Intervention de Mgr Van Looy, évêque de Gand et Président de Caritas Europe

Intervention en référence à la partie I de Instrumentum Laboris, chapitre II (“Le défi de la pauvreté et de l’exclusion sociale”) et chapitre III (“Le défi de la migration”)

Rome, le 6 octobre 2015

Tout d’abord, Saint Père, je tiens à vous remercier pour une phrase particulière dans Evangelii Gaudium. Il me semble que cette pensée est de la plus grande importance : « L’Esprit Saint possède une imagination infinie, précisément de l’Esprit divin, qui sait dénouer les nœuds même les plus complexes et les plus inextricables de l’histoire humaine » (E.G. 178). Lui, peut résoudre les problèmes complexes et inextricables des familles pauvres, des personnes vivant en marge de la société, des personnes séparées par la guerre et des personnes qui ont perdu confiance en l’autre. Il peut également dénouer les nœuds du Synode.
Les familles en migration et en fuite souffrent de l’exclusion sociale. Elles vivent en pauvreté et ne peuvent participer à la vie sociale. Il est difficile de recevoir des droits civils dans les pays occidentaux. Ces familles n’ont pas de revenu et ne sont souvent pas les bienvenues dans l’environnement où elles aboutissent. Souffrance cachée, pauvreté et colère grandissent dans nos villes à cause du chômage, en particulier chez les jeunes. Nous savons tous que le commerce, l’industrie, les banques et la technologie sont omniprésents et que leur trafic libre ne connait pas de frontière. Pour les humains par contre il y a des frontières strictes. Il est grand temps que nous disions au monde que le plus important ce sont les personnes. Nous ne pouvons pas abandonner ces familles migrantes ou en fuite et les laisser à elles-mêmes. Comment leur donner un espoir crédible ? (E.G. 86).
Dans la parabole, le bon samaritain est Dieu lui-même qui invite les communautés chrétiennes à transmettre son amour à tous les hommes. Les chrétiens sont, non seulement, touchés par la personne dévalisée et blessée au bord du chemin, mais ils l’aident effectivement et l’emmènent aussi à l’auberge ̶ c’est-à-dire dans une institution, à l’église, l’école ou l’hôpital ̶ et ensuite ils continuent à se sentir concernés et ils se soucient du suivi.
L’Église dispose des moyens pour être présente d’une façon très efficace auprès de familles en migration et en fuite. Grâce à son réseau international, avec l’aide de l’expérience des organisations locales de Caritas, elle peut créer des structures de solidarité qui éliminent la pauvreté et qui veillent à ce que les règles éthiques et sociales soient respectées.
Le service, la diaconie, est le chemin vers la crédibilité de l’Église. Grâce au Concile Vatican II nous avons des diacres permanents. Ne pourrions-nous pas nous focaliser plus sur le diaconat et le service afin d’aider les familles séparées. Comment pouvons-nous donner de l’espoir à des familles brisées, quelle que soit l’origine de la séparation. Le cri des familles qui ont besoin d’aide urgente doit être entendu par la communauté chrétienne et par les paroisses. Les personnes se trouvant dans une grande souffrance sont aimées de Dieu, le bon Pasteur. Elles méritent toute notre attention sans distinction d’origine, de sexe, d’âge, de statut social, de religion ou quelle que soit la situation brisée dans laquelle elles se trouvent. Jésus partit comme le bon Berger à la recherche de la brebis égarée, égarée par erreur ou délibérément. Moïse retourna également vers le peuple infidèle afin de le guider vers la terre promise.
Ceci nous amène au thème de la charité. Qui sommes-nous pour juger, pour exclure des personnes vivant dans des conditions qui rendent l’unité impossible ? Qui sommes-nous pour ne pas utiliser les moyens mis à notre disposition pour apporter espoir et joie auprès des familles qui ont perdu tous leurs droits à cause de la guerre et de la pauvreté ? Nous devons partir du fait que Dieu a envoyé son Fils auprès de tous les hommes afin de les sauver et non pas les juger. Sa charité remplit notre cœur quand nous rencontrons des personnes concrètes qui sont exclues et vivent en exil. Ce dont elles ont besoin est notre amour concret qui nous vient par l’amour que Dieu nous donne.

Mgr. Luc Van Looy,
Évêque de Gand,
Président de Caritas Europe

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