Laudato si au cœur de la session printanière du Temporel

La session de formation organisée par le Vicariat du Brabant wallon pour la gestion du temporel a pris les couleurs du printemps avec la 1ère conférence du Père Radermakers s.j. qui a livré au public des fabriciens sa lecture de Laudato Si. Ci-dessous, le résumé de trois interventions.

Louez le Seigneur !

Nous avons à louer le Seigneur pour ce que nous sommes et faisons dans notre rapport avec Dieu. Louer le Seigneur, c’est un esprit à vivre ensemble ! a lancé le Père jésuite. Reprenant l’expression du pape « habiter notre maison commune », il a interrogé son public : qu’en faisons-nous ? comment en vivons-nous ensemble ?

Comment en vivons-nous ensemble ? C’est au sein de l’Eglise que nous faisons l’expérience de la solidarité : nous avons à partager, à acquiescer ce que nous avons reçu, gratuitement. Nous participons à la création de Dieu : « Je crois en Dieu créateur du Ciel et de la terre » dit le Credo. Il s’agit d’une construction jamais terminée, d’une humanité qui construit ensemble. Hommes et femmes co-créateurs avec Dieu, collaborant à son projet.

La Bible nous donne une vision générale de cet appel à construire ensemble, mais il y a des ratés.
1. A travers l’histoire d’Israël, la vie de Dieu se transmet aux hommes. Dieu fait son chemin à l’intérieur des hommes pour les aider à se comprendre. Nous avons pour mission de le louer, c’est-à-dire, vivre avec Lui, construire avec Lui. Dieu fait son chemin à travers ses collaborateurs.
2. Caïn et Abel, figurent l’introduction de la mort dans la communauté : on se jalouse, on se compare, on se tue : le Mal est présent. Ce monde doit être réparé car le mal existe. Notre travail consiste à lutter contre le mal.
3. La mission d’une génération : l’histoire de Noé et de ses fils. Dans cette histoire de déluge, hommes et animaux sont ensemble. Un symbole qui rend visible l’animalité qui est en nous.
4. Le mythe de la tour de Babel : montre la construction entre les hommes pour habiter la planète donnée en cadeau. Mais quand tout le monde veut faire la même chose, il y a la tentation à se vouloir être les maîtres du monde….

Qu’est-ce que Dieu fait de cette réalité humaine ? Il fait vivre, garde en vie, en incluant tous les hommes sans exclusion. C’est le projet que Jésus va reprendre pour montrer que le corps humain prend conscience de la présence divine dans l’humanité en montrant à chacun ce qu’il est : au service d’une humanité entière à construire.
Quand Jésus va à Jérusalem, il abolit les sacrifices au profit de notre humanité intérieure. Le Temple est réalité des hommes, transformé par une présence divine. La Maison du Seigneur est celle de la Miséricorde, du don, ouverture de chacun : une humanité vivante, une fraternité vivifiante, création d’un patrimoine qui se donne, où l’Eglise est inclusion, où nous sommes le corps du Christ, où l’esprit de création qui est en nous, descend dans notre action profonde.

La finalité du monde, c’est l’édification d’une réalité qui nous dépasse. Nous collaborons à la transmission d’une vie qui nous dépasse, qui transforme petit à petit le monde, a conclu le Père Jean devant « cette assemblée qui montre des actions qui désirent construire le monde. »

Que signifie l’encyclique pour nous ?

Dans notre mission d’Eglise, entame Patrick du Bois, cette question soulève la notion de sauvegarde de notre Maison commune dans le temps et l’espace au service de ceux pour qui nous sommes au service afin que nous soyons à la fois des héritiers et des précurseurs.
Sauvegarde d’abord de l’humanité avant de l’être pour la nature. Mais comment notre humanité peut-elle s’adapter et relever ces défis ?

Le pape parle sévèrement de nos institutions, les invite à agir, et, chacun dans son domaine. La responsabilité est collective mais elle est d’abord individuelle. La responsabilité du monde politique est elle aussi mise en garde, c’est pourquoi le pape interpelle le monde politique et lui demande de nourrir des projets et des objectifs ambitieux.
Il nous interpelle dans nos comportements : nous devons être acteurs de la solution. Le fameux « Voir-juger-agir » du cardinal Cardijn peut être le fil conducteur de notre démarche. Nous sommes donc invités à nous mettre en question à notre niveau : nous sommes tous concernés !

Pour le public de fabriciens et responsables d’église, l’encyclique met en lumière quelques points pratiques :
Une invitation à beaucoup de modestie par rapport aux défis devant lequel nous nous trouvons : être à la fois acteurs de la création et agents de changements.
Une attention aux personnes pauvres, démunies, en situation de fragilité, comme les réfugiés, dont nous devons avoir le souci. A ce sujet un travail remarquable a été fait, il est à soutenir (Caritas).
Une écologie au service de la Parole de Dieu.
Un accompagnement des enfants, des jeunes.
Une attention aux questions de mobilité (des accès parfois difficiles pour certaines personnes).
Une attention à la gestion du patrimoine immobilier : entretien, gestion…
Une attention aux économies d’énergie, à la réduction de consommations
Une attention aux placements financiers
Car une écologie intégrale couvre tous les aspects de la vie de nos communautés et paroisses, a conclu le deuxième orateur.

« La mission de l’Eglise est d’être en conversation avec le monde » (Paul VI)

Il revenait à Mgr Hudsyn de nouer la gerbe de cette formation particulièrement dense.
« Quelque chose se dégage de la beauté de votre mission : construire pour réparer et gérer en vue de l’édification d’une communauté fraternelle, louer le Créateur pour se mettre au service de l’humanité… » s’est exclamé l’évêque à l’attention du public qu’il a remercié pour le travail accompli. Remerciements pour tant de solutions trouvées au service des communautés qui se rassemblent dans des lieux où elles se sentent bien.

Entre ces interventions, citons les excellents exposés introduits par Laurent Temmerman : celui de Madame Tondeur sur l’inventaire de la Fabrique à Saint-Pierre à Virginal-Ittre, celui de Madame Navez sur les journées du Patrimoine dont le thème de l’édition 2016 sera : le patrimoine religieux et philosophique. Et enfin celui de Monsieur Geûens sur l’expérience de Lasne dans le cadre des Journées du Patrimoine.
Les contenus de ces exposés peuvent être demandés à l’adresse suivante : kfvpw-feaop@diomb.be

Rappelons encore qu’une session identique aura lieu le samedi 16 avril à Beauvechain de 9h30 à 12h00 avec le même programme. « Salle vert Galant » - Place communale, 5 – 1320 Beauvechain.
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Bernadette Lennerts

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