Et si on consentait à la joie ?

Invité de la pastorale des Aînés vendredi 4 octobre, Martin Steffens a offert à son auditoire un exposé plein de promesses : celles de la vie, de la joie, du bonheur. L’auteur du "Petit traité de la joie" a montré que le chemin qui mène au bonheur, comme celui de la vie, demande à l’être humain d'y consentir pleinement.

Accoutumé à parler devant les jeunes khâgniens du Lycée Georges de la Tour à Metz où il enseigne la philosophie, Martin Steffens malgré un gros rhume, n’a pas eu de difficulté à conquérir son public venu remplir l’auditoire du Palais de la Gouverneure.
Le visage juvénile affiche la douceur et la sérénité de quelqu’un qui malgré son âge, traverse la morosité de la vie animé d’une force tranquille. " Et pourtant la vie ne nous laisse pas tranquille  !" sourit-il sans ambages. Si la jeunesse a la force de pouvoir s’adapter aux changements et d’y répondre avec souplesse, quand la vie vieillit, on nous demande de rester toujours jeunes. "La jeunesse c’est un état d’esprit , répond le trentenaire, la disposition de celui qui consent à ce qu’il doit vivre ici et maintenant ". Il ne s’agit pas d’arborer un optimisme volontaire, mais d’être dans l’accueil et le consentement : "la vie nous séduit, nous sourit, rendons-lui son sourire  !"

 

Consentir à la joie
Le premier " oui ", est celui que nous avons déjà donné à la vie que nous avons reçue sans l’avoir demandée. Une attitude qui nous fait ouvrir les bras et qui fait de nous des artistes : artistes de notre vie. Le thème est naturel pour l’orateur qui affirmait son oui à la joie dès ses premiers mots. Revenant sur l’étrangeté de l’expression, davantage utilisée lorsqu’on l’associe au malheur ou à l’épreuve, le jeune père de famille explique qu’il s’agit de consentir à quelque chose d’imprévu, qui ne vient pas de nous mais s’impose à nous. La joie frappe à la porte de notre demeure, voulant se donner : allons-nous y résister ou y consentir sans en avoir tous les éléments ?
Lorsqu’on observe l’enfant, il exulte. La joie est de premier ordre. On ne peut nommer le malheur que parce qu’on a connu la joie : serions-nous capables de verser des larmes si nous n’étions pas conscients que nous sommes faits pour la joie ? Nous pleurons car nous aimons, et derrière les larmes de tristesse, les larmes de joie ne sont pas loin…
Tous nous voulons être heureux, qui ne le voudrait pas ? et pourtant consentir à la joie n’est pas toujours simple car nos peurs nous la gâchent. La peur est un sentiment naturel rassure Martin Steffens, mais en lui donnant trop de poids, on en vient à proposer une vie antalgique où on minimise les coups de l’existence.
Concluant son exposé sur la figure de saint François, le saint de la joie, dont c’était la fête le 4 octobre, l’écrivain et philosophe a souligné un parallélisme significatif. Saint-François sentait profondément qu’il était fait pour la joie, il n’a pas eu peur d’aller vers les lépreux qu’il embrassait volontiers. Quand la vie nous semble moche et lépreuse, il faut la prendre dans nos bras, aimer toujours plus loin notre frère, notre voisin. La joie est parfaite lorsque l’amour est inconditionnel et permet à l’autre de s’épanouir pleinement.
B.L.

 

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