Un forum qui fait agir

Le 3ème forum chrétien de la vie sociale a été à la hauteur de ses ambitions ce samedi 14 mars : proposer une réflexion pour agir dans le monde économique, social, politique en accord avec la foi chrétienne.

Cette année, quatre conférences et une table ronde ont agrémenté la journée. Devant un monde qui ne nous satisfait pas (et pas seulement les chrétiens), la doctrine sociale de l’Eglise peut apporter les contours d’une société plus juste. Elle donne matière « à prendre à bras le corps les défis actuels pour que la terre devienne plus paisible, plus belle » a introduit Xavier Müller, philosophe et organisateur de la journée.
Les intervenants ont chacun développé leur regard citant régulièrement, sans s’être concerté, des extraits de Caritas in veritate, l’encyclique du pape Benoit XVI.
Nécessité du politique
Eric de Beukelaere, ancien porte-parole des évêques de Belgique, a insisté sur l’importance d’un discours externe au monde de l’économie pour prendre de la hauteur sur ces questions, de la même manière qu’il a fallu des non théologiens pour sortir de l’Inquisition. La Doctrine Sociale de l’Eglise a donc toute sa place. Eric de Beukelaere a en particulier développé l’importance de la médiation du politique entre une justice économique (le prix d’une denrée est le même pour tous) et une justice morale, (permettre que les pauvres aient accès aux biens nécessaires pour vivre). « Engageons-nous, a-t-il appelé, la redistribution des richesses est de notre responsabilité. » Eric de Beukelaere a invité à réfléchir sur le long terme pour résoudre la crises écono-logique (écologique et économique) que nous vivons. Une gouvernance mondiale pour réfléchir à ces questions serait une solution idéale.
Capital humain, environnemental et financier
Bruno Roche, économiste, conseiller d’une grande multinationale, a quant à lui exposé l’idée d’une économie du Jubilé, fondée sur le shabbat : le repos de la terre, des hommes et du capital, « un temps pour méditer, pour laisser Dieu entrer dans notre travail ». Il a présenté l’exemple de son think tank en lien avec l’université d’Oxford, où il cherche à développer une nouvelle théorie du management, basée sur l’idée que la première richesse à rémunérer est l’homme (individu, être social), ainsi que la terre, et le capital financier. Il a proposé à des personnes d’un bidonville de Nairobi de devenir entrepreneur à l’aide de microcrédits . Ces personnes ont révélé avoir ce talent en elles : elles ne l’auraient pas développé si on ne leur avait pas donné la possibilité. Il a conclu sur l’idée que notre économie est malade, mais que Dieu a un projet de guérison, pour le comprendre le croyant est appelé à interroger la parole, l’Eglise, pour se laisser inspirer.
Entrer dans une logique du don
L’après midi, Chantal Delsol, philosophe, a analysé la société actuelle à partir de trois pierres d’angle qui sont en train de changer, héritées du judéo-christianisme : l’idée de vérité, l’idée de temps linéaire et celle d’égalité. Dominique Vermersch, agronome et universitaire, a développé l’idée de Benoit XVI, abordée dans Caritas in veritate, « la grammaire du don ». La journée a été nourrissante pour chacun, de quoi donner matière à réfléchir pendant un an, jusqu’au prochain forum.

Elisabeth Dehorter

Vidéos des interventions, photos :

 

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