Christine Pedotti : Jésus l’homme qui préférait les femmes

La dernière conférence est revenue à Christine Pedotti, auteure de "La bataille du Vatican" et "Les pieds dans le bénitier" (avec Anne Soupa), avec un titre provocateur : « Jésus, l’homme qui préférait les femmes ».

Parce que tel a été le constat de la conférencière quand elle s’est mise à écrire son Jésus, cet homme inconnu : ce n’est pas le texte lui-même, mais la lecture que nous en faisons, hommes et femmes, qui enferme ces récits dans un modèle patriarcal. Car les évangiles donnent à voir un Jésus très à l’aise avec les femmes, et qui ne semble pas les assigner à un modèle « genré ».

Ainsi les évangiles sont-ils remplis d’un balancement d’images féminines et masculines pour parler du Royaume. Car le regard de Jésus observe la vie des femmes : il se laisse toucher par la détresse des veuves, des femmes fragilisées par la maladie ou le handicap, des mères inquiètes. Non seulement il les observe, mais il les admire : il admire la générosité de la veuve qui donne de son nécessaire, la foi de la femme guérie de ses pertes de sang, celle de la pécheresse qui le baigne de ses larmes et celle de la cananéenne … alors que les disciples sont traités d’ « homme de peu de foi », d’ « esprit bouché » ! Loin d’enfermer la femme dans des supposés rôles « féminins », ses paroles à propos de Marie, la sœur de Marthe, encouragent celle des deux qui adopte la posture de disciple.

Les évangiles accordent également une place de choix aux femmes, en particulier l’évangile de Jean : Marie y est celle qui ouvre à Cana et ferme à la Croix la révélation de l’Heure de Jésus, et le plus grand dialogue théologique des évangiles est celui que Jésus tient avec la femme de Samarie. Reste encore la femme oubliée, celle de l’onction de Béthanie : Matthieu comme Marc invitent à faire mémoire de son geste, alors que seul Luc invite à faire mémoire de la dernière Cène. Le constat de la conférencière est que l’histoire a oublié cette femme pour ne valoriser que la mémoire eucharistique…Sans dévaloriser l’eucharistie, a-t-elle souligné, où sont les théologiens pour relever la mémoire de ce geste afin de soutenir la pratique par des aumônières de l’onction des malades ?

La soirée s’est conclue en soulignant le travail de l’Evangile qui à travers les siècles a fait sortir les femmes du moule patriarcal pour le faire advenir à leur majorité. Si ce travail est bon pour la société, il doit aussi être bon pour l’Eglise, a conclu Christine Pedotti.

Catherine Chevalier

 

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