêts et promouvoir les valeurs de respect de la personne humaine, la liberté, la justice,…

Tout cela s’accompagne d’une forte exigence : la purification de la mémoire. Mgr. Peter Hocken, prêtre et théologien anglais, a abondé dans ce sens. Si la réconciliation, comme terme, est entrée tardivement dans le vocabulaire de l’Eglise, elle reste un horizon à atteindre. Les divisions entre fils et filles d’un même Dieu et Père sont plus graves que les conflits entre les Nations. Se battre pour l’unité des chrétiens a comme pendant la purification de la mémoire collective européenne. Faute de cette démarche, par exemple, on n’a pas pu éviter la répétition des atrocités du dernier millénaire.

La table ronde qui s’est tenue de 15h30 à 17h15, l’intervention de Monsieur Herman Van Rompuy, et la méditation biblique et la prière œcuménique de la fin, ont donné à cette journée la touche spirituelle et humaniste nécessaire aussi à la compréhension d’un évènement aussi central que la bataille de Waterloo.

Alfred Malanda

Crédit photo © MCBF


Lire le texte de l’intervention de Mgr Hudsyn en cliquant sur le doc lié à droite
 

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