Chrétiens d’Orient, où aller ?

C’est devant un public soucieux de mieux comprendre ce que vivent les minorités chrétiennes du Moyen Orient que Mgr Maroun Nasser Gemayel, évêque des maronites en France et visiteur apostolique des maronites en Europe s’est adressé jeudi 28 mai en l’église St-Etienne de Rixensart (Froidmont). "Chrétiens d’Orient : histoire et actualité - Origines, témoignage et défis"

Lors de sa conférence, Mgr Gemayel s’est attelé à un balayage culturel et historique de cette partie du monde. Comment est-elle devenue le théâtre de tensions, de déplacement, et de persécutions ?
Les divisions religieuses au Liban concernent tant les chrétiens d’Orient que d’Occident, « c’est un plat quotidien qui s’invite à la table européenne  », a prévenu l’évêque, il intéresse les responsables religieux du monde et ceux qui croient au dialogue culturel.

L’Eglise commence à la Pentecôte, lorsque les apôtres animés de l’Esprit saint évangélisent dans toutes les langues. Sur la carte du monde le christianisme se répand en églises d’Antioche, d’Alexandrie, de Jérusalem, de Constantinople. Par la Méditerranée il pénètre en Europe, progresse jusqu’en Inde. De querelles théologiques en Conciles, il s’égrène comme une mosaïque d’églises. Pendant quatre siècles, l’Eglise d’Orient vit des persécutions : les chrétiens d’alors vivent dans un monde qui ne les comprend pas comme ceux d’aujourd’hui dans un monde qui les refuse. De tous temps, ceux qui annoncent le Christ sont persécutés, mais l’Eglise n’avance pas sans ces martyrs, leur témoignage et le sang versé attisent la ferveur religieuse relayée par les moines et les religieux qui en sont les successeurs.

L’islam

L’avènement de l’Islam remonte au début du 7ès lorsque le Moyen-Orient se libère du monde byzantin et des Grecs, il forge davantage son identité au contact des arabes qu’avec les chrétiens d’occident. D’ailleurs l’arabe est la langue des maronites, avant d’être celle de l’islam. Ce pluralisme culturel est très présent dans cet Orient qui était chrétien avant d’être musulman. En chaque chrétien libanais ii y a une part d’islam, comme il y a une part chrétienne dans chaque musulman.

Les croisades, une volonté d’unification

Quand le pape Urbain appelle les croisés à reprendre le tombeau du Christ en Terre Sainte, c’est également avec la volonté de réunifier l’Eglise. Mais la réunification a échoué. « Nous aussi nous devons penser à l’unité, confie l’évêque des Maronites, le Liban compte plus de 54 congrégations (différentes) religieuses latines, ajoutez-y les églises orientales d’Europe, cinq Patriarches pour Antioche. Chaque groupuscule a son Eglise avec sa propre liturgie, ses chants, un calendrier julien ou grégorien… »

L’Orient sans chrétiens n’est pas viable

Appelée à être témoignage dans le monde, Il n’est pas possible que l’Eglise universelle continue sans le concours des Eglises orientales. Elle respire avec deux poumons, l’un est oriental, l’autre occidental, leur patrimoine est commun.
C’est par cet appel que Mgr Gemayel conclut son exposé« Il faut que les trois religions monothéistes puissent continuer à vivre ensemble au Moyen-Orient, nous avons besoin de l’Europe pour que notre témoignage puisse atteindre les uns et les autres. Que les pèlerinages dans la Vallée sainte au Liban continuent comme au 19ès lorsque des jumelages entre diocèses existaient… de grâce, aidez-nous à rester en Orient, il y va de votre bien ! »

Bernadette Lennerts


Ecoutez le Père Raphaël Aoun de Rixensart interrogé par Antoine Lheureux d’RCF. Il évoque la communauté maronite catholique dans le cadre de la conférence que l’évêque maronite, Mgr Maroun Nasser Gemayel a donnée à Froidmont le 28 mai dernier.
Lien vers l’émission qui dure 10 minutes.
 

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