Ouverture de l’année pastorale - Homélie de Mgr Hudsyn - 25/09/2012

Nous sommes au chapitre 8 de Luc qui commence en disant que sur les routes où il va proclamant la bonne nouvelle, on trouve les Douze et aussi des femmes : Luc en nomme quatre et ajoute qu’il y en avait beaucoup d’autres… Un peu comme ici ! Puis Jésus raconte la parabole du semeur que Luc (contrairement Mc et à Mt) conclut par cette parole de Jésus sur qui est sa vraie famille.
Et c’est donc de nous que Jésus parle, nous sommes sa famille puisque nous sommes venus entendre sa Parole, dans l’intention - je vous en fais le crédit - de la mettre en pratique. Ce n’est pas rien de s’entendre dire par le Christ que nous pouvons être pour lui comme un frère, comme une soeur. Et que c’est ce qu’il désire. Et que lorsque il nous arrive de ne pas vraiment l’écouter ou de ne pas pratiquer cette Parole… alors nous manquons d’esprit de famille, alors nous ne sommes pas pour Jésus comme un frère, comme une soeur.
Non ce n’est pas rien d’entendre derrière ces mots, ce regard affectueux, fraternel qu’il pose sur nous. Lui qui va même jusqu’à dire que nous pouvons être pour lui comme une mère ! Que nous pouvons comme Marie, le faire naître en quelque sorte au milieu de ce monde, permettre la poursuite de son incarnation.
Non ce n’est pas rien. Et ce n’est pas que des mots. Au cours des deux premiers événements festifs des 50 ans du Vicariat - l’exposition et le concert - on en a dit qu’on s’y était senti comme en famille.
J’ai trouvé cela aussi : une famille qui n’oublie pas ses aînés, ces femmes et ces hommes des générations qui nous ont précédés et qu’évoquait l’exposition. Nous avons pu entendre le témoignage de trois d’entre eux toujours bien rayonnants. Ce qui m’a beaucoup touché c’est que leur héritage est toujours bien vivant dans le vicariat : la vitalité de la catéchèse, de la pastorale de la santé. Les solidarités, la place des laïcs, les animateurs pastoraux et les diacres, et une certaine façon d’être du diocèse tout en étant bien « du Brabant wallon » !...
Et faisant mémoire de ces figures d’ainés, je me disais que si cet héritage toujours bien vivant, et si on se sent toujours en famille avec eux c’est parce que ce qu’ils ont bâti, ils l’ont bâti avec une foi profonde. Je ne dirais pas nécessairement qu’ils sont tous… canonisables mais ils ont été de vrais croyants, des amoureux de la Parole, des chercheurs de ce Dieu venu pour que tous les hommes et tout l’homme
soient sauvés. Ils étaient de la famille du Christ, ils étaient de ses frères et de ses soeurs.
A leur suite, nous avons à inventer l’avenir, à réactualiser le Concile, à ouvrir des chemins nouveaux en Eglise - et je trouve qu’on n’y travaille pas trop mal ! Mais nous avons surtout à être fidèles à ce qu’ils ont été : des familiers du Christ, des écoutants de sa Parole, avoir avec lui une proximité de frère et de soeur.
Alors, et alors seulement, nous pourrons avoir nous aussi un héritage à transmettre qui ne soit pas « une illusion fugitive » comme disait le Livre des Proverbes.
On m’a souhaité bonne chance pour commenter ces quelques proverbes qui nous sont livrés aujourd’hui ! Je commente le premier qui nous compare à des « canaux d’irrigation » dont le Seigneur peut disposer. Transmettre l’eau vive de la Parole de Dieu et l’eau précieuse de la foi de l’Eglise qui nous ont été confiées. En théologie tout-à-fait classique on parle des ‘canaux de la grâce’. Donner passage en soi à la grâce, à l’amour de Dieu pour que Dieu puisse irriguer la vie des autres, la vie du monde. Etre canal et non barrage. Quelle belle image !
Mais je sais aussi… que S. Bernard n’aimait pas cette image ! Il disait qu’un canal répand l’eau autour de lui presque en même temps qu’il la reçoit. Et il ajoutait un peu féroce, que dans l’Eglise (de son temps, bien sûr !) il y en a trop - je le cite - qui ressemblent au canal et qui veulent répandre la grâce avant d’en être remplis, plus disposés à parler qu’à écouter, enseignant ce qu’ils n’ont pas vraiment appris !
Il préférait qu’on soit plutôt comme le bassin d’eau qui ne se répand que quand il s’est laissé remplir d’abord par la source. Il donne alors de son trop-plein… « L’homme pressé est toujours perdant » disait la première lecture… Prendre le temps de s’imprégner de la Parole, prendre le temps de s’imprégner de cette proximité fraternelle avec le Christ.
Et St Bernard terminait alors son homélie - et moi la mienne - en disant : « Laissez donc monter en vous les eaux de la vie, et répandez-les alors, par trop plein, et donc, sans vous vider ».

+ JL Hudsyn


 

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