Chrétien et vie sociale : quel humanisme ?

Ce jeudi 1er mai 2014, le forum chrétien de la vie sociale, organisé par la Communauté de l’Emmanuel, vivait sa deuxième édition à Louvain-la-Neuve. Cent-cinquante personnes se sont retrouvées autour du thème « il n’est de richesses que d’hommes »

« Le thème est très doux ! », avouait Xavier Muller, un des organisateurs, en introduction de la journée. Pourtant de quoi parlons-nous quand nous parlons d’homme et d’humanisme ? Quelle vision de l’homme les chrétiens souhaitent-ils promouvoir en accord avec l’évangile ? « C’est sur une ligne de crête que nous sommes invités à avancer, d’un côté une attitude exclusive et de l’autre côté une manière d’être trop consensuelle sur de sujets de société. » La matinée organisée autour de 4 conférences a donné les jalons pour les forums de l’après midi avec les intervenants.
Le philosophe Rémi Brague, professeur de philosophie à l’Université Paris-I, a tracé l’histoire de l’humanisme. Passant de l’affirmation de la simple supériorité de l’homme sur les animaux, puis de la domination de l’homme sur les animaux (Aristote), la notion d’humanisme est passée au 17ème à la maîtrise de la nature par l’homme (Bacon, Descartes). Enfin depuis le 19ème siècle, c’est un « humanisme exclusif », où l’homme est l’être suprême, qui s’est développé. Depuis plusieurs dizaines d’années, constate le philosophe, on assiste à « un détricotage » des diverses phases de l’humanisme, hormis l’humanisme exclusif qui reste d’actualité. Rémi Brague évoque ce thème dans ses ouvrages récents comme Modérément moderne.
Famille, entreprise, migrants
Maria Hildingsson, secrétaire générale de la Fédération des Associations Familiales Catholiques, a ensuite présenté les facettes des politiques familiales, souvent confondues avec des politiques sociales. Jacques van Rijckevorsel, membre du comité de direction du groupe Solvay a présenté comment l’entreprise peut-elle être source de richesses humaines : innover mais en consommant moins pour produire (eau, énergie) ; développer un leadership qui prenne en compte la place de soi et de l’autre (empathie, capacité de créer des réseaux) ; enfin, former la conscience des hommes et s’appuyer sur leur talent. La question des réfugiés a été abordée par Gilbert Granjon. Il a présenté la fondation Josefa, qui repose sur trois piliers : l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement des migrants.
Au cours de l’après midi des forums ont permis aux participants de poser leurs questions. L’après-midi s’est conclue par une table ronde où témoignaient une infirmière en soins palliatifs, un médecin généraliste et un directeur d’atelier protégé. Ils ont chacun exprimé la manière dont leur foi chrétienne oriente leur travail. Marc, la soixantaine, très content de l’édition passée est revenu. Il en tire un bilan positif. Pour lui, l’intérêt d’une telle journée est d’allier réflexion et exemples concrets, il ajoute : « voir des personnes s’engager nous booste pour aller de l’avant personnellement au travail, dans la société ! ». Le forum donne rendez-vous l’an prochain pour continuer à répondre aux questions soulevées par l’évolution de notre société.
Elisabeth Dehorter

Forum 1er mai à LLN

 

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