"Le temps passé à côté d’un malade est un temps sacré"

Dans le message qu’il adresse au monde à l'occasion de la XXIIIème Journée mondiale des malades (11 février 2015), le pape François s’est à nouveau prononcé contre l’euthanasie. Il dénonce « le grand mensonge » qui « incite à croire que les vies gravement atteintes par la maladie ne seraient pas dignes d’être vécues » « Le temps passé à côté d’un malade est un temps sacré », affirme au contraire le pape François.

Dans ce texte rendu public le mardi 30 décembre 2014, le pape rend un hommage appuyé à ceux qui prennent soin des malades ayant besoin d’une assistance permanente ; il reconnaît que leur tâche, est pénible surtout quand elle se prolonge dans le temps. Et pourtant, écrit-il, « voilà un grand chemin de sanctification. Le temps passé à côté d’un malade est un temps sacré, une louange à Dieu qui nous conforme à l’image de son Fils, qui "n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude" (Mt 20,28) »

Il insiste sur « la valeur de l’accompagnement, si souvent silencieux, qui conduit à consacrer du temps à ces sœurs et à ces frères » en leur prodiguant « proximité et affection » : « La charité a besoin de temps. Du temps pour soigner les malades et du temps pour les visiter. »

Le monde actuel « oublie parfois la valeur spéciale du temps passé auprès du lit d’un malade, parce qu’on est harcelé par la hâte, par la frénésie de l’action, de la production et on oublie la dimension de la gratuité, de l’acte de prendre soin, de se charger de l’autre », déplore le pape qui voit derrière cette attitude « une foi tiède, oublieuse de cette parole du Seigneur : "C’est à moi que vous l’avez fait" (Mt 25,40) ».
Il salue ceux qui soignent les malades, décrivant leur mission comme « un grand chemin de sanctification » : en effet, se faire « proches des malades ayant besoin d’une assistance permanente, d’une aide pour se laver, s’habiller, se nourrir », est un service qui à la longue, « peut devenir fatigant et pénible » surtout si la personne « n’est plus à même de remercier ».

Le pape souligne « la priorité absolue de "la sortie de soi vers le frère" comme un des deux commandements principaux qui fondent toute norme morale et comme le signe le plus clair pour discerner sur un chemin de croissance spirituelle en réponse au don absolument gratuit de Dieu ».
Il invite à « être solidaire avec le frère sans le juger » car « la véritable charité est un partage qui ne juge pas, qui ne prétend pas convertir l’autre ; elle est libérée de cette fausse humilité qui, au fond, recherche l’approbation et se complaît dans le bien accompli ».


Cette journée est l’occasion de souligner le rapport de l’Eglise aux malades, corps souffrant du Christ. Nombreuses sont les personnes au sein de nos communautés qui se préoccupent des malades, y consacrent du temps pour les visiter, les accompagner : aumôniers en hôpitaux, visiteurs de malades et visiteurs en maison de repos.

Lire le message intégral du pape pour la 23è journée mondiale des malades

 

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