Prison d’Ittre – 05 janvier 2016

Que peuvent nous dire comme Bonne Nouvelle les textes de la Parole de Dieu pour la fête de l’Epiphanie ?

St Matthieu nous parle de mages venus d’Orient. La tradition leur a mis des couleurs : noir, blanc, jaune…
Dieu aime rassembler autour de lui des gens de toutes couleurs, de toutes races, de tous les horizons… comme nous ce soir… On oublie un peu cela ces temps-ci.
« Tes fils viennent de loin » disait le prophète Isaïe.
Cela veut dire qu’on peut venir de loin, qu’on peut aussi revenir de loin… et être le tout bienvenu au pied de la crèche.
On n’est jamais trop loin pour être accueilli par ce Dieu que le Christ est venu nous révéler, nous manifester.
On peut donc se sentir loin du Bon Dieu, on peut se sentir loin de la religion, on peut se sentir loin de la foi chrétienne… et être pourtant le bienvenu, celui qui est attendu.
On peut se sentir loin des autres, loin de ses proches : avec Dieu, on n’est jamais trop loin de son amour - c’est pourquoi il est venu lui-même se faire proche, se faire tout-petit, comme un enfant ; pour ne pas nous effrayer, pour qu’on ne se sente pas en infériorité devant lui : c’est lui qui se fait le très-bas !
On peut avoir aussi le sentiment qu’on est allé trop loin dans sa vie, et être écrasé par cela, par la culpabilité. On peut sentir qu’on est allé trop loin et être humilié par cela et se sentir dans la nuit. Même si les ténèbres habitent notre cœur, une lumière peut se lever pour nous : car dans la nuée obscure… « sur toi se lève le Seigneur » nous a dit la 1ère lecture.
C’est une première bonne nouvelle réconfortante que nous manifeste l’Epiphanie : pour Dieu nous ne sommes jamais trop loin, trop éloignés, trop perdus. Si loin que nous soyons de la foi, de l’espérance, de l’amour : il ne rejette personne. Il espère chacun.
Nous sommes appelés à nous laisser faire, comme les mages. Il faut se laisser relever et se mettre en marche vers la lumière.
Car l’Epiphanie nous dit aussi qu’il faut y mettre quand même un peu du nôtre. Il faut se mettre en route.
Mais pour cela il y a cette étoile qui a guidé la marche des mages.
Regardons bien : où que nous en soyons, qui que nous soyons - il y a sans doute aussi pour nous de petites étoiles qui peuvent nous guider, qui peuvent soutenir notre marche vers une vie plus lumineuse, plus heureuse.
Cette étoile c’est peut-être un proche, un conjoint, des enfants qui nous aident à tenir bon, à progresser.
Mais ce n’est pas toujours le cas, hélas. Alors cette étoile c’est peut-être telle ou telle personne rencontrée - même ici - et qui nous aide à grandir, qui nous donne confiance, qui nous donne de l’espérance.
Cette étoile ce peut être la Parole de Dieu, l’Evangile lu et prié, ce sont ces moments de rencontre avec l’aumônerie, ces eucharisties.
Quelle est la lumière, quelle est l’étoile qui soutient notre espérance ? qui nous aide aussi à faire le pas de quitter ce qui doit l’être ? ce qui nous aide à changer notre cœur ? « Lève les yeux alentour et regarde » dit Isaïe. Cette fête est une bonne Nouvelle : elle nous dit que Dieu met sur notre route des étoiles qui peuvent nous tirer en avant : qui nous attirent vers lui et vers les autres, qui nous aident - comme dit l’Evangile - à repartir « en prenant un autre chemin » : un chemin de vie.
Une troisième bonne nouvelle de cette fête c’est de nous dire que nous avons tous quelque chose à offrir au Seigneur :
-  Comme les mages on peut lui offrir de l’or - cela ne veut pas dire des lingots d’or… : on n’est sans doute pas nombreux ici à en avoir ! Mais on peut lui offrir ce qui nous est précieux. Les personnes qui nous sont précieuses, les dons précieux qui sont les nôtres. Déposer cela, déposer ces personnes ce soir devant sa crèche : pour qu’il nous donne de prendre soin de ces êtres qui nous sont précieux, de prendre soin de ce qui est précieux en nous, de prendre soin des dons qui sont les nôtres
-  Comme les mages on peut lui offrir cet encens qui monte vers le Seigneur : lui offrir notre foi, si petite soit-elle ; lui offrir nos prières ; lui offrir l’amour de Dieu que nous voudrions voir grandir en nous pour aimer comme lui, pour servir.
-  Comme les mages nous pouvons offrir de la myrrhe : ce parfum dont on honorait les morts en signe de cette passion que le Christ va connaître. Une façon de prendre soin de ceux qui souffrent, de ceux qui sont dans l’épreuve, de ceux qui doivent porter leur croix, et sont dans le malheur ou la tristesse.
Chaque mage n’a pas tout apporté ; ils ont apporté chacun quelque chose de différent en fonction de ce qu’ils étaient. Mais tous nous pouvons apporter au Seigneur nos mains, même si elles nous semblent vides. Dans nos mains vides tout à l’heure il va être déposé le pain de la Vie, sa Présence. Notre cœur peut devenir pour lui comme une crèche. Qui peut nous transformer : nous rendre, nous aussi, accueillants à ceux qui viennent, ou reviennent de loin. Devenir comme une petite étoile pour ceux qui marchent dans le noir. Et prendre soin de ceux qui nous sont précieux, prendre soin de la foi des autres, prendre soin de ceux qui sont dans l’épreuve. Mettre de la lumière autour de nous. Dieu en mettra en nous !
+ Jean-Luc Hudsyn

 

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