Réflexion autour de la fin de vie

Jeudi 28 novembre, une matinée de formation sur le thème de l’euthanasie a eu lieu à Louvain-la-Neuve. Plus de 150 personnes s’étaient retrouvées dans les bâtiments de la Faculté de droit de l’UCL pour écouter le docteur Monique Dopchie à propos de l’euthanasie.

Cette journée a été organisée par la Pastorale de la santé du Vicariat du Brabant wallon afin de répondre à la demande de formation exprimée par les différents acteurs de la santé : visiteurs de malades, responsables d’aumôneries hospitalières, prêtres, diacres permanents, etc.
Pour beaucoup, le statut même de l’euthanasie reste flou. Que permet la loi actuelle ? Quelle liberté est encore laissée au malade ? Bien souvent, les participants ont été très étonnés de l’amplitude de la loi, mais également des nombreuses dérives constatées dans certains services.

Accompagner dans la souffrance
Cette matinée s’adressant principalement aux visiteurs de malades, la question de l’accompagnement des personnes souffrantes est revenue à plusieurs reprises. Si tous étaient d’accord pour dire qu’il était essentiel d’assurer une présence chrétienne dans les institutions de soins, bien peu pouvaient proposer des réponses concrètes sur comment accompagner les malades en fin de vie. En effet, les visiteurs doivent faire face à un double challenge : discerner le degré de souffrance de la personne et respecter ses convictions.

Savoir si une douleur physique est réelle ou si elle relève de la souffrance psychologique, est du ressort d’une discipline médicale appelée l’étiologie de la souffrance. Celle-ci cherche à saisir pourquoi le patient se plaint et si sa plainte ne révèle pas un syndrome caché. C’est important pour savoir ce que l’on peut encore espérer comme rémission ou comme éventuel retour à la santé. Les agents pastoraux peuvent alors accompagner le patient en conséquence. La gestion des convictions de chacun est aussi un défi pour les agents pastoraux. Comment accompagner humainement des patients ou des familles qui n’ont parfois pas du tout la même conception que l’Eglise ? Il arrive à des visiteurs de malades d’être amenés à s’occuper du cas de personnes ayant demandé l’euthanasie, ou même de rencontrer des familles estimant que leur proche ne « mérite » plus de vivre et devrait être euthanasié. Là encore, l’écoute attentive reste le premier moyen pour soulager leur douleur psychique.


L’octroi du sacrement des malades pose question : il doit être bien reçu comme réconfort de l’Esprit Saint dans les souffrances et compris comme l’union du malade à la Passion du Christ. Mais il arrive que des patients le voient comme une sorte de « billet d’entrée » pour le Paradis. La bonne disposition du patient au message de l’Eglise est également un critère requis pour comprendre le sens du sacrement des malades, qui n’est pas toujours facile à expliquer.

L’euthanasie des enfants en préparation
Par un hasard de calendrier, cette formation intervenait au lendemain du vote en commission du Sénat sur l’euthanasie des mineurs. Le sort des enfants malades était donc sur toutes les lèvres. Pour l’instant, les accompagnateurs en Pastorale de la santé n’ont pas encore eu à traiter de tels cas. Mais si la loi sur l’euthanasie aux mineurs est votée, ils devront se retrouver pour réfléchir à l’accompagnement – oh combien tragique - des jeunes enfants malades.

Matthieu Bruynseels/MCBF

 

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