Et le temporel ?

S’il est une question sensible dans l’Eglise, c’est bien le rapport à l’argent, aux biens, à la richesse…sujet tabou, parfois source de tension, l’argent est pourtant une réalité que l’on se doit d’aborder. Pour l’appréhender avec clairvoyance le Vicariat du Brabant wallon organisait une intéressante formation sur la gestion du temporel le 9 décembre 2013 à Braine-l’Alleud.

Le temporel au service de la pastorale
 L’Eglise qui est propriétaire de biens mobiliers et immobiliers est concernée par cette réalité dans le cadre de la mission qu’elle accomplit au sein de la société. Elle a donc une responsabilité quant à la gestion de ses biens, elle en a une aussi par rapport à ceux qui lui sont confiés par legs notamment. " Une responsabilité que nous devons assumer en prenant des décisions assumées en collégialité, en transparence et avec prudence " a lancé Patrick du Bois (délégué épiscopal pour l’administration du temporel Archevêché Malines-Bruxelles) dans son introduction.

Utilisant un langage littéraire et imagé, le cardinal Danneels n’a pas démenti les règles de transparence, de service, de vigilance et de collaboration soulignées par le premier intervenant. Il les a relues à la lumière de l’Evangile, dans une analyse très fine, s’appuyant sur les paraboles, comme Jésus le faisait quand il s’agissait de parler "argent".
Jésus parlait rarement d’argent, observe le cardinal, mais il mettait en garde contre son côté pervers : l’argent mène au pouvoir ; l’orgueil et la corruption sont les dérives liées au pouvoir. Il n’est pas interdit d’être riche et de posséder des biens. Mais en même temps l’Eglise promeut la pauvreté comme Jésus l’a fait, et le pape François nous y invite régulièrement : " c’est un paradoxe, un défi qui n’est pas simple à relever " a-t-il reconnu.

Nous avons à gérer nos biens comme un serviteur-intendant qui ne dispose pas du droit de propriété, mais doit faire montre d’un sens profond de la solidarité (unir les forces, se concerter, privilégier le bien commun). Vigilante et attentive, " l’attitude des serviteurs dans la gestion des talents et des biens terrestres est liée à la perspective de la Vie éternelle " a souligné l’ancien archevêque. 

En conclusion, le cardinal a donné ses priorités : aller vers les pauvres, privilégier la collaboration, le travail en équipes. " Le projet de rassemblement des paroisses en unités paroissiales s’inscrit dans cette perspective (…). Nous devons dépasser la gestion protectrice, oser le partage et la solidarité pour soutenir une pastorale moderne ." 

A cet égard, la conclusion du Congrès de Bruxelles-Toussaint 2006 a fait naître la réalisation d’un projet fantastique, la fondation Bethléem qui gère les biens immobiliers non utilisés de l’Eglise au bénéfice des pauvres.

La soirée s’est poursuivie par un exposé sur les aspects notariaux des dons, legs et fondations par les notaires associés Vigneron. Cyril Becquart est intervenu pour souligner le rôle des Médias catholiques au service de l’évangélisation. L’exposé de Laurent Temmerman sur la gestion des obituaires a donné un éclairage technique sur les fondations. Prenant à son tour la parole à Mgr Hudsyn a conclu la soirée.


B.L.

 

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