Sainte Elisabeth de la Trinité, le chemin de l’intériorité

Une semaine après la canonisation d’Elisabeth de la Trinité à Rome, le frère Anthony-Joseph Pinelli, frère carme du couvent de Paris, donnait une conférence au Carmel de Louvain-la-Neuve ce samedi 22 octobre 2016 en fin d’après-midi.

Une assemblée nombreuse est venue écouter l’itinéraire spirituel de cette carmélite française du début du 20ème siècle. Tout au long de sa courte vie, sainte Elisabeth a écrit de nombreuses lettres à sa sœur « Guite » (surnom de Marguerite) et à ses amies, où elle partageait son expérience spirituelle pour les guider elles aussi dans leur chemin de vie. Le frère Anthony-Joseph a dressé quelques traits de la biographie de sainte Elisabeth et présenté son message spirituel.
Elisabeth Cattez nait le 18 juillet 1880, pendant qu’une eucharistie était célébrée pour elle à la demande de sa mère, car l’accouchement était très difficile. Ces circonstances resteront gravées dans sa mémoire spirituelle.
Une vive conscience de Jésus Eucharistie
Vers 8 ans, un an après le décès de son père, elle confie un secret à un chanoine : « je serai religieuse », ce que sa mère refuse. En 1891, sa première communion est un tournant spirituel, elle vit une profonde rencontre avec Jésus. Alors que les autres filles de son âge s’impatientent d’aller au repas de fête, elle dit «  moi je n’ai pas faim, j’ai reçu Jésus  ». La coutume à Dijon, ville dans laquelle sa famille habitait depuis 1882, était d’aller rendre visite à la mère supérieure du Carmel après avoir reçu la première communion. Elle confiait un message personnalisé : elle dit à Elisabeth « ton nom signifie ‘maison de Dieu’ ». Même si la traduction n’est pas tout à fait exacte, l’habitation de Dieu en elle et en chacun la marquera toute sa vie.
Elisabeth est aussi une jeune fille très sensible dont l’expressivité se déploie dans la musique, en jouant du piano. Elle témoigne combien jouer du piano est pour elle comme une prière « Le monde extérieur disparaît. C’est pour Lui que je joue ». Elle recevra le premier prix du conservatoire en 1893 et aurait probablement pu faire une carrière d’artiste.
A quatorze ans, elle fait un vœu privé de virginité et dans sa prière elle entend le mot Carmel…Cela ne l’empêche pas de vivre dans le monde tout en étant tourné sans cesse vers Jésus : « Il est en moi, je peux être tournée vers lui en tout ce que je fais. Nous sommes tous des hosties vivantes. » Elle reçoit comme une mission de rayonner de Dieu autour d’elle là où elle est. Au printemps 1899, sa mère accepte qu’elle entre au Carmel, ce qu’elle fera à sa majorité deux ans plus tard. Elle reçoit le nom d’Elisabeth de la Trinité. En 1903, elle fait son engagement solennel et choisit pour devise un verset de l’épître aux Galates 2,20 ‘Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.’ Le 21 novembre 1904 , elle rédige sa prière la plus connue « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore »
La foi à toute épreuve
Au carême 1905, les premiers symptômes de la maladie d’Addison (insuffisance surrénalienne) apparaissent, provoquant le dessèchement progressif de tout son corps.
Fin mars 1906, elle entre à l’infirmerie, elle s’offre totalement au Christ. En méditant l’évangile de Jean au chapitre 13, le dernier discours de Jésus lors de sa passion, elle découvre que dans la souffrance elle peut s’unir à Lui. (voir à ce sujet l’interview du fr Anthony Joseph en fichier lié) .
Le 9 novembre 1906 elle « entre dans la vie ». Ses dernières paroles furent « Je vais à la lumière, à l’amour, à la Vie ».
C’était la coutume qu’après chaque décès, la prieure rédige une lettre circulaire de la soeur décédée transmise dans les carmels. En 1908, la prieure, Mère Germaine, rédige un petit ouvrage « les Souvenirs ». Un élan de dévotion se développe grâce à cet écrit. Le 25 novembre 1984, Elle est béatifiée par Jean-Paul II, et a été canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François.
Cette conférence a permis à beaucoup d’avoir comme une nouvelle amie parmi les saints. Lors de l’eucharistie qui a suivi, présidé par Mgr Hudsyn, le fr Anthony-Joseph a souligné combien Elisabeth méditait l’Ecriture : "chacun de nous a des textes de l’Ecriture qui sont des trésors pour nous, il est bon d’en avoir pour la louange quand nous sommes dans la joie, et d’autres qui nous donnent du courage dans les difficultés". L’eucharistie était vitale pour elle : "Chaque fois que nous communions, Jésus nous adresse la parole de salut." Qu’à notre tour, avec l’intercession d’Elisabeth, nous "laissions, rayonner le soleil de Dieu sur ceux vers qui nous sommes envoyés" .

Voir en fichier audio joint :

  • Quelques traits de la spiritualité de Ste Elisabeth de la Trinité
  • Ste Elisabeth et la souffrance

Elisabeth Dehorter

Quelques photos https://www.flickr.com/photos/31349...

Carmel de Louvain-la-Neuve

 

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