Le salut vient des femmes. Corinne Lanoir

Pour la deuxième conférence du cycle « le salut vient des femmes », Corinne Lanoir, professeur d’Ancien Testament et doyenne de l’Institut Protestant de théologie de Paris, a proposé une réflexion intitulée : « Quand les femmes jouent, en coulisse ». Elle a dirigé son projecteur sur quelques récits qui montrent la capacité de certaines femmes ou du texte biblique de dénoncer la violence ou de résister comme elles peuvent au sort qui leur est imposé.

Ainsi, Aksa (Jg 1,12-15), donnée par son père en mariage à un guerrier valeureux, réclame et obtient l’accès à l’eau de son père qui ne lui avait donné que des terres désertiques. A Jephté qui s’estime contraint par ses paroles malheureuses de sacrifier sa fille, celle-ci répond en réclamant deux mois pour pleurer sur sa virginité avec ses compagnes avant d’être sacrifiée (Jg 13,29-40) : elle élargit ce que son père rétrécit. Plus terrible encore est le sort de la concubine du Lévite (Jg 19) : abandonnée par ce dernier à des vauriens qui « la connurent et la maltraitèrent toute la nuit » (Jg 19,25), le lévite bute au matin sur son corps sans se rendre compte qu’elle est morte des suites du traitement qui lui a été infligé. En décrivant sa lâcheté et sa totale insensibilité devant le sort de sa femme, le texte dénonce avec une sorte d’humour noir la violence.
On trouve une autre page du même style dans le deuxième livre de Samuel à propos de Tamar, fille de David. Son frère Amnone, amoureux d’elle, la fait venir par ruse dans sa chambre pour la violer puis l’abandonne à son triste sort de femme désormais non mariable. Celle-ci part en criant auprès de son frère Absalom qui lui répond : « Ton frère Amnone a donc été avec toi ? Maintenant, ma sœur, calme-toi ! C’est ton frère. Ne prends pas trop à cœur cette affaire. » (2 S 13,20). Une autre Tamar a plus de chance : veuve sans enfant abandonnée par son beau-père Juda qui aurait dû lui donner son troisième fils en mariage, elle se prostitue auprès de son beau-père, lui assurant une descendance de laquelle naîtra le roi David (Mt 1,3). Juda reconnaît son injustice en affirmant : « elle est plus juste que moi » (Gn 38,26). Autant d’histoires qui nous montrent la capacité de résistance des femmes… ou du texte biblique devant les violences qui leur sont faites.

Catherine Chevalier

 

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