Comment on accompagne la fin de la vie

Une intéressante formation était organisée par la Pastorale de la santé ce mardi 12 janvier à l’intention des prêtres et des visiteurs de malades en milieu hospitalier et Maisons de repos. Comment accompagner la vie quand elle s’éteint ? Face à la maladie, à la souffrance comment se laisser rejoindre par le Seigneur ? Trois témoins ont apporté leur expertise, leur expérience et leur témoignage devant plus de cent-vingt personnes.

Face aux questions de sens et de guérison soulevées par la mort ou la maladie, l’abbé Patrick Willocq, théologien du diocèse de Tournai, a livré une approche anthropologique, biblique et ecclésiale. « Notre société a peur de la souffrance, voilà pourquoi elle cherche des réponses. Mais la souffrance est inévitable et bien des malades sont perçus comme improductifs. L’anthropologie chrétienne souligne la dignité de la souffrance et la place dans une perspective humanisante. »
Face au public des aumôneries catholiques le théologien a insisté sur la dimension du ministère de l’Eglise dans la guérison. « On ne vient pas visiter les malades en son nom propre, mais en tant que représentant de l’Eglise. Il s’agit d’une mission appartenant à l’ensemble du corps de l’Eglise participant à l’œuvre de guérison apportée par le Christ. Il y a une relation entre sacrement et guérison, qui révèle le lien entre le Christ qui guérit, et l’Eglise qui célèbre les sacrements. Nous avons à retrouver confiance dans le pouvoir des sacrements perçus comme signes d’un Royaume déjà là et qui continue à se déployer. »

Deux autres témoins, aumônières en milieu hospitalier ont partagé au public les richesses et questionnements dans leur travail pastoral d’accompagnement des malades en fin de vie. « Le fil rouge, c’est la prière, dira l’une, car je suis envoyée par le Seigneur. Avant tout accompagnement, je lui mendie son esprit d’amour, de sagesse et d’intelligence et me laisse guider par lui »
Toutes deux ont souligné la force des sacrements dans le cheminement des personnes en fin de vie. « Ce n’est pas de la magie, mais le Seigneur qui agit comme une visitation qui fait du bien au malade mais aussi à sa famille. Au Seigneur rien n’est impossible. Il faut accepter de ne pas tout comprendre ou de se sentir impuissant et faire confiance.  »

La peur de la douleur amène la question de l’euthanasie. « C’est important d’écouter la demande d’euthanasie et discerner ce qu’il y a derrière, d’être dans le non jugement et poser des questions. Ensuite dire l’attitude de l’Eglise et nommer la transgression. »
La demande euthanasique relève bien souvent de la question du sens : qu’est-ce que la vie m’apporte encore ? A quoi je sers ? Je deviens un poids pour mon entourage. Elle apparaît alors comme la solution… « Or, nous sommes tous reliés les uns aux autres, insiste la deuxième intervenante, et tout acte que l’on pose a une influence sur l’autre : souffrance des proches ou du personnel soignant en désaccord avec cet acte. »

Un temps d’échange a permis à Mgr Hudsyn de répondre aux questions soulevées par un public qu’on sentait fortement interpellé par les problématiques soulevées.

Bernadette Lennerts

 

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