Etre prophète, c’est encore pour aujourd’hui

Tel était le thème de la journée de formation et de ressourcement pour les agents pastoraux (prêtres, diacres, laïcs) de tous les diocèses francophones de Belgique, le 31 janvier 2017.

L’abbé Alfred Malanda, prêtre du Brabant wallon, a fait un compte-rendu de cette journée, paru dans Pastoralia d’avril 2017 : vous pouvez le lire ici et ci-dessous.



La journée annuelle de formation pastorale a tenu toutes ses promesses. Mardi 31 janvier, des évêques, prêtres, religieux et religieuses, animateurs pastoraux, étudiants, étaient nombreux, à Louvain-la-Neuve, pour plancher sur le thème À la suite du Christ, être signe et faire signe : l’urgence prophétique. Un moment riche en contributions théologiques et en partage d’expériences.

L’auditoire Montesquieu de Louvain-la-Neuve a servi de cadre à cette réflexion sur l’actualité du prophétisme. Tour à tour, les différents intervenants ont apporté leur éclairage spécifique. Insérant sa réflexion dans l’univers biblique, le professeur Geert Van Oyen a revisité le prophétisme en Israël. Moïse, Josué, Elie, Amos et Michée sont autant de figures bibliques qui enracinent le prophétisme dans la vie socio-politique de leur époque. Suscités du sein du peuple, ils vont vers le même peuple pour rappeler les exigences de YHWH. Même si l’action prophétique valorise aussi la dimension de l’espérance, la préoccupation fondamentale renvoie toujours au vécu concret du peuple (Is.6, Jr.26, 12-13).

L’action de Jésus, le nouveau Moïse, colle aussi au vécu de ses contemporains. Solidaire de son peuple, son prophétisme s’appuie sur le Royaume de Dieu qui est déjà là (Mc.1,15 et Lc. 4, 16-21). Pour Geert Oyen, ce Royaume n’est pas à attendre, il trouve son instance d’effectivité au sein des initiatives concrètes. Et chez le prophète Jésus, l’enseignement passe par l’action.

Le professeur François Moog a planté, pour sa part, l’étendard de la vie prophétique au cœur des mutations actuelles. Le doyen de la faculté d’éducation de la « Catho » de Paris, a axé sa réflexion sur la pertinence même d’un christianisme qui, aujourd’hui, avant de « dire », doit penser d’abord à « faire ». Pour cela, une redécouverte de la triple charge prophétique, royale et sacerdotale est une aide précieuse. Sans oublier la redécouverte de la Parole de Dieu en tant que norme. Elle engage et donne d’articuler foi et réalités sociales (Dei Verbum 2). Les papes Benoit XVI et François tiennent les deux pôles ensemble (Spe Salvi 2 et Evangelii gaudium 22).

Place à l’engagement
Les témoignages de terrain présentés ont eu valeur d’exemple. Une manière de donner une visibilité aux éléments biblique et ecclésiologique proposés. Dans la prise en charge des réfugiés, par exemple, c’est l’évangile en acte, a bien souligné Baudouin Van Overstraeten, responsable du Jesuit Refugee Service. Dès lors, accompagner, servir et défendre deviennent un vrai engagement. Pour Philippe Pardonce et Xavier Huvenne, prêtres dans le diocèse de Tournai, innover en matière pastorale est une nécessité pour atteindre les chrétiens là où ils vivent. Il s’agit de rejoindre les « périphéries ». L’expérience de paroisse itinérante a forgé le socle d’une découverte de talents, d’une redécouverte de la foi à travers une mise en œuvre de la catéchèse et de la pratique des sacrements. Ce même dynamisme a été relevé aussi au niveau des « Chercheurs de Dieu ». Par cette initiative, l’intuition pastorale consiste à « mettre les jeunes en responsabilité » en partageant leur vie et en proposant des activités axées sur leur croissance humaine et spirituelle. Pour Denys-Pierre Hillewaert, c’est là aussi une manière d’être prophète. Les différents échanges ont donc souligné avec force l’urgence prophétique.

Abbé Alfred Malanda

 

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