Homélie de la messe de rentrée du Centre pastoral

Mardi 26 septembre 2017

Rentré après un long exil à Babylone, la première chose que veut faire le peuple d’Israël c’est de rebâtir une maison pour le Seigneur. Signifier par là qu’ils veulent que Dieu soit au milieu d’eux. C’est pour eux une priorité face à l’immense travail de reconstruction auquel ils doivent s’atteler dans Jérusalem en ruine.

Le roi Darius appuie cette reconstruction du temple et empêche ses fonctionnaires trop zélés de s’y opposer. Visiblement, la laïcité devait fonctionner autrement en ce temps-là…

Retenons cela : devant tant de chantiers auxquels nous contribuons -et je vous en suis vraiment très reconnaissant- il y a cette priorité à laquelle je vous sais attentifs : donner au Seigneur toute sa place, le mettre au cœur de nos chantiers pastoraux, lui confier, lui demander de tout vivre par lui, avec lui et en lui.

Il est dit aussi, dans ce passage du livre d’Esdras, que tout le monde s’y met pour construire cette maison de Dieu. C’est le défi qui nous est confié à tous : construire nous aussi, en quelque sorte, des maisons de Dieu. Contribuer à ce que nos paroisses, nos Unités pastorales, les communautés diverses, nos aumôneries, nos services et, bien sûr, ce Centre pastoral, soient comme des maisons de Dieu, des temples de sa présence. Veiller à faire de nos lieux d’Église des maisons accueillantes à tous ; des maisons où tous ceux que Dieu aime peuvent se sentir bien ; des maisons de famille dans laquelle on fait tout pour s’entendre, où on sait se pardonner pour relancer la vie et la joie.

Cela ne veut pas dire des maisons qui seraient sans défaut, parfaites, rutilantes qui en mettent plein la vue aux voisins… Le fait que, le jour de la Dédicace de ce nouveau temple, on immole 100 taureaux, 200 béliers et 400 agneaux peut faire illusion. En fait, ce jour-là on a fait les choses modestement, humblement… rien à voir avec ce qu’on avait fait, pleins de superbe, pour le premier temple sous Salomon où on avait sacrifié 22.000 bœufs et 120.000 béliers !

Nous aussi soyons humbles. C’est Bernanos qui disait : L’Église est une maison de famille, et il y a toujours du désordre dans ces maisons-là, les chaises ont parfois un pied de moins, les tables sont tachées d’encre, et les pots de confiture se vident tout seuls dans les armoires, je connais ça, j’ai l’expérience… C’est bien pourquoi, si nous voulons être les pierres vivantes de sa maison, il faut nous laisser habiter par Dieu. Car comme le dit un petit livre sur la mission pastorale : Ce que le Christ fait en moi, est plus important que ce je fais moi-même - Ce que je laisse le Christ faire en moi, est plus important que ce que je fais moi-même. Cette perspective devrait nous aider à situer les choses à leur juste place.

L’Évangile nous encourage à faire cela. À être de ceux qui entourent Jésus. Être de ceux qui écoutent fidèlement sa parole. Être de ceux qui s’entraident à la mettre en pratique. Littéralement, le texte grec dit : être de ceux qui « font » la parole de Dieu. Et c’est plus clair encore en grec : « ceux qui font » c’est « poiountes » -la même racine que « poiêtês »- Autrement dit : Ma mère, mes frères, mes sœurs sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui en sont les poètes ! - Quel appel ! Être les poètes de la Parole de Dieu…

Pour changer de Bernanos, et puiser dans le terroir du Brabant wallon… je prends Julos Beaucarne… À la question : C’est quoi être poète ?, il répond dans un petit livre : c’est savoir faire danser les mots. Les goûter. Les habiller. Les semer. Les récolter. Les faire résonner. Les réveiller. Cela s’applique tellement bien à la mission pastorale : en parole, mais aussi en action, avoir comme visée de faire danser les mots de la Parole de Dieu. Les faire goûter. Les habiller. Les semer. Les récolter. Les faire résonner (tant qu’on y est le mot en grec : c’est en faire de la catéchèse…). Et les réveiller là où ils sommeillent…

Réveiller les mots de la foi, faire résonner l’Évangile par nos paroles… et par chacun de nos projets. Rendons grâce, en cette messe de rentrée, de pouvoir être ainsi ensemble les sœurs et les frères de Jésus et d’être envoyés pour en donner le goût à d’autres.

+ Jean-Luc Hudsyn

P.S. Cliquez ici pour lire l’article relatant la rentrée elle-même.

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