Mgr Rixen au service des sans-terres

Avec un slogan aussi mobilisateur « Ne vous lassez pas de travailler pour un monde plus juste et plus solidaire » (pape François), Entraide & Fraternité soutient sans faiblir la lutte des petits paysans brésiliens pour leur accès à la terre. Témoin privilégié de la campagne de carême 2014, c’est à Mgr Rixen, évêque de Goiás tout juste arrivé du Brésil, qu’il revenait d’ouvrir la 3è journée du colloque international (13-15 mars) organisé avec l’Institut de recherche Religions, Spiritualités, Cultures, Sociétés (RSCS) de l’Université catholique de Louvain.

Né à la Calamine, Mgr Rixen est d’origine belge, il a fait ses études à Louvain, notre Université a d’ailleurs fortement marqué la théologie au Brésil, a-t-il souligné dès le début de sa conférence. Quelques grandes figures d’Eglise ont inspiré la vocation de celui qui allait devenir en 1999 évêque de Goiás : Joseph Comblin dont il était l’ami, Oscar Romero, le cardinal Suenens, Joseph De Veuster, le cardinal Cardijn… Sa célèbre méthode du Voir-Juger-Agir a révolutionné la théologie sur le continent sud-américain influençant la pastorale de toute une génération d’évêques brésiliens engagés auprès des pauvres.

L’option des pauvres est le fil rouge de l’Evangile, c’est celui de la vie de l’évêque qui a accueilli l’été dernier les JMJ ans son diocèse. « Comprendre l’Evangile, c’est s’engager socialement, sans cela il est impossible de réaliser le Royaume de Dieu. Notre foi ne peut être séparée des luttes sociales. Le Christ était engagé au côté des pauvres, prenant le visage de la pauvreté. Notre Eglise gagne en crédibilité lorsqu’elle s’engage socialement. Voilà le rôle que l’Eglise a à jouer, nous en trouvons la confirmation dans l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François. »

Vivant au Brésil depuis de nombreuses années Dom Eugênio est connu pour son engagement pastoral auprès des paysans sans-terres. Il travaille sans relâche au service des petits paysans et appuie leurs luttes pour une agriculture durable et une vie digne. Quelle lutte ? « C’est une histoire de David contre Goliath  » explique celui qui est désormais citoyen brésilien. La lutte entre l’agrobusiness et l’agriculture familiale : la première produit pour l’exportation au détriment de la seconde qui nourrit la population. Monopolisée par les grands exploitants qui pratiquent la monoculture, la terre se fait rare pour les petits paysans sans moyens. La monoculture (canne à sucre, soja) à grande échelle épuise la terre, les barrages hydro-électriques détruisent l’environnement, les élevages intensifs de bœufs pour la viande d’exportation accentuent la raréfaction de la terre et les difficultés d’une agriculture familiale. C’est là tout l’enjeu de la Commission Pastorale de la Terre qui revendique une réforme agraire où les semences natives sont conservées, les sources préservées dans le cadre d’une agriculture écologique et durable, où les paysans s’organisent en coopératives, où les syndicats défendent les travailleurs ruraux.

Cette première intervention à Louvain-la-Neuve (elles se poursuivront pendant 15 jours à Bruxelles et Brabant wallon), a montré un pasteur profondément engagé, témoin d’une Eglise qui se veut au cœur des combats sociaux.
Pour s’informer sur le programme des événements organisés par E&F pendant le mois de mars
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Bernadette Lennerts

 

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