Paix et fraternité au 1er janvier 2014

Les bergers ont entendu le chant des anges qui proclamaient ce que nous chantons à notre tour : « Paix sur le terre aux hommes que Dieu aime ». Ils ont vu l’enfant de la crèche : ils sont partis pour témoigner de lui. En ce jour aussi, le Seigneur nous demande d’être témoins de cette paix qu’il désire pour nous, pour nos proches et pour tout homme.

Dans son message pour cette journée dédié à la paix, le pape François a envoyé un message qu’il a intitulé : « La fraternité, fondement et chemin pour la paix ».

Il nous dit que la paix véritable, c’est vivre ensemble en frères et sœurs. Il nous dit que c’est cette fraternité qui conduit à la paix. Tous nous pouvons être artisans de paix. Nous le pouvons dans la mesure où nous mettons de la fraternité autour de nous.

Je crois que c’est un bon envoi en mission pour cette année nouvelle que de s’imprégner un peu de ce message venant du pape. De méditer cela dans notre cœur à l’aube de cette année nouvelle.

Le Pape François nous dit que la fraternité, c’est le contraire de l’indifférence. Que la fraternité c’est ce qui nous empêche de nous habituer à la souffrance de l’autre. Que la fraternité c’est ce qui nous empêche de nous accommoder de ce qui atteint tant d’hommes, de femmes, d’enfants, de personnes âgées dans leurs droits, dans leur dignité, dans leur humanité tout simplement.

Et le Pape nous invite à ne jamais oublier ces deux phrases tirées de l’Ecriture. :: La première vient de l’Ancien Testament. Quand Dieu demande à Caïn : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4,9). Cette question elle est là dès le début de la Genèse : Caïn s’est montré jaloux de son frère au point de le tuer. Et il croit bon de répondre : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère » ?

Et il y a cette autre parole qui vient, elle, du Nouveau Testament ; quand Jésus dit dans l’Evangile de Mt : « Vous êtes tous des frères » (Mt 23,8).

« Vous êtes tous des frères »… « Qu’as-tu fait de ton frère ? »… Nous le sentons bien : ce sont deux questions essentielles, qui touchent à notre identité la plus profonde. Nous savons bien que nous sommes des êtres de relation, que nous avons soif de fraternité. Nous savons bien que s’il y avait plus de fraternité, il y aurait plus d’amour, de solidarité, de justice et de paix.

Mais nous savons aussi qu’il y a des moments où nous résistons à cette fraternité, qu’il n’est pas du tout évident de nous sentir frère ou sœur de celui qui nous semble parfois aux antipodes de nos façons de voir, de nos façons de faire, notamment parce qu’il ne partage pas notre culture, notre religion, nos convictions. Il y a des forces troublantes en nous qui font que l’autre apparaît quasi a priori comme une menace, comme un rival, comme un concurrent, comme un ennemi. Il y a des moments où il nous apparaît comme trop différent. Et c’est vrai, en même temps, que l’autre a pu parfois réellement nous faire du tort, nous blesser, nous mépriser. Que certains ont pu commettre des actes hostiles à la vie, au vivre-ensemble.

Et donc, la fraternité, si elle est désirable, elle est aussi un chemin qui peut sembler à certains moments inaccessible.

Le Christ le sait. Il ne nous demande pas d’être des amis les uns des autres. L’amitié est un cadeau, on ne sait pas trop comment cela arrive. Mais les amis on les choisit. Des amis, le Christ en avait et il dit qu’il veut avoir avec nous une intimité qui relève de l’amitié : « je vous appelle amis ! ». Mais ce qu’il nous demande c’est autre chose : c’est de devenir des frères et des sœurs. Et je suppose que vous en faites l’expérience… les frères et les sœurs on ne les choisit pas. Ils nous sont donnés. Un lien très fort unis des frères et des sœurs de sang… pour le meilleur, et parfois pour le pire. Mais ce qui unit des frères et des sœurs, c’est qu’ils ont en commun un père, une mère.

 

Pour Jésus, ce qui nous permettra fondamentalement d’apprendre à devenir des frères et des sœurs c’est de regarder vers Celui qui nous est commun : « son Père et notre Père », comme Il dit. Le Pape relève que « le plus formidable agent de transformation de l’existence » et « le plus formidable agent de transformation de nos relations avec les autres », c’est de nous tourner vers la paternité de Dieu. C’est d’apprendre à accueillir l’amour qu’il a personnellement pour chacun d’entre nous. Accueillir sa bonté. Voir à travers son Fils Jésus comment le Seigneur nous indique un chemin d’exigence tout en venant toujours nous encourager ; comment il est nous toujours proche pour nous soutenir, quitte à partir à notre recherche quand nous nous égarons. Sans cesse il nous pardonne. …Mais avec ce petit ‘plus’ qui change tout : il nous faut consentir à ce que cet amour que Dieu a pour moi… il l’a aussi pour chacun de ceux qui m’entoure ! Il est « mon Dieu » et en même temps il est « notre Père » !
C’est ce que le Christ vient soutenir lui aussi en nous : ouvrir notre cœur à ceux qui sont « ses » frères et « ses » sœurs.

La fraternité c’est donc une affaire de conversion, c’est un chemin. Mais le Christ est là pour nous l’apprendre, pour nous en donner l’apprentissage : apprendre de lui la solidarité, le partage, la réconciliation, le dialogue, le souci de l’autre. Apprendre ceci - et je cite le pape ; apprendre que dans le Christ « l’autre est accueilli et aimé en tant que fils et fille de Dieu, comme un frère et comme une sœur, non comme un étranger, encore moins comme un antagoniste ou même un ennemi ».
Ne nous étonnons pas que cela résiste en nous : c’est un chemin, c’est un travail spirituel, qui demande qu’on soit vraiment greffé dans le Christ. Mais sans faire grandir en nous cette esprit fraternel, sans tendre vers cette fraternité, nous ne sommes pas fidèle à notre vocation de fils et de filles de Dieu, nous ne sommes pas vraiment des images vivantes de Dieu.

Vivons donc cette année plus unis à Dieu, plus écoutant de sa Parole, plus en communion avec le Christ avec ce souci particulier : laisser l’Esprit-Saint nous apprendre cette fraternité qui a pour nom aussi, justice, solidarité, partage, dialogue, estime de l’autre, tendresse, compassion, souci attentionné de l’autre, ici, et partout où des hommes souffrent.

La paix nous en sommes capables cela commence à se construire dans nos familles, dans nos milieux de vie, dans l’Eglise, dans nos quartiers, dans nos réactions. C’est entendre le Christ nous dire : « Vous êtes tous frères ».

Donne-nous, Seigneur, cet amour sans frontière, ce ton fraternel, ce style fraternel qui donne et qui construit ta paix.

+ Jean-Luc Hudsyn

 

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