Filles de la Charité de saint Vincent de Paul

Il y a vu un signe des temps, par lequel l’Esprit de Dieu l’invitait à consacrer sa vie au service des Pauvres. Il voulait aussi bien les servir humainement que leur révéler l’amour du Christ. Dans cette démarche, il s’est, pour ainsi dire, mis à leur école et sous leur autorité : ils ont tellement à nous apprendre et à nous enrichir spirituellement ! D’où la fameuse expression : « Les pauvres sont nos seigneurs et nos maîtres. »

L’œuvre s’est répandue rapidement car elle répondait à des besoins réels. Ensuite, parce qu’il n’y avait pas pensé de lui-même. Au départ, Monsieur Vincent avait fondé quelques Confréries de la Charité, depuis 1617, grâce à la collaboration de dames qu’il avait sensibilisées à la pauvreté d’une famille en détresse. Par la suite, en 1630, Louise de Marillac, une veuve dont il était le directeur de conscience, a bien voulu coordonner ces groupes épars. Et enfin, il y a eu la rencontre de Marguerite Naseau, une fille de la campagne autodidacte, qui proposait la collaboration de jeunes filles pour les tâches les plus ingrates. « Mademoiselle » de Marillac en a réuni une dizaine.

Ce furent les débuts de la Compagnie des Filles de la Charité.

Vincent ne voulait surtout pas que ce nouveau charisme, qui était de « servir le Christ dans les Pauvres » passe au second plan. L’œuvre devait donc entièrement s’organiser en fonction de cela… C’est pourquoi, il a veillé à ce que ces filles ne deviennent pas des « religieuses »…

Leur vie spirituelle devait être dense et profonde, mais, pour aller à la rencontre des pauvres, les Filles devaient garder une mobilité nécessaire à leur service. Chose impossible si elles avaient été des religieuses. Au fond, elles étaient de simples chrétiennes, même si, pour vivre leur consécration baptismale d’une façon adaptée à leur service, elles assumaient les « Conseils évangéliques » de pauvreté, chasteté et obéissance. C’est ainsi qu’elles continuaient la mission du Fils de Dieu incarné dans le monde pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Elles ont ainsi ouvert la voie aux Congrégations que l’Eglise reconnaît comme « Sociétés de vie apostolique ». Elles forment une communauté dont la vie fraternelle et même la prière sont orientées vers la mission. Vie spirituelle qui les garde fidèles à leur service.

La source de cette Mission se trouve non pas dans un couvent, mais là où vivent les pauvres. Vincent a exprimé cette conviction en disant : « Elles auront pour monastère les maisons des malades, pour cloître les rues de la ville… » Un programme qui défie les siècles !

Actuellement, la Compagnie est représentée dans tous les continents.


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