Confirmations d’adulte

Homélie du 25 mai 2014 à Basse-Wavre

Nous l’avons entendu dans la première lecture, les apôtres apprennent que des chrétiens de Samarie, une région proche de Jérusalem, avaient cheminés dans la foi, avaient été baptisés mais n’avaient pas été confirmés dans l’Esprit-Saint. Alors ils leur envolent Pierre et Jean pour leur imposer les mains.
C’est ce que nous allons vivre cet après-midi, à vingt siècles de distance. Et c’est quand même émouvant de voir cette longue tradition, et donc aussi cette longue fidélité qui a traversé tant et tant de siècles : aujourd’hui ici nous allons nous aussi vivre ces mêmes gestes vécus par les premiers chrétiens.

Comme ces hommes et ces femmes qui « étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus », comme successeur des apôtres je vais vous « imposer les mains ».

Non pas que l’Esprit de Dieu aurait besoin de nos rites et nos sacrements pour agir en nous. Dieu est plus grand que nous ; Dieu est ce qu’il est, il est Amour, il n’est qu’amour ; il n’attend pas notre permission pour faire la seule chose qu’il sait faire « aimer » - il ne nous attend pas pour faire les premiers pas vers nous, pour nous être proche, pour parler à notre cœur. Ce n’est pas lui qui a besoin des sacrements pour recevoir la permission de pouvoir enfin demeurer en nous… C’est nous qui avons besoin des sacrements et pour deux raisons.

Les sacrements nous révèlent qui est Dieu pour nous. En parole et en geste, par ces rites reçus des origines, il nous est dit qui est ce Dieu que Jésus appelait « son Père et notre Père ». Et la confirmation vient nous dire, vient vous redire qu’il ne nous aime pas de loin, à distance, du balcon du ciel. Le ciel, il est venu le faire en nous, puisque le Christ nous dit dans l’Evangile de ce jour : « Je ne vous laisserai pas orphelins ». Mon Esprit, mon souffle créateur, la force, l’énergie même de mon amour, eh bien, « Il demeure auprès de vous ». Et plus encore : « Il est en vous ».

Il y a donc en nous - avec ce que nous sommes, là où nous en sommes, avec nos détours, nos lenteurs et nos faiblesses, il y a en nous une part divine. Voilà ce que ce sacrement vient nous dire - à vous qui allez être confirmés et à nous qui vous entourons - cette réalité de notre foi à laquelle il ne faudrait pas s’habituer : Dieu qui nous dit à chacun : « Je demeure auprès de toi. Je suis en toi ». Il y a en quelque sorte du ciel en toi, Et donc aussi, parfois bien caché, bien enterré, bien recouvert, il y a une part secrète de ciel en chacun.

C’est nous qui avons besoin de ce sacrement : pour que nous puissions découvrir combien belle, combien grande est notre dignité et notre destinée.

Car c’est la deuxième raison pour laquelle nous avons besoin des sacrements : quand nous est révélé qui est Dieu, que nous sommes des êtres habités par son Souffle, par sa Présence agissante… il faut encore que nous fassions alliance avec Dieu. Le vent peut souffler, mais si le voilier ne déploie pas ses voiles… il ne s’élancera pas vers le large. La source peut jaillir, mais si le bassin dans lequel elle s’écoule est laissé à l’abandon, fissuré, plein de crevasses, jamais il ne s’emplira, jamais il ne pourra déborder et former une rivière large et abondante.

Dieu est en nous, mais il n’agit pas sans nous. Les sacrements sont aussi des moments d’alliance, des moments où nous consentons à accueillir cette présence de Dieu, où nous manifestons notre désir de jouer le jeu de son amour, de laisser nos vies être transformées par sa présence, de nous laisser inspirer par sa Parole et son amour.

C’est donc une nouvelle étape dans notre relation au Christ. C’est devenir un peu plus croyant, c’est entrer plus avant dans un lien personnel, quotidien avec Dieu.

C’est en cela que la confirmation c’est aussi une mission. C’est faire comme ce disciple de Jésus qui s’appelait Philippe et dont parlait la 1ère lecture. C’était quelqu’un qui avait dû s’enfuir devant la persécution, on dirait aujourd’hui que c’est un émigré, un réfugié… Mais en arrivant en terre inconnue, et même hostile - comme pouvait l’être la Samarie pour les juifs - il se risque avec audace et, nous dit le texte, il proclamait le Christ, il témoignait de lui. Pas seulement en parole mais en délivrant les gens du mal qui les rendaient violents - nous avons encore vu hier combien la violence couve toujours même chez nous et qu’elle est meurtrière. Philippe était aussi celui qui guérissait les gens de ce qui les paralysent. En mettant de la joie autour de lui. Notre vie a un sens, reçoit un sens dans la confirmation : là où nous sommes appelés à vivre, faire régner l’Esprit du Christ, dans votre couple, pour vous qui allez vous marier, pour vos filleuls pour vous qui allez être parrain ou marraine, et plus largement là où la vie vous envoie… Tout en sachant que c’est aussi le Seigneur qui vous y envoie. Mais pas seuls : il est avec vous, et ô merveille, il demeure en vous ! Cette part divine en vous, cultivez-là, prenez en soin !

+ Jean-Luc Hudsyn

 

Eglise catholique de Belgique
Vicariat de Brabant wallon
chaussée de Bruxelles, 67
B-1300 Wavre
0032 (0)10 : 235 . 260

Secrétariat du vicariat
Eva Calatayud Saorin
0032 (0)10 / 235.273