Vigile pascale 2017 - Homélie de Mgr Hudsyn

Homélie de Mgr Jean-Luc Hudsyn pour la Vigile de Pâques 2017, à Braine l’Alleud – Saint-Etienne


Sœurs et frères,

Pour entrer dans la résurrection du Christ, dans le sens de ce que signifie Pâques pour nos vies, nous avons fait ensemble tout un parcours, une longue veillée parsemée de symboles. Et d’abord ce feu brillant dans l’obscurité. Ce cierge dont nous avons suivi la lumière. Sa flamme que nous avons reçue et qui peu à peu a illuminé toute la nef de cette église.

À Pâques, un feu a pris dans le cœur des apôtres, et peu à peu, il s’est répandu dans le monde, il a traversé les siècles. Il est venu jusqu’à nous ce soir. Dans un moment, il va être communiqué solennellement à Betty et à Suzy au moment de leur baptême.

Je suis venu allumer un feu sur la terre, a dit Jésus : sœurs et frères, ne laissons pas mourir ce feu ! Ce soir, le Christ ressuscité nous refait gardiens de ce feu, porteurs du feu de son amour pour en réchauffer la terre, pour en réchauffer nos frères.

Nous avons, ensuite, ouvert longuement les Écritures : elles nous ont parlé de ce que Dieu veut faire pour nous : il vient nous créer et nous recréer sans cesse -pour que nous mettions de la vie et de la beauté autour de nous ; pour que nous prenions soin de sa création. Il vient aussi pour nous mettre en exode : nous libérer de ce qui nous emprisonne, de ce qui nous empêche d’avancer, du mal qui détruit. Il vient sans cesse nous tirer du côté de sa lumière, du côté de la vie et de la vraie liberté.

Isaïe nous a dit que l’amour de Dieu pour nous et sa Parole sont comme une eau qui féconde nos vies, qui apaise nos soifs les plus profondes. Ezéchiel nous a rappelé que lorsque nous tombons, quand nous résistons à ses appels, le pardon de Dieu vient sans cesse nous donner un cœur nouveau.

C’est ce qui se passe dans le baptême : nous avons été plongés pour toujours dans l’amour de Dieu et dans son pardon. Le baptême de Betty et de Suzy est une chance merveilleuse pour nous le rappeler : avec elles, laissons-nous, nous aussi, replonger avec joie dans ce sacrement où Dieu est venu à notre rencontre pour faire de nous ses enfants bien-aimés. Ce soir il revient vers et nous dit à nous aussi ce qu’il a dit à Marie-Madeleine et son amie Marie au matin de Pâques : Je vous salue ! Dans le texte écrit par saint Matthieu en grec, c’est plus exactement : Soyez dans la joie -et il ajoute : Soyez sans crainte. C’est ce que le Christ ressuscité nous dit à chacun cette nuit. Quoique nous vivions dans notre cœur, il vient à notre rencontre nous apporter sa joie, plus forte que nos peurs, plus forte que toute mort.

Dans son évangile, Matthieu dit que, devant le tombeau, les grands-prêtres avaient mis des gardes : pour que Jésus reste bien enfermé dans ce tombeau scellé… Ils sont là un peu comme des gardiens de la mort. L’actualité nous le montre hélas : dans ce monde, les gardiens de la mort ne manquent pas. Mais ce que Pâques vient nous dire, c’est que Dieu est plus fort que la mort. La mort peut blesser, parfois durement. Mais elle n’aura pas le dernier mot, telle est notre foi. Les chrétiens d’Orient persécutés nous le montrent : ils ont leurs martyrs mais ils gardent foi et espérance ; même dans la nuit, ils sont fidèles.

Ces deux femmes qui ont fait l’expérience bouleversante que Jésus est vivant : Jésus nous les envoie à nous aussi ses disciples d’aujourd’hui : pour relancer notre foi, et nous allons la proclamer dans un moment tous ensemble avec feu, avec confiance !

Jésus envoie ces femmes, mais il nous envoie nous aussi. Face à ces gardiens de la mort, qui maintenant sont morts de peur, le Ressuscité nous envoie pour être là où nous sommes des gardiens de la vie, des gardiens de l’amour, des gardiens du pardon.

Comme Jésus le leur demande, ces femmes vont partir avec les disciples en Galilée. La Galilée, c’était le lieu d’où venaient les apôtres. C’est là qu’ils avaient leur famille, leur village, leur métier. La Galilée, c’était aussi une région où il y avait une population très mêlée faite de juifs et de païens. C’est là, dit Jésus, que vous me verrez vivant.

C’est là que Jésus nous envoie, dans nos vies ordinaires, dans notre quotidien, en plein monde : c’est là que nous pourrons voir que Pâques cela se passe aujourd’hui, que la résurrection est à l’œuvre maintenant : quand nous continuons de faire ce que Jésus faisait et qu’il nous demande de faire avec lui, par lui, en lui. Comme lui : relever nos frères et nos sœurs ; comme lui relancer la vie par notre amitié envers tous, dé-paralyser ceux que fige le manque d’espérance, exorciser le mal, pardonner, réconcilier… Oui, être des gardiens de la vie. Être aussi gardien de Dieu dans ce monde où on le met souvent à la périphérie, comme la dernière de nos préoccupations. Nous allons veiller sur la vie de la foi, celle de nos communautés et donner à d’autres le goût de devenir disciples du Christ.

Si nous vivons de cette manière-là notre baptême… alors je vous le dis : le Ressuscité, vous le verrez vivant, vous le verrez à l’œuvre.

Et cette joie-là nul ne pourra vous la ravir !

+ Jean-Luc Hudsyn

P.S. Merci à Fra Angelico pour son illustration !

 

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