Témoignage d’Alix, membre de la Pastorale des visiteurs

Atteinte d’un cancer depuis quelques années déjà,Alix della Faille d’Huysse est habitée par la confiance et l’espérance. Souriante, elle nous partage comment elle en est arrivée à accepter l’épreuve de la maladie.

Avant-dernière de six enfants, Alix s’est toujours considérée comme le vilain petit canard de la famille. Espiègle et joyeuse, elle reconnaît avoir profité de son enfance et bénéficié d’une liberté exceptionnelle, n’étant « pas du tout surveillée, même si ses parents se montraient attentifs ». Après avoir débuté des études de lettres (orientation classiques), la jeune fille a très vite choisi de rentrer dans les ordres contemplatifs, considérant cet appel comme une évidence. Pourtant, la voie du carmel ne s’avère pas sans sinuosité, et, après deux sorties, elle choisit de continuer à vivre sa foi dans le monde.
Le début de sa maladie marque un tournant dans la vie spirituelle de cette femme engagée aux côtés de Dieu. C’est alors qu’elle redécouvre les prières de son enfance et en retrouve « la substantifique moelle ». Si, à travers les psaumes, Alix parle à Dieu et lui confie « l’essentiel » de ce qu’elle « désire, croit, espère », c’est en particulier la prière du cardinal Mercier qui lui permet d’accueillir sa maladie.

Vivre dans l’instant
Aujourd’hui, Alix n’hésite pas à affirmer que sa maladie est « une grâce »,« pour vivre ou mourir à l’heure de Dieu ». « On est conduit tout doucement par Dieu, étape par étape ». « La grâce d’état permet de recevoir l’aide qui correspond à la situation vécue ».
Consciente de la valeur des moments vécus et détachée du jugement des autres, Alix accepte de témoigner de son cheminement, en toute simplicité et avec une franchise interpellante. Sa façon d’accepter sa maladie – sans s’illusionner sur son issue – soutient d’autres malades plus anxieux, qui l’appellent « pour se requinquer le moral ». « Disponible », Alix a « abandonné tout projet à long terme, puisqu’il y a des rechutes potentielles ». Elle a choisi de s’inscrire pleinement « dans l’instant », convaincue que sa « vie n’est plus entre » ses « mains ».
Tour à tour aide soignante, enseignante, membre du vicariat et assistante paroissiale, Alix a revêtu de multiples casquettes tout au long de sa carrière, se lançant même seule à la découverte de l’informatique et d’Internet. Aujourd’hui, c’est au sein de la Maison des Médias qu’elle officie parmi les correctrices, chacune ayant « ses particularités, ses richesses et sa singularité ». Un travail en équipe particulièrement gratifiant, puisque « la correction et la relecture d’articles permettent d’approfondir des sujets variés ». En plus de ces activités directement liées au journal « Dimanche », Alix a été nommé récemment aumônière d’une résidence de personnes âgées de Perwez, en charge notamment de l’équipe des visiteurs de malades.

Une confiance absolue
« Il y a un chemin pour chacun. Il faut parfois accumuler beaucoup de fumier au pied de l’arbre avant que les fruits ne mûrissent ». Alix ne craint pas les mots. Réaliste et les pieds sur terre, elle n’a jamais perdu le contact avec la nature, transformant sa maison en arche de Noé et hébergeant bien souvent des nécessiteux. À présent, moutons, chiens et chats y voisinent encore avec les fruits du verger. Là, Alix « prend sa vie comme elle est, sans regret » et confie n’avoir « absolument pas » peur de la mort. Quant à la douleur et la souffrance physique, « on a les moyens maintenant de les soulager ». Confiante dans ses contemporains, elle relève « beaucoup de générosité chez les jeunes » et souligne que « le bien fait moins de bruit que le mal ». Alors, autant lui laisser la première place…

Angélique Tasiaux (cathobel, vendredi 14 septembre)


 

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